Texte intégral
Monsieur le Président,
Mes Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,
C'est pour moi une joie de recevoir ce soir, dans cet hôtel de Ville qui abrite également le Conseil Général de Paris, les participants à la rencontre nationale de l'Union des Conseillers Généraux de France.
J'ai d'autant plus de plaisir à vous recevoir que nous avons ainsi l'occasion de célébrer ce soir le 20e anniversaire de l'Union que vous présidez cher Président Riethmuller, avec la sagesse et l'autorité que chacun vous reconnaît.
Vous avez décidé, avec l'ensemble des responsables de l'Union, de sortir quelque peu de la discrétion et de la retenue qui étalent traditionnellement les vôtres, pour mieux faire connaître à l'opinion et aux pouvoirs publics les préoccupations, les aspirations, les propositions des Conseillers Généraux.
La compétence et le dévouement des Conseillers Généraux sont appréciés et reconnus par nos concitoyens. Mais ces élus dont le rôle est si nécessaire à l'équilibre de notre démocratie et à l'animation de notre espace national ne sont-ils pas trop souvent oubliés ? Ont-ils pris toute la place qui doit être la leur dans le processus de décentralisation et dans le débat actuel sur l'aménagement du territoire de notre pays ? Ce sont ces questions légitimes que vous avez posées et, je suis, comme vous, convaincu que l'expérience et les propositions formulées par les Conseillers généraux doivent être entendus, pour servir le grand débat et le grand enjeu de l'aménagement du territoire.
Proches du terrain, dans ces quelques 4 000 cantons que vous représentez avec détermination et passion, vous êtes des médiateurs par excellence, des intercesseurs entre les maires, l'administration départementale, les services de l'État, vous êtes aussi ceux qui donnent l'impulsion.
Les Conseillers Généraux sont les artisans et les animateurs qualifiée du développement économique et social de notre pays. Ils connaissent les problèmes et sont essentiels, au sein de l'Assemblée départementale pour trouver les solutions les mieux adaptées à la situation des activités et aux difficultés des hommes dans un territoire à taille humaine.
Je tire de ma double expérience de maire de Paris et de Député de la Corrèze, mais aussi des différentes fonctions ministérielles que j'ai assumées, la conviction que la politique d'aménagement du territoire, pour réussir, doit s'appuyer sur les acteurs et les animateurs du développement que sont les Conseillers Généraux. Trois conditions doivent cependant être rapidement réunies.
1° Une clarification des compétences de l'État, de la Région, du Département et des communes doit être opérée ; sur des bases certaines, stables et compréhensibles de tous. Il en va de la légitimité de l'action publique mais aussi naturellement de son efficacité.
Cette nécessaire et indispensable clarification doit trouver sa traduction dans les modalités de financement des interventions publiques. Il faut réduire, sinon bannir progressivement, l'usage des financements croisés.
2° Les élus locaux, acteurs responsables, doivent être en mesure de dialoguer et de négocier les politiques locales avec des interlocuteurs de l'État dotés de réelles compétences déconcentrées.
Le réforme du fonctionnement des administrations de l'État, c'est-à-dire la déconcentration, doit nécessairement accompagner et rejoindre la décentralisation opérée.
3° Enfin, vous avez aujourd'hui débattu de l'importante question du statut de l'élu. Cette question est celle des moyens indispensables dont l'élu doit pouvoir disposer pour assurer avec efficacité son mandat. Je partage naturellement votre préoccupation sur ce point.
Le débat sur l'aménagement du territoire, engagé par Charles Pasqua et le Gouvernement, est particulièrement important. C'est la conception même de la démocratie et de notre République qui est en jeu.
Nous savons tous que l'égalité des droits n'a de sens que si elle s'accompagne d'une réelle égalité des chances.
La diversité de notre espace est un atout. Mais il faut, pour le valoriser, admettre des traitements diversifiés pour corriger certaines inégalités géographiques.
Les Conseillers Généraux sont également des acteurs privilégiés et efficaces de la lutte contre l'exclusion sociale. Cette lutte s'exprime naturellement par l'effort et les moyens financiers engagés par les départements et dont je sais, pour partager cette préoccupation, que l'évolution est sujet d'inquiétudes.
Mais cette lutte contre l'exclusion ne saurait être efficace sans votre engagement personnel, chaque jour, aux côtés de tous ceux, associations et bénévoles, qui refusent la fatalité de l'exclusion. C'est à cette action que vous menez que je souhaitais ce soir rendre hommage.
Voilà mes chers collègues quelques réflexions que je souhaitais vous soumettre en vous accueillant à l'Hôtel de Ville de Paris.
Je remercie tout spécialement les organisateurs de cette journée de travail à laquelle un grand nombre de Conseillers de Paris ont pris une part active.
Je vois là le signe de la coopération que je souhaite toujours plus efficace entre la Capitale et toutes les collectivités de notre pays, tant les problèmes que nous rencontrons sont en réalité commune. Acteurs de la démocratie, nous partageons, c'est vrai, la même conception exigeante du service public et de la République.