Covid-19 : quel impact sur la productivité des entreprises ?

La crise sanitaire a touché de manière différenciée les secteurs économiques et les entreprises. Quelles mesures devront être prises pour poursuivre le soutien aux entreprises tout en favorisant la croissance, la productivité et la compétitivité ?

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Fermetures de magasins avec rideaux fermés dans une rue d'un centre-ville.
Les secteurs à forte interactions sociales ont été les secteurs les plus touchés. © Stephen Davies - stock.adobe.com

Selon certaines approches économiques, les périodes de récession accentuent la disparition des entreprises les plus faibles et contribuent ainsi à l’accroissement de la productivité et de la croissance, au renouvellement du tissus productif, à l’arrivée de nouveaux entrants. Ce processus dit de "destruction créative", s’applique néanmoins plus difficilement à la crise économique due à la pandémie de Covid-19. En effet, cette crise sanitaire a provoqué la récession la plus profonde depuis la seconde guerre mondiale, impactant l’activité économique tant du côté de la demande que de celui de l’offre.

Dans un rapport sur les effets de la crise du Covid-19 sur la productivité et la compétitivité, le Conseil national de productivité (CNP) qui siège au sein de France Stratégie :

  • mesure les conséquences de cette crise sur l’activité des entreprises ;
  • analyse les stratégies à mettre en oeuvre au sortir de cette crise.

Pour l’année 2020, le PIB mondial se réduit de 4,2% (5,8% pour les pays développés, 9,1% pour la France, 7,5% pour la zone euro).

Des secteurs économiques touchés de façon inégale

Dans l’industrie, les secteurs pharmaceutiques, la chimie, l’agroalimentaire, ont retrouvé des activités proches de l’avant-crise, les secteurs des transports, de l’automobile, la métallurgie sont en-deçà. Dans les services marchands, la restauration, l’hébergement ont une activité très faible, tandis que les secteurs de l’information et de la communication croissent. Le secteur agricole a bien résisté.

Les secteurs à faible productivité du travail ou à forte interactions sociales ont été les secteurs les plus touchés. Plus de 50% des entreprises des secteurs de l’hébergement-restauration et l’industrie du matériel de transport considèrent que leurs effectifs sont trop importants au regard de leurs activités. Les PME sont particulièrement touchées par la crise, comme les PME du secteur culture et évènementiel.

Paradoxalement, les soutiens aux entreprises ont permis la diminution des faillites de 36% pour l’ensemble des entreprises et de 29% pour les PME par rapport à 2019. Les aides publiques (chômage partiel, fonds de solidarité, Prêt garanti par l’État…) ont fortement absorbé l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises.

Préparer la relance

Pour le CNP, la sortie de crise nécessite des actions fines et mesurées :

  • distinguer les entreprises viables de celles qui ne le sont pas, afin de réduire, pour les premières, leur endettement en facilitant la renégociation entre l’entreprise et ses créanciers ou en encourageant, par une forme de subvention, le créancier à accepter une réduction de créance (lorsque l’État est le créancier principal, ses créances pourraient devenir des actions, et un plan de retrait progressif de l’État actionnaire pourrait être envisagé) ;
  • mettre en place une information statistique sur les entreprises ainsi qu’un suivi fin et sectoriel de leurs dettes et types de dettes ;
  • mesurer les impacts sur la productivité et le bien-être des salariés des nouveaux modes d’organisation et des nouvelles technologies, particulièrement le télétravail, mis en place par les entreprises ;
  • poursuivre les réformes en matière de formations initiale et continue.

Par ailleurs, le Conseil regrette le manque de coordination des plans de relance pour réduire les déséquilibres au niveau de la zone euro.