Accès aux grandes écoles scientifiques : plus difficile pour les élèves boursiers

Les élèves boursiers de l’enseignement secondaire accèdent moins aux grandes écoles scientifiques. Une note d’information publiée par le ministère de l’enseignement supérieur examine les facteurs qui peuvent expliquer cette situation. Cette note propose aussi des leviers pour améliorer l'égalité des chances en faveur des boursiers.

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Étudiants dans un amphithéâtre.
Le niveau de performance du lycée d'origine de l'élève joue un rôle décisif. Les élèves du secondaire qui ont connu un environnement scolaire exigeant s'en sortent mieux. © WavebreakmediaMicro - stock.adobe.com

X-ENS, Mines-Ponts, Centrale-Supélec... Les élèves boursiers y sont largement moins représentés malgré les dispositifs mis en place en 2018 dans le cadre de la loi orientation et réussite des étudiants pour favoriser l'accès aux établissements d'excellence à toutes les classes sociales.

Différentes causes sont recensées par les auteurs de la note d’information sur l'accès aux grandes écoles scientifiques diffusée par le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en octobre 2020.

Des écarts qui se creusent dès le secondaire

"L’accès à une filière scientifique d’excellence est très fortement lié au niveau scolaire", rappellent les auteurs de la note. Les élèves entrés en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) avec une note à la sortie du baccalauréat inférieure à 16 ne sont que 5,1% à accéder aux grandes écoles.

À la sortie de la terminale S, où les notes sont déterminantes pour le choix d'une filière, les écarts de niveau sont déjà importants entre élèves boursiers et non boursiers. Environ 8% des élèves ayant obtenu une note moyenne entre 14 et 16 sont boursiers. Ils sont moins de 5% parmi ceux ayant obtenu une note supérieure à 19.

Au niveau de leur orientation, les élèves boursiers ont moins tendance à choisir les classes préparatoires scientifiques (6,9% contre 9,8% pour les non boursiers) pour des raisons souvent liées à l'environnement scolaire de l'élève : présence ou non d'une CPGE au sein de l'établissement d'origine, niveau général de l'établissement, situation géographique...

Enfin, les élèves boursiers demandent moins fréquemment les classes préparatoires dans les établissements ayant de fort taux de réussite aux concours aux grandes écoles.

Quels leviers d'action ?

Pour remédier à cette situation, les auteurs de cette note recommandent de favoriser, au plus tôt, l’accès des élèves boursiers aux établissements les plus performants, à la fois dans l’enseignement scolaire, qui joue un rôle prépondérant, et dans l’enseignement supérieur. Un moyen de pallier les désavantages de nature financière et culturelle pouvant être la source de difficultés supplémentaires pour les élèves boursiers. 

Les auteurs de la note préconisent également pour les élèves boursiers des mesures d'accompagnement spécifiques, à la fois pédagogiques, logistiques et monétaires.

Une réussite plus faible aux concours

Lorsqu'ils accèdent à une CPGE, les élèves boursiers ont généralement un niveau d'apprentissage plus faible et doivent fournir davantage d'efforts pour se hisser au niveau d'exigence requis dans ces filières.

Tout au long du parcours vers les grandes écoles, le nombre d'élèves boursiers décroît : ils constituent 26,4% des élèves dans les filières scientifiques de préparation aux concours, ils représentent 17,4% de ceux intégrant l'une des 23 écoles des trois grands concours communs et seulement 12,7% de ceux intégrant l'une des sept écoles les plus demandées.