Souveraineté numérique : Gaïa-X, le futur cloud européen bientôt lancé ?

L’initiative franco-allemande devenue le projet Gaïa-X a été présentée en octobre 2019. Un an plus tard, cette initiative est devenue un projet de cloud européen avec pour objectif d'assurer une meilleure souveraineté numérique à l'Europe. Un récent sommet européen permet de faire le point sur l'avancée de ce projet.

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L'Europe et le cloud... Ordinateur, drapeau européen...
Le projet compte "plus de 175 membres, fournisseurs de solutions et usagers", a indiqué le ministre de l’économie français lors du sommet européen. © denizbayram - stock.adobe.com

Face à la concurrence américaine et chinoise dans le domaine du "cloud", l’Union européenne (UE) veut se lancer dans la course avec le projet du cloud européen Gaïa-X. Lors du sommet européen du 18-19 novembre 2020, un projet se dessine progressivement avec 180 entreprises ayant rejoint l’initiative lancée initialement par 22 entreprises franco-allemandes.

Encadrer les échanges de données, favoriser l’adoption de cette technologie et promouvoir l’économie de la donnée en Europe, estimée à 400 milliards d’euros en 2019. Pour y parvenir, ce projet européen prévoit la création d’une infrastructure de données fiables pour tous les Européens. Les premiers services de ce projet seront mis en place dès 2021 afin de protéger les données des entreprises européennes.

Gaïa-X : une initiative franco-allemande devenue un projet européen

Des hubs nationaux vont être mis en place non seulement en France et en Allemagne mais également en Suède, Luxembourg, Italie, Belgique, Pays-Bas, Slovénie et Finlande.

Le ministre français de l'économie a insisté sur le fait que le projet n’était pas seulement une collaboration entre la France et l’Allemagne mais un projet européen. Il incite les États de l’Union à poursuivre la coopération et invite les autres pays de l'UE à s’associer au projet pour protéger la souveraineté des données de leurs entreprises.

Son homologue allemand a précisé que le projet Gaïa-X "n'a pas l'ambition de résoudre tous les problèmes mais de fédérer les forces européennes". Ainsi, il faudra s’appuyer sur les infrastructures existantes pour développer le projet.

Le hub français est mené par le CIGREF (Club informatique des grandes entreprises françaises), une association à but non lucratif composée d’un réseau de grandes entreprises et administrations publiques françaises. Elle regroupe aujourd’hui plus de 150 grandes entreprises et organismes français de tous les secteurs d'activité. Celles-ci vont travailler pour structurer les espaces de données dans leur secteur d’activité (finance, énergie, industrie, mobilité, santé et éducation).

Comment s'organise le projet ?

Nombreuses sont les entreprises françaises et allemandes qui mènent le projet en tant que membres fondateurs (Siemens, Bosch, Orange, ou encore Safran).

À ce jour, le projet compte "plus de 175 membres, fournisseurs de solutions et usagers, réunies", a indiqué le ministre français de l’économie lors du sommet européen.

Pour le lancement, un binôme composé par l’hébergeur français OVHcloud et la société appartenant à Deutsche Telekom T-Systems collabore pour créer une plateforme qui sera la base du lancement des futurs prototypes.

Ce projet contraint les entreprises adhérentes à respecter néanmoins dès à présent certaines règles :

  • déclarer le lieu et l'utilisation des données dont elles disposent ; 
  • faciliter les échanges entre un service de "cloud" à un autre ; 
  • permettre l’interopérabilité entre les services, protéger et garantir la souveraineté des données.