Confinement : des violences conjugales en augmentation

Avec le confinement décidé pour lutter contre le COVID-19, la promiscuité du huis clos dans les logements peut exacerber les tensions et les risques de violences au sein des couples. Des mesures de soutien et d’accompagnement sont prises mais les difficultés d’hébergement sont plus aiguës en période de pandémie.

3 minutes
© stock.adobe.com

Les services de police et de gendarmerie ont enregistré une augmentation des signalements de violences conjugales sur tout le territoire : +32% en zone gendarmerie, +36% dans la zone de la Préfecture de police de Paris, a déclaré le ministre de l'Intérieur. L'association France Victimes déplore également une recrudescence des sollicitations depuis le 17 mars : 24% des situations prises en charge concernaient des violences conjugales, soit une augmentation de 71% par rapport à la même période en 2019.

Les dispositifs d’aide aux victimes en place

Dans ce contexte, les dispositifs d’aide continuent de fonctionner et s'adaptent :

  • le numéro d’écoute 39-19 anonyme et gratuit écoute et accompagne les femmes victimes de violences ;
  • la plateforme en ligne arrêtonslesviolences.gouv.fr fonctionne 24h/24 (des policiers et gendarmes formés prennent les signalements, mènent les enquêtes et les interventions) ;
  • le 0 800 05 95 95 (SOS Viols Femmes Informations) ;
  • et le 17 ou le 112 en cas d’urgence ;

Au 1er avril, le 114 habituellement destiné aux personnes sourdes et malentendantes devient également accessible aux personnes victimes de violences familiales qui pourront donner l'alerte en envoyant un SMS au 114.

Pour les personnes qui n’ont pas de téléphone ou ne peuvent pas parler en présence de l’auteur des violences, des nouvelles mesures sont mises en place :

  • la pharmacie devient un lieu de refuge où la victime est accueillie, le pharmacien appelant lui-même les forces de l’ordre (une signalétique adaptée doit être apposée aux portes des officines) ;
  • des points d'accueil dans les centres commerciaux sont créés depuis lundi 30 mars à Paris et Valenciennes dans un premier temps.

Par ailleurs, la secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes a annoncé la création d'un fonds d'un million d'euros pour aider les associations qui sont confrontées à des difficultés d'hébergement spécifiques au contexte épidémique.

Les difficultés de l’hébergement d’urgence

Si les centres d’hébergement pour les victimes de violences conjugales restent ouverts pendant le confinement, les difficultés connues toute l’année s'accentuent face aux impératifs de santé publique. La Fondation des Femmes a annoncé l'ouverture de 320 places d'hébergement en résidences universitaires jusqu'au 31 juillet 2020. L’association finance aussi des nuits d’hôtels. Cependant, beaucoup de structures n’ont plus de places pour accueillir les femmes violentées. Si elles continuent d’abriter les personnes déjà hébergées, certaines ont arrêté les entrées et les sorties suite au mesures de confinement. Pour faire face à un afflux d’arrivées, des départements recensent les logements qui pourraient être réquisitionnés pour accueillir les femmes victimes et leurs enfants

La secrétaire d'État à l'égalité femme-homme a annoncé le financement de 20 000 nuits d'hôtel pour séparer les victimes de leurs agresseurs tout en insistant sur la nécessaire surveillance des conditions d'accueil en ces lieux. Maintenir le respect des mesures barrières et organiser l’école à la maison pour les victimes hébergées avec leur enfant font partie des nouvelles dispositions à intégrer.