Emplois francs : un dispositif encore peu utilisé

Conçu comme une réponse aux difficultés d’accès à l’emploi rencontrées par les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville, le dispositif des emplois francs a fait l’objet d’une expérimentation du 1er avril 2018 au 31 décembre 2019.

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Les tours ont été construites par l’architecte Émile Aillaud entre 1973 et 1981. Le complexe résidentiel se trouve dans le quartier Pablo Picasso de Nanterre, dans la banlieue de Paris.
Entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019, seuls 5 660 emplois francs ont été validés. C'est le bilan de la première évaluation du dispositif, publié le 13 décembre 2019. © Reuters - stock.adobe.com

Une première évaluation de l'expérimentation des emplois francs a été publiée le 13 décembre 2019 par le ministère du travail afin d’examiner les conditions de sa généralisation. L’étude montre que le dispositif a peu modifié le volume des embauches dans les quartiers de l’expérimentation.

Les emplois francs : de quoi s’agit-il ?

Prévu par la loi de finances pour 2018, le dispositif emplois francs est entré en vigueur le 1er avril 2018 puis étendu à compter du 1er avril 2019 à tous les quartiers prioritaires des Hauts-de-France, Île-de-France, Ardennes, Bouches-du-Rhône, Guadeloupe, Guyane, Haute-Garonne, Maine-et-Loire, Martinique, Mayotte, Réunion, Vaucluse et Saint-Martin.

L'employeur qui embauche un demandeur d'emploi résidant dans un de ces quartiers peut bénéficier d'une aide à hauteur de 15 000 euros sur trois ans pour un contrat à durée indéterminé (CDI) ou de 5 000 euros sur deux ans pour un contrat à durée déterminée (CDD) d’au moins six mois. Les établissements publics administratifs, les établissements publics industriels et commerciaux, les sociétés d'économie mixte et les particuliers employeurs ne peuvent pas recourir à ces emplois.

Les raisons du faible recours au dispositif

Entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019, seuls 5 660 emplois francs ont été validés.

Le manque d’information des employeurs semble expliquer en grande partie le non-recours à la mesure et reste un préalable à son déploiement : méconnaissance des quartiers prioritaires de la politique de la ville par les employeurs, et de leur périmètre, confusion avec d’autres mesures d’aide à l’emploi liées ou non à la politique de la ville (zones franches urbaines, parcours emploi-compétences, précédente version des emplois francs…).

Certains demandeurs d’emploi éligibles craignent un effet de stigmatisation et sont réticents à l’idée d’évoquer le dispositif face aux recruteurs. Des employeurs remettent en question le principe même de discrimination positive. L’organisation de "job-dating" dédiés aux demandeurs d’emploi éligibles à la mesure représente aussi une solution pertinente pour surmonter ces réticences.