Texte intégral
Patrick Poivre d'Arvor : Vous avez obtenu un certain nombre de compensations auprès de vos partenaires européens, êtes-vous sûr que les Allemands vont tenir leurs engagements ?
Édouard Balladur : La négociation du Gatt était importante, pourquoi ? Parce que la France est un grand pays exportateur, 25 % des Français travaillent pour l'exportation. Nous aurons donc intérêt à produire pour vendre à l'extérieur et pour développer l'emploi chez nous. Cela étant, il fallait que cet accord fût un accord juste, juste pour les Français, juste pour les Européens, juste pour les agriculteurs. Nous nous sommes beaucoup battus pour cela. C'était une affaire qui nous a tous beaucoup occupés depuis huit mois que nous sommes au gouvernement. Le dossier tel qu'il se présentait au mois d'avril n'était pas bon parce qu'il y avait eu quelque chose qu'on avait qualifié d'accord de Blair House qui était un mauvais accord pour la France et pour l'Europe. Il faisait peser des contraintes injustes sur l'agriculture française et sur l'agriculture européenne en les empêchant de produire et d'exporter suffisamment. On nous a dit pendant des mois, "on ne peut pas y toucher" et nous avons réussi à convaincre qu'on le pouvait. L'un des acquis de cette discussion, c'est que je crois pouvoir dire que, notamment à l'instigation de la France, l'Europe s'est ressoudée. Elle a reforgé une volonté commune et s'est présentée dans cette négociation plus unie. Et grâce à cela, nous avons obtenu des résultats. Nous avons obtenu que cet accord de Blair House soit revu sur un certain nombre de points importants. Ce n'est pas réglé pour autant. Je comprends que les jeunes agriculteurs qui ont 20 ou 25 ans se disent "c'est très bien, c'est réglé pour les sept ou huit ans qui viennent, mais moi, qu'est-ce que je ferai dans dix ans". C'est la raison pour laquelle, je suis tout à fait déterminé, d'abord à veiller très attentivement à la mise en place de ce que nous avons décidé.
Patrick Poivre d'Arvor : Vous avez organisé un comité pour cela ?
Édouard Balladur : Nous allons organiser un comité pour suivre cela et peut-être irons-nous plus loin. Aussi bien J. Chirac que V. Giscard d'Estaing m'ont demandé cet après-midi d'élaborer une grande loi pour l'avenir de l'agriculture. Je vais en parler avec les organisations syndicales agricoles et nous allons voir s'il y a lieu de le faire. Si elles le souhaitent, j'y suis tout à fait disposé.
Question de Luc Guyau : Monsieur le Premier ministre, vous venez de prendre avec le soutien du Parlement, une décision importante pour la France mais grave pour l'agriculture. Vous savez, cet accord agricole, les agriculteurs ont dû mal à l'accepter car il n'est pas bon pour eux. Quelles mesures concrètes et précises allez-vous prendre pour que "pas un hectare de jachère en plus" ne soit pas un vœu pieu et pour que l'agriculture puisse s'adapter dans les années qui viennent pour jouer véritablement son rôle économique social et d'aménagement ?
Édouard Balladur : Je voudrais dire à M. Guyau que tout d'abord, j'ai pris un engagement et je l'ai pris sans qu'on me le demande. C'est au cours d'une séance du Parlement que j'ai dit qu'il n'y aura pas un hectare de jachère en plus à cause du Gatt. Cet accord nous l'avons fait acter par nos partenaires. La Commission de Bruxelles nous dit que Gatt ou pas Gatt il n'y aura pas de jachère, pas davantage que la réforme de la PAC et que de toutes façons le problème ne se posera pas avant 1996. Peu importe, s'il se pose, il faudra le résoudre. Nous avons fait prendre l'engagement par nos partenaires européens que si le problème se posait de justes compensations seraient données aux agriculteurs et notamment aux agriculteurs français. Nous avons fait en sorte qu'ils puissent exporter plus de huit millions de tonnes de céréales de plus que ce qui était prévu antérieurement. Les premières années qui sont devant nous sont assurées. Le problème maintenant, c'est d'organiser l'avenir au-delà de la période 1996-1997. Ça, il faut en parler avec les agriculteurs et leurs représentants. Il faudra des mesures européennes et des mesures nationales. Pour conclure, je voudrais dire quelque chose : il faut aussi que les Français, la France ait confiance en elle. Nous sommes un grand pays, nous sommes un pays fort. Nous sommes le quatrième exportateur du monde, nous avons fait beaucoup de progrès depuis la guerre. Nous avons une agriculture qui est la deuxième au monde par les capacités d'exportation. Nous savons exporter des avions, des services, des TGV. Nous devons avoir confiance en nous. C'est finalement cela ce qui était important dans cette affaire du Gatt. C'est que la France reprenne confiance en elle.
Patrick Poivre d'Arvor : Côté audio-visuel vous avez obtenu l'exception culturelle. Est-ce que vous ne craignez quand même pas des retours de bâton du côté des Américains ?
Édouard Balladur : Soyons bien clair sur ce que nous avons obtenu. D'abord, on ne pouvait pas considérer l'activité culturelle comme un bien marchand et commercial comme les autres. Il y va de la culture de la France, de sa civilisation, de sa langue, de son image. On l'a dit et répété. Je n'y reviens pas. C'était capital.
Patrick Poivre d'Arvor : Les Américains l'analysaient tout à fait autrement.
Édouard Balladur : Ils ne pensent peut-être pas autrement pour leur culture à eux. Ils pensent autrement pour la nôtre. Mais nous ne sommes pas obligés de penser comme eux sur ce plan-là. Alors qu'est-ce qui a été décidé ? Il a été convenu que finalement l'on n'arriverait pas à s'entendre en fait sur l'audio-visuel. Et on a fait le choix très clairement : ou bien le Gatt échouait dans toutes ses dispositions ce qui eut été dommage parce que je suis persuadé que la liberté du commerce bien organisé est nécessaire à la France, ou bien on mettait de côté un certain nombre de choses dont l'audio-visuel. On l'a donc mis de côté. Mais soyons bien clair. Il faut être très honnête et ne pas tromper ceux qui nous écoutent. On l'a mis de côté pour quelque temps. On va discuter maintenant.
Patrick Poivre d'Arvor : On retarde le problème.
Édouard Balladur : Exactement. On va discuter des choses. Il n'y a plus le couperet du 15 décembre mais nous avons bien fait valoir, je l'ai dit moi-même d'ailleurs au président des États-Unis quand il m'a appelé au téléphone dimanche soir, nous avons bien fait valoir que nous voulions maintenir notre système pour inciter à la production, à la diffusion d'œuvres françaises, en français, que nous voulions pouvoir profiter des développements de la technologie pour maintenir notre activité. Bref, à la limite ce n'est pas un problème économique – j'en demande pardon à ceux qui en vivent et qui sont nombreux – mais aussi un problème national fondamentalement.
Patrick Poivre d'Arvor : Sur un autre volet, M. Blondel et d'autres syndicats se plaignent de l'absence d'une clause sociale. Ils disent au fond qu'il y a la possibilité pour les pays en voie de développement de produire des produits à bas prix et ce parce qu'ils ont une main d'œuvre sous-payée. Pourquoi vous n'avez pas fait introduire cette clause sociale dans les accords du Gatt ?
Édouard Balladur : Parce que d'abord elle est très difficile à définir mais M. Blondel a tout à fait raison et d'autres. C'est un vrai problème. Il y a trois problèmes à dire vrai. On dit, tout le monde va être libre d'échanger, de commercer, parfait. Mais il y a des pays où on protège l'environnement dont la France et ça coûte un peu d'argent, et puis il y a des pays où on se moque de l'environnement et où on est conduit à des désastres en matière de protection de la nature mais on produit à bas prix : premier élément de différence. Il y a des pays où il y a une protection sociale et des salaires qui permettent une vie décente, la France, l'Occident, l'Europe, et puis il y a des pays où les salaires sont 10, 20, 30 fois moindres et la protection sociale quasi nulle : deuxième différence. Et puis, il y a des pays où on a une monnaie stable, solide dont la France, et il y a des pays où on dévalue pour conquérir des marchés à l'extérieur et vendre moins cher que les autres et leur rafler leur part dans les marchés. Donc, il y a trois éléments de déséquilibre. Je pense qu'il va falloir s'atteler toutefois à essayer de résoudre ces trois problèmes, à définir des règles du jeu en matière de protection de l'environnement, en matière de protection sociale, et en matière également de stabilité monétaire. Prenez l'exemple du bois par exemple à la suite de la dévaluation des pays du Nord de l'Europe qui vendent leurs bois bien meilleur marché. L'industrie du bois en France est dans une situation extraordinairement difficile et grave.
Patrick Poivre d'Arvor : N'importe quel pays qui dévalue pourrait à ce moment-là…
Édouard Balladur : Exactement. Il faut donc remettre de l'ordre dans le système mondial. C'est ce que nous avions proposé depuis déjà plusieurs années. Nous n'avons pas pu l'obtenir encore mais il est bien vrai que ce doit être notre effort pour l'avenir.
Patrick Poivre d'Arvor : Est-il exact, comme l'a rapporté un ministre, que F. Mitterrand ce matin en Conseil des ministres a répondu à A. Lamassoure : "notre pays aurait effectivement été isolé si le gouvernement actuel avait mis en œuvre les engagements et les promesses de l'opposition d'avant mars" ?
Édouard Balladur : Je n'ai pas pour habitude ni de révéler le contenu des conversations que je peux avoir avec le Président de la République, ni ce qu'il peut dire ou ce qu'un autre peut dire ou ce que je peux dire au Conseil des ministres.
Patrick Poivre d'Arvor : Mais il vous a bien aidé dans cette affaire.
Édouard Balladur : Il a joué un rôle effectivement important, notamment au cours du Conseil européen. Et nous avions une vision très proche des choses. Et je pense que c'est un cas dans lequel, vis-à-vis de l'étranger, l'image d'une France où les deux responsables du pouvoir exécutif n'ont pas la même opinion politique mais où ils s'accordent et où ils s'entendent pour présenter un front uni, pour défendre les intérêts de la France, eh bien les étrangers ont le sentiment d'avoir face à eux une France qui est plus unie et donc qui est plus forte. Dans ces cas-là, je vous assure que c'est extraordinairement utile et je crois que ça l'a été dans les jours qui viennent de s'écouler.
Patrick Poivre d'Arvor : Selon un sondage BVA-Paris Match, 58 % des Français estiment que vous avez fait preuve de fermeté et que vous n'avez pas cédé aux pressions des Américains, 31 % pensent le contraire. Dans le même sondage, le Premier ministre recueille 56 % de bonnes opinions comme le mois dernier. Le Président de la République, lui, perd trois points avec 44 % d'opinions favorables. Alors quand on a réussi à boucler une négociation aussi essentielle, ça ne donne pas des ailes et des envies de présidentiable ?
Édouard Balladur : Quel est le rapport ? J'ai fait mon métier de Premier ministre.
Patrick Poivre d'Arvor : Et vous ferez un jour celui de Président ?
Édouard Balladur : Je fais mon métier de Premier ministre. J'essaie, la situation n'est pas facile, de le faire de mon mieux. Et je suis tout à fait conscient des lacunes que nous pouvons avoir dans notre action et même des déceptions que nous pouvons susciter. Je vous assure que ce n'est pas agréable pour moi. Il ne s'agit pas d'être agréable ou pas d'ailleurs. Mais c'est un sentiment très fort de ma responsabilité personnelle que de voir que la hausse du chômage ne s'est pas encore ralentie. C'est ça ma véritable obsession. Ce n'est pas de penser que parce que nous sommes effectivement bien sortis d'une négociation internationale difficile de penser à autre chose. L'autre chose à quoi je pense, c'est le chômage, c'est la situation intérieure du pays.
Patrick Poivre d'Arvor : Depuis que vous êtes au pouvoir la courbe du chômage a continué de progresser. Est-ce que vous imaginez un nouveau plan, un plan de relance de la consommation par exemple pour essayer d'enrayer cette hausse ?
Édouard Balladur : Je vais vous dire, nous avons pris beaucoup de mesures depuis six ou huit mois. Beaucoup. Dans tous les domaines, juridique, fiscal pour aider à créer des emplois, pour aider les entreprises, pour baisser la charge sur les salaires, pour développer le temps partiel, bref pour faire en sorte que le travail soit, si j'ose dire plus facile, plus facile d'offrir du travail. On ne va pas faire un plan tous les 15 jours. Toutes ces mesures viennent à peine de rentrer en vigueur. La loi que nous avons fait voter, la loi quinquennale sur l'emploi, qui comporte beaucoup de dispositions extrêmement positives, je crois qu'elle a été publiée au Journal Officiel il y a quelques semaines seulement.
Patrick Poivre d'Arvor : Quand va-t-elle porter ses fruits ?
Édouard Balladur : Tout le problème, il est là. Il faut d'abord que nous retrouvions la croissance. Ça va mieux. Et je voudrais dire aux Français, qui ont parfois tendance à avoir peur du lendemain – et je les comprends d'ailleurs, nous sommes un pays où il y a beaucoup d'exclus, beaucoup de marginaux, des chômeurs et des gens en difficulté – que la croissance paraît s'améliorer. Ce n'est pas encore glorieux. Disons que nous cessons de décroître. Nous sommes dans un pallier. Il semble qu'on commence à croître notre production, notre activité. Le Gatt va d'ailleurs nous y aider beaucoup. C'est un premier point. Il faut que ça se confirme en 1994. Et puis, il faut que les mesures que nous avons prises pour la formation, pour l'apprentissage, pour le travail des jeunes, pour la baisse des charges commencent à porter leurs effets. J'avais dit – on me l'a rappelé aujourd'hui à l'Assemblée, un membre de l'opposition, mais je ne l'ai pas contesté parce qu'il disait la vérité – lorsque que je me suis présenté à l'Assemblée en avril, j'avais dit j'espère que le chômage sera stabilisé en décembre. Nous sommes en décembre, il n'est pas encore stabilisé. Je le reconnais. J'espère que nous allons arriver à le stabiliser en 1994 et ensuite que nous pourrons commencer à inverser les choses.
Question du secrétaire général de la FCPE : Vous avez permis que des fonds publics financent des établissements privés. C'est-à-dire que l'impôt de tous nos concitoyens paie l'acquisition et la rénovation d'établissements privés qui resteront propriété de ces associations. Comment expliquez-vous cela aux Français ?
Édouard Balladur : De la façon la plus simple. Il y a près de 20 % des enfants de France qui sont éduqués dans les écoles privées. Ces écoles privées sont sous le contrôle de l'État et souvent subventionnées par l'État à divers titres. Et cet enseignement privé est de qualité à peu près équivalente avec l'enseignement public. Alors, il y a un rapport qui est fait. Que dit ce rapport ? Que compte tenu de leur état de vétusté, parfois de délabrement, les écoles privées très souvent présentent des risques pour la sécurité des enfants.
Patrick Poivre d'Arvor : Mais un autre rapport dirait peut-être la même chose pour les écoles publiques.
Édouard Balladur : Mais il le dit aussi pour les écoles publiques mais les risques sont moindres. Parce qu'il y a des crédits de l'État qui permettent de mieux entretenir les écoles publiques que les écoles privées. Deuxièmement, les collectivités locales peuvent dans l'état actuel des choses, subventionner une association sportive, un club de football, une activité culturelle. Pourquoi ne pourraient-elles pas subventionner pour des travaux de sécurité une association qui forme les enfants et les prépare à la vie. J'avoue que j'ai un peu de mal, je dirais même sur le plan de la laïcité, à comprendre les choses.
Patrick Poivre d'Arvor : Vous n'avez pas peur de rallumer la guerre scolaire ?
Édouard Balladur : Ça n'a aucun rapport. Ou alors considérons que les collectivités locales n'ont le droit de ne rien faire du tout. Que toute subvention d'une commune à qui que ce soit, à quelle qu'association que ce soit est illégale. C'est très dangereux de poser le problème ainsi. Il y a 20 % des enfants qui sont formés dans ces établissements, ils ont droit à avoir un minimum de sécurité eux aussi.
Patrick Poivre d'Arvor : Résultats du scrutin. Il n'y a apparemment pas beaucoup de déchet du côté de la majorité.
Édouard Balladur : Je remercie les parlementaires. Leur vote donne au gouvernement des forces supplémentaires pour cette nouvelle étape de son action que nous allons engager maintenant. Nous avons déblayé l'horizon avec cette affaire du GATT, encore que nous allions la suivre très attentivement dans son application, et maintenant nous allons concentrer tous nos efforts sur les changements nécessaires dans notre pays pour rendre plus solide la protection sociale, pour créer davantage d'emplois, pour donner plus de dynamisme à notre économie. C'est la tâche de l'année qui vient.
Patrick Poivre d'Arvor : La protection sociale est un grand sujet d'inquiétude pour les Français, notamment avec la retraite, on parle d'une remise en question du niveau des retraites complémentaires dès le premier janvier si l'État n'aide pas les partenaires sociaux. C'est une préoccupation pour beaucoup de salariés :
Question d'une cotisante au régime de retraite complémentaire des cadres : Monsieur le Premier ministre, je vais avoir 60 ans bientôt et j'apprends que le montant des retraites complémentaires sera diminué du fait notamment que le gouvernement ne désire plus soutenir les régimes de retraite complémentaire. Qu'en est-il exactement ? Ne pensez-vous pas dans ces conditions que les gens continueront à travailler jusqu'à 65 ans, ne libérant pas des postes de travail pour les chômeurs ou les jeunes arrivant sur le marché du travail ? Pouvez-vous me rassurer et me donner des renseignements à ce sujet ?
Édouard Balladur : Voilà, une question qui est claire et directe. Le régime des retraites en France est un régime qui était profondément menacé. Les choses sont très, très, simples. Il y a du chômage. On cotise moins. On part parfois plus tôt à la retraite. On vit, grâce au ciel, plus longtemps… bref, les charges du régime de retraite ne cessent de s'alourdir. C'est pourquoi nous avons dû, dans les premières semaines du gouvernement, prendre une décision difficile sur la réforme des retraites pour sauver notre système français de retraite. Madame me pose une question qui concerne le régime complémentaire. De qui s'agit-il ? Tous les Français qui travaillent cotisent au régime général de sécurité sociale, sauf exception, bien sûr, pour des régimes spéciaux, et puis ils ont la possibilité de cotiser de façon complémentaire, c'est libre, d'ailleurs en général, pour améliorer leur retraite. Il y a eu des mesures prises pour le régime général qui était déséquilibré et que nous avons dû prendre : c'était la responsabilité de l'État. Pour les régimes complémentaires, c'est moins directement la responsabilité de l'État. Mais il est bien évident que le gouvernement ne peut pas rester indifférent à une situation telle que celle-là. Le problème va m'être soumis dans les jours qui viennent. Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour faire en sorte que les Français qui ont travaillé toute leur vie soient assurés d'avoir une retraite qui soit conforme à leurs efforts et à leurs espoirs. Cela prouve que la situation est difficile. Cela prouve que parce que nous n'avons pas de croissance, nous avons un emploi qui diminue et une marge de manœuvre qui est très étroite en ce moment. Il faut, si je puis dire, tout faire à la fois, avec très peu d'argent. C'est cela la difficulté de la tâche du gouvernement. C'est pourquoi tout passe par le retour de la confiance, de l'espoir et de la foi dans l'avenir.