La peine de mort dans le monde

Si de nombreux États ont aboli la peine de mort, d’autres recourent toujours à la sentence capitale. En 2020, "au moins" 483 personnes ont été exécutées selon Amnesty International.

La peine capitale pays par pays en 2020

Plus des deux tiers des États dans le monde ont aboli, en droit ou en pratique, la peine de mort. En 2020, selon l'organisation non gouvernementale (ONG) Amnesty International, 108 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes, 8 l’ont abolie pour les crimes de droit commun et 28 sont abolitionnistes en pratique, soit 144 pays au total. La peine de mort demeure appliquée dans 55 États et territoires dans le monde.

Les pays totalement abolitionnistes

Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Angola, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bénin, Bhoutan, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Burundi, Cambodge, Canada, Cap-Vert, Chypre, Colombie, République du Congo, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Djibouti, Équateur, Espagne, Estonie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Grèce, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Honduras, Hongrie, Îles Cook, Îles Marshall, Irlande, Islande, Italie, Kirghizistan, Kiribati, Kosovo, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine du Nord, Madagascar, Malte, Maurice, Mexique, Micronésie, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Mozambique, Namibie, Nauru, Népal, Nicaragua, Niué, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ouzbékistan, Palaos, Panamá, Paraguay, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République dominicaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Saint-Marin, Salomon, Samoa, São Tomé et Principe, Sénégal, Serbie, Seychelles, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Suriname, Tchad, Timor-Leste, Togo, Turkménistan, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Vatican, Venezuela.

Les pays abolitionnistes pour les crimes de droit commun

Brésil, Burkina Faso, Chili, Guatemala, Israël, Kazakhstan, Pérou, Salvador.

Les pays nayant procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans

Algérie, Birmanie, Brunei, Cameroun, Corée du Sud, Érythrée, Eswatini (ex-Swaziland), Ghana, Grenade, Kenya, Laos, Liberia, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République centrafricaine, Russie, Sierra Leone, Sri Lanka, Tadjikistan, Tanzanie, Tonga, Tunisie, Zambie.

Les pays appliquant la peine de mort

Afghanistan, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Biélorussie, Belize, Botswana, Chine, Comores, Corée du Nord, Cuba, Dominique, Égypte, Émirats arabes unis, États-Unis, Éthiopie, Gambie, Guinée équatoriale, Guyana, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Lesotho, Liban, Libye, Malaisie, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, État de Palestine, Qatar, République démocratique du Congo, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Singapour, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie, Taïwan, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Viêt Nam, Yémen, Zimbabwe.

Faits et chiffres marquants sur la peine de mort en 2020

Selon le dernier rapport d’Amnesty International sur la peine de mort publié le 21 avril 2021, "au moins" 483 personnes ont été exécutées dans le monde en 2020.

Ce chiffre est en recul de 26% par rapport à 2019 (657 exécutions) et de 70% par rapport au pic de 2015 (1 634 exécutions). Ce recul résulte de la baisse enregistrée dans certains pays non abolitionnistes :

  • -85% en Arabie saoudite (184 exécutions en 2019, 27 en 2020) ;
  • -55% en Irak (100 exécutions en 2019, 45 en 2020).

Cette baisse serait due à des retards ou des reports de procédure liés à la pandémie de Covid-19. Cependant, certains pays ont procédé à un nombre accru d'exécutions durant la crise sanitaire (elles ont plus que triplé en Égypte). Dans le même temps, la crise sanitaire à eu des répercussions sur le droit à un procès équitable.

Les données sur les exécutions en Chine sont classées "secret d’État". L'ONG Amnesty International considère que les 483 exécutions qu’elle a dénombrées au niveau mondial ne reflètent qu’une partie de la réalité de la peine de mort dans le monde car le nombre d’exécutions en Chine reste inconnu.

Les États-Unis, pour la 12e année consécutive, restent le seul pays de la région des Amériques à procéder à des exécutions. Ils se retrouvent au 6e rang du classement d’Amnesty international avec 17 exécutions en 2020, réparties entre États ou au niveau fédéral :

  • Alabama (1) ;
  • Géorgie (1) ;
  • Missouri (1) ;
  • Tennessee (1) ;
  • Texas (3) ;
  • Autorités fédérales (10).

Après 17 ans d'interruption, les exécutions ont repris au niveau fédéral, autorisées par le gouvernement de Donald Trump. En moins de six mois, dix hommes ont été exécutés. Les autorités fédérales de certains États ont refusé de suspendre les procédures d'exécution, exposant au risque de contracter le virus les personnels pénitentiaires, les conseillers spirituels ou les avocats. Le Colorado est le 22e État abolitionniste du pays. Les moratoires instaurés en Californie, en Oregon et en Pennsylvanie ont été maintenus. L’Ohio a différé toutes les exécutions qui étaient prévues.

Amnesty international souligne qu’en 2020 aucune exécution n’a été recensée dans les pays suivants, alors qu'ils avaient tous appliqué la peine capitale en 2019 :

  • Bahreïn ;
  • Biélorussie ;
  • Japon ;
  • Pakistan ;
  • Singapour ;
  • Soudan.

Au total, 18 pays dans le monde ont recouru à la peine de mort en 2020, soit deux de moins qu'en 2019 (contre 40 pays en 1997). Les modes d’exécution (pendaison, injection létale, peloton d’exécution et décapitation) et les délits passibles de la mort (trafic de drogue, adultère, blasphème, corruption, crimes contre l’État et de droit commun, etc.) sont variables d’un pays à l’autre. Au moins une exécution en public a eu lieu en Iran. Cet État a par ailleurs exécuté trois personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur étaient reprochés. Des personnes souffrant d’un handicap mental ou intellectuel sont toujours sous le coup d'une sentence de mort dans plusieurs pays, dont les États-Unis, le Japon, les Maldives et le Pakistan.

À la fin de l’année 2020, au moins 28 567 personnes dans le monde "se trouvaient sous le coup d’une condamnation à mort", contre 18 848 en 2016. Selon Amnesty International, 82% de ces personnes sont détenues dans neuf pays :

  • Irak (plus de 7 900) ;
  • Pakistan (plus de 4 000) ;
  • Nigeria (plus de 2 700) ;
  • États-Unis (2 485) ;
  • Bangladesh (plus de 1 800) ;
  • Malaisie (plus de 1 314) ;
  • Viêt Nam (plus de 1 200) ;
  • Kenya (plus de 1 000) ;
  • Sri Lanka (plus de 1 000).

Les statistiques ne sont pas disponibles pour d'autres pays :

  • Arabie saoudite ;
  • Corée du Nord ;
  • Chine ;
  • Égypte ;
  • Iran.

Dans la plupart des pays condamnant ou exécutant à mort, la peine a été prononcée à l’issue d’une procédure non conforme aux normes internationales en matière d’équité des procès (par exemple aveux extorqués sous la torture).

Le 19 décembre 2016, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté sa 6e résolution appelant à un moratoire sur le recours à la peine de mort.

L’adoption de cette résolution confirme et soutient la tendance mondiale vers l’abolition. En décembre 2020, lors de la séance plénière de l’Assemblée générale des Nations unies, 123 États (sur 193 États membres de l’Organisation des Nations unies) se sont prononcés en faveur de l’adoption de sa résolution biennale appelant à un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir totalement la peine de mort (19 voix de plus qu’en 2007, année de la première résolution sur cette question).

L’Union européenne (UE), de son côté, est également investie dans le combat pour l’abolition. À l’occasion du 7e Congrès mondial contre la peine de mort, qui s'est tenu du 26 février au 1er mars 2019 à Bruxelles, le Parlement européen a rappelé qu’il a adopté en 2015 une résolution sur la peine de mort. Celle-ci condamne le recours à la peine de mort comme moyen de supprimer l’opposition dans un pays ou pour des motifs tels que les croyances religieuses, l’homosexualité ou l’adultère. Tous les États membres de l’UE sont signataires du protocole n°13 à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, relatif à l’abolition de la peine de mort en toutes circonstances. L’abolition de la peine de mort est un préalable nécessaire à l’accession à l’UE : tous les pays candidats ont adhéré au protocole n°6.