Mouvement des gilets jaunes : les annonces du président de la République

Après plusieurs semaines de mobilisation des "gilets jaunes", le président de la République Emmanuel Macron a décrété un "état d'urgence économique et sociale", lors de son allocution télévisée du 10 décembre 2018.

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Le palais de l'Elysée
le président souhaite l'organisation d'un débat national. Façade du palais de l'Elysée - © Atlantis - stock.adobe.com

Les mesures annoncées

Le 5 décembre 2018, le gouvernement avait annoncé l'annulation de la hausse de la taxe carbone prévue en 2019 et de la convergence de la fiscalité du diesel vers l'essence, la suspension des nouvelles règles du contrôle technique automobile et le gel des tarifs du gaz et de l'électricité pendant les premiers mois de l'année.

Dans son "adresse à la Nation", le président a présenté les mesures suivantes :

  • annulation en 2019 de la hausse de la cotisation sociale généralisée (CSG) pour les retraités ayant des pensions comprises entre 1 200 et 2 000 euros par mois (retour à un taux de CSG de 6,6% contre 8,3%) ;
  • défiscalisation et exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires (temps travaillé au-delà de la durée légale des 35 heures);
  • augmentation du revenu d'un travailleur au SMIC de 100 euros par mois dès 2019, "sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur" (augmentation de la prime d'activité) ;
  • défiscalisation de la prime de fin d'année qui pourrait être versée par les employeurs.

Le Premier ministre, doit présenter le plan de financement de ces mesures devant l'Assemblée nationale le 11 décembre, pour une intégration dans le projet de loi de finances pour 2019.

Le président de la République a confirmé qu'il ne reviendrait pas sur la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF). Il a cependant annoncé l'adoption prochaine de mesures à l'égard des grandes entreprises et des citoyens les "plus fortunés" afin de "mettre fin aux avantages indus et aux évasions fiscales".

Un débat national pour des changements de fond

Par ailleurs, le président souhaite l'organisation d'un débat national allant au-delà de la grande concertation locale de trois mois sur la transition écologique.

S'agissant du volet institutionnel, alors que la discussion parlementaire sur la réforme des institutions doit reprendre en janvier 2019, il a évoqué les questions qui touchent à la représentation, la possibilité de voir les courants d'opinion mieux entendus dans leur diversité, une loi électorale plus juste, la prise en compte du vote blanc.

Il s'est engagé à aller à la rencontre des maires pour construire avec eux le socle d'un nouveau contrat pour la nation. La question de l'immigration et celle de "l'identité profonde" de la nation devront également être abordées.