Sécheresse et canicules 2019 : quelles leçons en tirer ?

L'année 2019 a été marquée par une sécheresse prolongée et deux épisodes caniculaires fin juin et fin juillet 2019. Retour sur l'impact de ces phénomènes climatiques à la fois sur le réseau routier et ferroviaire, la production d'électricité, les milieux naturels... Une analyse à mettre en perspective également avec la gestion de l'eau.

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Thermomètre pris en gros plan pour montrer la hausse des températures lors d'une canicule.
Des mesures de limitation ou de suspension des usages de l’eau sont prises par arrêtés préfectoraux. Mais ces décisions n’ont pas permis d’estimation des volumes épargnés. © pict rider - stock.adobe.com

Deux épisodes caniculaires du 25 au 30 juin 2019 et du 21 au 26 juillet 2019 mais aussi une longue vague de sécheresse durant cette même année affectant 85% du territoire. Le rapport sur la sécheresse associée aux canicules de l’été 2019, sous forme de retour d’expérience, a été publié en avril 2020. Il a été rédigé par le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER).

Quels impacts sectoriels ?

Installations aéroportuaires ou portuaires, réseau routier national (et ouvrages d’art, à la conception généralement robuste) n’ont que peu été affectés. Mais des incendies ont conduit à des coupures de routes et d’autoroutes.

Le secteur ferroviaire a connu trois types d’incidents :

  • défaut d’installations de traction électrique ;
  • incendies ;
  • pannes de matériels.

La SNCF a anticipé les risques dès mars 2019 : les problèmes de dilatation des rails ont été parmi les moins prononcés d’Europe. Mais retards, annulations et pannes de climatisation ont été nombreux, du fait du lourd impact sur le réseau et les matériels.

De son côté, la RATP a assuré pour l’essentiel la régularité du service. Cependant, des températures très élevées ont entravé la circulation des bus.

Peu d’incidents sur la stabilité du réseau de distribution de l’eau (potable et usée) ont été constatés. Toutefois, en raison d’un déficit pluriannuel de précipitations, 84 départements ont connu des arrêtés préfectoraux limitant certains usages (agriculture, industrie, particuliers).

Pour la production d’électricité, la canicule a dégradé la disponibilité du parc nucléaire déjà réduite en été. Néanmoins, ces épisodes caniculaires n'ont pas entraîné de difficultés à assurer l'équilibre offre/demande.

Quant aux milieux aquatiques, ils ont été perturbés par la sécheresse tout comme les milieux forestiers qui ont aussi subi les effets des feux de forêts (les surfaces brûlées atteignant une superficie multipliée par trois depuis 1995).

Pointant des insuffisances, le rapport propose un certain nombre de pistes d’améliorations avec notamment :

  • un tableau de bord de suivi des effets d’un épisode caniculaire  d’une quinzaine d’indicateurs ;
  • un document unique concernant la construction sur les sols argileux ;
  • la recherche d’enrobés et de bitumes résistant aux fortes chaleurs ;
  • le contrôle et la limitation de la climatisation.

Une gestion de l'eau à améliorer

Pour sa part, un rapport du CGEDD de décembre 2019 sur la gestion de la sécheresse 2019 dans le domaine de l'eau souligne l'efficacité des services déconcentrés de l’État au niveau départemental qui ont pris des mesures de limitation ou de suspension des usages de l’eau par arrêtés. Mais, en dépit d’outils performants, ces décisions n’ont pas permis d’estimer les volumes épargnés. Les actions menées durant la canicule ont suscité ainsi des critiques :

  • absence de coordination interdépartementale sur les bassins versants ;
  • répartition de la pénurie entre exploitants agricoles ;
  • peu de sanctions prises.

Ainsi, une meilleure connaissance mensuelle des volumes prélevés par les agriculteurs, les particuliers, et les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) s’impose. Or, les limites d’un dispositif devant en principe être mobilisé une année sur cinq, mais qui l’est désormais chaque année, sont questionnées.

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