Coronavirus : fermeture des frontières extérieures de l’UE et soutien économique de la BCE

Annoncée par la Commission européenne et validée par les chefs d‘État européens le 17 mars 2020, la fermeture des frontières extérieures de l'UE est prévue pour une durée de 30 jours afin de lutter contre le COVID-19. Pour sa part, la Banque centrale européenne (BCE) vient d'annoncer le 18 mars 2020 un plan d'urgence de 750 milliards d'euros.

Temps de lecture  3 minutes

© mehaniq41. stock.adobe.com

Alors que les pays européens sont touchés par la pandémie à des niveaux divers, les gouvernements nationaux ont donné, le 10 mars 2020, un mandat de coordination à la Commission européenne. Désormais, la Commission peut formuler des recommandations sur une ligne de conduite commune qui permet aux États de prendre des mesures coordonnées. Elle a ainsi publié des lignes directrices relatives, entre autres, à la mobilité aux frontières extérieures et intérieures des 27 États membres. Ces dispositions ont été approuvées par les chefs d’État de l'UE le 17 mars 2020.

Fermeture des frontières extérieures de l’UE pendant 30 jours

Selon les lignes directrices de la Commission du 16 mars 2020, l’Union ferme ses frontières extérieures, à compter du 17 mars 2020 et pour une durée de 30 jours. En concertation avec ses principaux partenaires du G7, l’UE proscrit les arrivées non-essentielles de l’extérieur (tourisme, voyages d’affaires...).

Des exceptions sont néanmoins prévues pour :

  • les citoyens européens, les résidents de longue durée, les médecins ou encore les chercheurs participant au combat contre les virus … ;
  • les transporteurs de marchandises qui sont autorisés à circuler pour ne pas interrompre les chaînes d’approvisionnement.

Concernant les frontières entre les États membres, leur fermeture est autorisée mais elle ne doit pas empêcher le bon fonctionnement du marché intérieur (marchandises notamment périssables, matériel médical... qui doivent continuer à pouvoir circuler) :

  • le marché unique est considéré comme un élément de solidarité européenne ;
  • chaque État membre définit avec ses voisins une gestion commune des frontières, les contrôles sanitaires n‘ont lieu que d’un seul côté (un résident européen avec des signes de la maladie est réorienté vers un service de santé approprié et non pas refoulé) ;
  • le passage des travailleurs frontaliers reste facilité ;
  • pour les transports d’urgence (aliments, biens médicaux, bétail, articles de protection), la Commission propose des “voies vertes“, c’est-à-dire prioritaires (les États membres sont aussi incités à annuler pour les camions les interdictions de rouler en fin de semaine).

Mobilisation financière sans précédent pour soutenir l’économie européenne

Les 27 ministres européens des Finances réunis le 16 mars 2020 ont annoncé également des actions fortes et collectives pour répondre aux défis économiques qui posent l’irruption du Covid-19 dont :

  • le soutien aux mesures nationales de soutien à l’économie ;
  • l’activation de la clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), les règles imposant en temps normal que les déficits publics des États ne dépassent pas la barre de 3% de leur PIB ;
  • des mesures de trésorerie, comme le paiement différé des impôts par exemple ;
  • la création proposée par la Commission d’un fonds de soutien de 37 milliards d’euros aux systèmes de santé, entreprises et travailleurs touchés par l’arrêt des économies.

Pour sa part, la Banque centrale européenne (BCE) vient d’annoncer mercredi 18 mars 2020 la mise en place d’un plan d’urgence de 750 milliards d’euros en vue du rachat de la dette des États mais aussi des entreprises de la zone euro sur les marchés financiers. Il s'agit ainsi pour la BCE d’aider les banques et de les inciter à maintenir leurs prêts notamment à destination des entreprises afin de soutenir de cette manière la production et l’emploi.