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© Ian McDonald - stock.adobe.com

La peine de mort dans le monde

Temps de lecture  8 minutes

Par : La Rédaction

Si de nombreux États ont aboli la peine de mort, d'autres recourent toujours à la sentence capitale. Amnesty International a enregistré "au moins" 2 707 exécutions en 2025, une augmentation de 78% par rapport à 2024.

La peine capitale pays par pays en 2025

Plus des deux tiers des États dans le monde ont aboli, en droit ou en pratique, la peine de mort. En 2025, selon l'organisation non gouvernementale (ONG) Amnesty International, 113 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes, 9 l'ont abolie pour les crimes de droit commun et 23 sont abolitionnistes en pratique (aucune condamnation depuis au moins 10 ans), soit 145 pays au total. 54 pays ne sont pas abolitionnistes. 

Les pays totalement abolitionnistes

Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Angola, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bénin, Bhoutan, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Burundi, Cambodge, Canada, Cap-Vert, Chypre, Colombie, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Croatie, Danemark, Djibouti, Équateur, Espagne, Estonie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Grèce, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Honduras, Hongrie, Îles Cook, Îles Marshall, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Kirghizistan, Kiribati, Kosovo, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine du Nord, Madagascar, Malte, Maurice, Mexique, Micronésie, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Mozambique, Namibie, Nauru, Népal, Nicaragua, Niué, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ouzbékistan, Palaos, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République centrafricaine, République dominicaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Saint-Marin, Salomon, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Serbie, Seychelles, Sierra Leone, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Suriname, Tchad, Timor-Leste, Togo, Turkménistan, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Vatican, Venezuela, Zambie.

Les pays abolitionnistes pour les crimes de droit commun

Brésil, Burkina Faso, Chili, Guatemala, Guinée équatoriale, Israël, Pérou, Salvador, Zimbabwe.

Les pays n'ayant procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans

Algérie, Brunéi Darussalam, Cameroun, Corée du Sud, Érythrée, Eswatini, Ghana, Grenade, Kenya, Laos, Liberia, Malawi, Maldives, Mali, Maroc/Sahara occidental, Mauritanie, Niger, Russie, Sri Lanka, Tadjikistan, Tanzanie, Tonga, Tunisie.

Les pays appliquant la peine de mort

Afghanistan, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Biélorussie, Belize, Botswana, Chine, Comores, Corée du Nord, Cuba, Dominique, Égypte, Émirats arabes unis, États-Unis d'Amérique, Éthiopie, Gambie, Guyana, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Lesotho, Liban, Libye,  Malaisie, Myanmar, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Palestine (État de), Qatar, République démocratique du Congo, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Singapour, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie, Taïwan, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Vietnam, Yémen.

Faits et chiffres marquants sur la peine de mort en 2025

Selon le rapport d'Amnesty International sur la peine de mort publié en avril 2026, "au moins" 2 707 personnes ont été exécutées en 2025, soit une hausse de 78% par rapport à l'année précédente. Il s'agit d'un chiffre record depuis 1981 (3 191 exécutions dans le monde, Chine non comprise). Les statistiques d'Amnesty International sont des données a minima, puisque plusieurs pays ne publient pas ou peu de données sur l'application de la peine capitale (Chine, Biélorussie, Corée du Nord, Laos...). Aucun chiffre n'est pas ailleurs disponible pour la Palestine, en raison du conflit armé en cours. 

La hausse d'exécutions est due aux autorités étatiques ayant placé la peine de mort au centre de discours relatifs à la sécurité publique et à la lutte contre la criminalité. Cette augmentation du recours à la peine de mort est principalement imputable à l'Iran.

Les pays ayant exécuté

Le exécutions émanent de 17 pays, soit 2 de plus qu'en 2024, dont les premiers sont : 

  • la Chine (estimation de plusieurs milliers d'exécutions) ; 
  • l'Iran (au moins 2 159, soit plus du double des exécutions recensées en 2024) ; 
  • l'Arabie Saoudite (356) ; 
  • le Yémen (51, contre 38 l'année précédente) ; 
  • les États-Unis (47, près du double des exécutions en 2024).

4 pays ont exécuté des personnes en 2025 pour la première fois après une interruption de plusieurs années : les Émirats arabes unis, le Japon, le Soudan du Sud et Taïwan. Aucune exécution n'a été signalée dans 2 pays où il en avait été recensé en 2024 : Oman et la Syrie. 

La peine de mort aux États-Unis 

Aux États-Unis, le nombre d'exécutions en 2025 a atteint son plus haut niveau depuis 2009. Il s'agit du seul pays des Amériques à procéder à des exécutions, pour la 17e année consécutive. Près de la moitié des exécutions ont eu lieu dans l'État de Floride (19), sur un total de 11 États. 4 d'entre eux ont repris les exécutions après une interruption. Contrairement à l'année précédente, les États de Géorgie et de l'Utah n'ont procédé à aucun exécution.

Fin 2025, les États-Unis comptaient 23 États abolitionnistes pour tous les crimes, dont 11 qui le sont depuis le début des années 2000.

Les exécutions aux États-Unis relèvent en majorité des États et non des institutions fédérales. Mais les exécutions réalisées au niveau fédéral ont fait leur retour sous les présidences de Donald Trump. Lors de son premier mandat, les exécutions fédérales avaient repris après une interruption de 17 ans, avec 13 personnes exécutées entre juillet 2020 et janvier 2021. L'administration de Joe Biden (2021-2025) avait ensuite commué 93% des condamnations à mort prononcées par la justice fédérale. Dès son retour à la présidence début 2025, Donald Trump a signé un décret présidentiel encourageant les procureurs à recourir systématiquement à la peine de mort pour les crimes considérés les plus graves (meurtres de policiers, crimes commis par des étrangers en situation irrégulière). En 2025, aucune exécution n'a eu lieu au niveau fédéral. Le 24 avril 2026, le ministère de la justice états-unien a annoncé une série de mesures destinées à en faciliter l'application au niveau fédéral. 

Les modes d'exécution et les personnes visées

Les modes d'exécution sont variables selon les pays.

Les méthodes d'exécution employées en 2025 par pays
MéthodePays
DécapitationArabie Saoudite
PendaisonÉgypte, Irak, Iran, Koweït, Singapour, Soudan du Sud
Injection létaleChine, États-Unis, Vietnam
Exécution par balleAfghanistan, Arabie Saoudite, Chine, Corée du Nord, Émirats arabes unis, États-Unis, Somalie, Taïwan, Yémen
Asphyxie par inhalation d'azoteÉtats-Unis

Près de la moitié des personnes exécutées en 2025 avaient été condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants (46%), dans le cadre d'approches extrêmement punitives de la "guerre contre la drogue" menée par plusieurs pays. Ces exécutions ont eu lieu en Arabie Saoudite, en Chine, en Iran, au Koweït et à Singapour.

Les condamnations à mort

Au moins 2 334 nouvelles condamnations à mort ont été recensées par Amnesty International en 2025, dans 48 pays (contre 2 087 dans 16 pays en 2024, soit une hausse de 12%). Une augmentation significative du nombre de condamnations à mort est observée dans plusieurs pays : République démocratique du Congo, Soudan, Laos, Koweït, Sri Lanka, Égypte, Nigeria...

À l'échelle mondiale, 25 508 personnes au moins se trouvaient sous le coup d'une condamnation à mort fin 2025. 

Quelles actions au niveau international et européen ? 

En décembre 2023, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté sa 10e résolution préconisant l'instauration d'un moratoire sur le recours à la peine de mort. Pour la première fois, plus des deux tiers des États membres des Nations Unies ont voté en faveur de la résolution. Le soutien à cette résolution augmente de façon continue depuis l'adoption de la 1ère, en 2007, confirmant la tendance mondiale vers l'abolition. 

L'Union européenne (UE) est également investie dans le combat pour l'abolition. En 2015, le Parlement européen a adopté une résolution dans laquelle il "réaffirme sa condamnation du recours à la peine de mort et soutient fermement la mise en place d'un moratoire sur la peine de mort dans l'optique de son abolition".

Le protocole n°13 à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales interdit l’abolition de la peine de mort en toutes circonstances. L'ensemble des États membres de l’UE l'ont signé. L’abolition de la peine de mort est par ailleurs un préalable nécessaire à l’adhésion à l'UE. Tous les pays candidats ont adhéré au protocole n°6 concernant l'abolition de la peine de mort. 

Sur le continent européen, seule la Biélorussie (qui ne fait partie ni du Conseil de l'Europe, ni de l'UE) applique encore la peine capitale. Selon les informations disponibles, elle n'a prononcé aucune condamnation à mort en 2025.