Outre-mer : mieux développer leurs relations avec les États voisins

Les relations des territoires ultramarins avec les États voisins souffrent d’une inégale coopération et intégration régionale (plus aboutie dans le Pacifique, plus embryonnaire dans la Caraïbe). Face à ce constat, un récent rapport parlementaire propose d'améliorer leur intégration tout en rénovant le cadre institutionnel de coopération.

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Mairie de Terre de Haut située dans l’archipel des Saintes au Sud de la Guadeloupe (97).
Afin de lever les obstacles à la coopération régionale, le rapport propose notamment de promouvoir la francophonie dans les pays voisins et de renforcer l'apprentissage de l'anglais dans les outre-mer. © napa74 - stock.adobe.com

Le Livre bleu sur l'Outre-mer a défini une stratégie pour améliorer et intensifier les relations entre les collectivités ultramarines et les États voisins. Toutefois, en date de novembre 2020, le rapport parlementaire sur l'environnement international des départements et collectivités d'outre-mer regrette que la stratégie du gouvernement en matière de coopération ne soit pas suffisamment définie.

Selon le rapport, permettre l’intégration régionale de ces territoires d’outre-mer doit être utilisée aussi comme un levier d’influence pour la diplomatie française et le rayonnement de l'Union européenne (UE) à la fois sur les océans Atlantique, Indien et Pacifique. Par exemple, le développement d’une stratégie dans la Caraïbe semble nécessaire tout comme la volonté de faire de la Guyane un atout stratégique pour la France en Amérique latine. 

Améliorer l'intégration régionale

Dans l'optique de lever les obstacles à la coopération régionale, le rapport propose notamment de : 

  • promouvoir la francophonie dans les pays voisins et  renforcer l'apprentissage de l'anglais dans les outre-mer ;
  • lever les obligations de visas sur certains territoires ;
  • développer les infrastructures portuaires, aéroportuaires, terrestres et numériques pour désenclaver les territoires insulaires et favoriser la connectivité ;
  • s'appuyer sur le tourisme comme levier d'attractivité ;
  • favoriser la mobilité étudiante ;
  • renforcer la gestion de crise à l'échelle régionale, principalement dans le domaine du secours maritime et de la protection des populations civiles lors de catastrophes naturelles.

L'objectif final est de tisser des liens étroits avec les États voisins afin de favoriser le développement des collectivités françaises d'outre-mer.

Rénover le cadre institutionnel de la coopération régionale

Les propositions du rapport visent aussi à renforcer l’efficacité de l’action de l’État. L’organisation administrative de ces territoires reste encore à développer afin de mettre en œuvre la stratégie de coopération régionale voulue. Pour améliorer la coordination des acteurs français de la coopération régionale, le rapport appelle à :

  • privilégier les Conférences de coopération régionale (CCR) qui permettent la définition d’orientations et d’actions communes et l’échange d’informations ;
  • généraliser le poste de conseiller diplomatique auprès de tous les préfets en outre-mer ;
  • affecter des agents dans les ambassades de France des pays voisins.

À l’échelle européenne, les difficultés d’ordre diplomatique posent des difficultés de programmations des crédits alloués sur la période 2014-2020 pour l’outre-mer en comparaison aux autres échelles géographiques. Le rapport propose de refondre les instruments européens afin de faciliter la mobilisation des crédits, renforcer la qualité des projets financés et donner plus de visibilité à l’action de l’UE sur ces territoires.