Covid-19 : hausse de la mortalité enregistrée depuis début septembre 2020

Entre le 1er septembre et le 16 novembre 2020, la France a connu une hausse de la mortalité par rapport aux années 2019 et 2018. Déjà mesurée en mars-avril 2020, cette surmortalité touche à présent toutes les régions de France métropolitaine. Comme au printemps, elle augmente aussi en fonction de l'âge des individus.

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Fiche de certificat de décès avec stéthoscope posé dessus.
Tous âges confondus, le nombre de décès augmente chez les femmes (+13%) comme chez les hommes (+16%). © Richard Villalon - stock.adobe.com

Dans le contexte de crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) actualise chaque semaine son étude sur le nombre de décès quotidiens enregistrés par département. Basé sur les données fournies par le Répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP), cet indicateur complète les informations fournies par la Direction générale de la santé.

Il est à noter que cet indicateur de l'INSEE englobe l’ensemble des décès, toutes causes confondues.

Une surmortalité moins élevée qu’en mars-avril 2020

Selon la dernière actualisation de l'INSEE, entre le 1ᵉʳ septembre et le 16 novembre 2020, le nombre de décès enregistrés est en hausse de 14% par rapport à 2019 et de 16% par rapport à 2018. Cependant, la hausse des décès connaît une très nette accélération depuis la mi-octobre jusqu'à la mi-novembre. 

Cette hausse n’atteint pas le niveau de surmortalité enregistré en mars et avril 2020 (+26% par rapport à la même période en 2019 et +17% par rapport à 2018).

Quant à la période du 1er mai au 31 août 2020, elle avait connu une évolution relativement stable de la mortalité (même niveau par rapport à 2019 et +2% par rapport à 2018).

La totalité des territoires concernés

En métropole, toutes les régions connaissent une hausse du nombre de décès supérieure à celle mesurée sur la même période en 2018 ou 2019. Les deux régions les plus touchées sont l’Auvergne-Rhône-Alpes (+34%) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (+21%). Dans ces deux régions comme dans de nombreuses autres, la hausse a tendance à s'atténuer au cours de la première quinzaine de novembre. À l'opposé, la hausse s'intensifie en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand-Est, en Nouvelle-Aquitaine et en Corse.

Au niveau départemental, 17 départements enregistrent un nombre de décès supérieur d'au moins 25% par rapport à 2019. Les départements les plus touchés sont la Savoie (+ 52 %), la Haute-Loire (+ 51 %), la Loire (+ 50 %), la Haute-Savoie (+ 43 %), l'Isère (+ 42 %) et l’Ain (+ 32 %).

En outre-mer, deux départements ont connu une mortalité particulièrement élevée par rapport à la même période en 2019 : la Guadeloupe (+31%) et la Martinique (+19%). 

Les personnes âgées toujours les plus touchées

L’évolution du nombre de décès diffère toujours selon la tranche d’âge. Par rapport à 2019, elle est en baisse chez les moins de 25 ans (-12%) et quasiment stable dans la tranche 25-49 ans (-1%). Elle augmente ensuite avec l’avancée en âge :

  • +5% chez les 50-64 ans ;
  • +13% chez les 65-74 ans ;
  • +16% chez les 75-84 ans ;
  • +18% au-delà.

Tous âges confondus, le nombre de décès augmente chez les femmes (+13%) comme chez les hommes (+16%), ces derniers étant davantage touchés à partir de 50 ans.