Union européenne : vers la création d'une macro-région atlantique ?

Les régions atlantiques sont confrontées à une double crise liée à l'épidémie de Covid-19 et au Brexit dont les effets se font ressentir dans les domaines de la pêche, du tourisme, du commerce et des transports. Pour y faire face, le Comité européen des régions plaide pour la constitution d'une macro-région atlantique.

Temps de lecture  3 minutes

Parc éolien offshore.
La macro-région atlantique pourrait, dans toute une série de secteurs, créer de la valeur ajoutée comme dans celui des énergies marines par exemple. © chungking - stock.adobe.com

Dans un avis adopté à l’unanimité, lors de la session plénière des 17, 18 et 19 mars 2021, le Comité européen des régions s'est prononcé en faveur de la mise en place d'une nouvelle approche de la stratégie maritime pour la région atlantique. Elle devra comprendre des "mesures (…) spécifiquement conçues pour les régions côtières et maritimes de l’Atlantique" qui se situent en Irlande, en France, en Espagne et au Portugal.

C'est quoi une macro-région ?

Une macro-région est un espace transnational rassemblant plusieurs pays ou régions d'Europe réunis autour de problématiques communes et soutenu par l'Union européenne. Les macro-régions peuvent rassembler des pays membres de l'Union ainsi que des pays tiers.

L’Union européenne compte actuellement quatre stratégies macro-régionales, créées entre 2009 et 2015 :

  • la région de la mer Baltique ;
  • la région du Danube ;
  • la région Adriatique et Ionienne ;
  • la région Alpine.

Prendre en compte de nouveaux impératifs

Les membres du Comité des régions appellent à la création d’une macro-région atlantique dotée d’un cadre budgétaire adapté à la réalité et au potentiel du bassin atlantique.

Le plan d’action révisé pour l’Atlantique a été adopté par la Commission en juillet 2020. Limité à la coopération actuelle des villes et des régions aux questions maritimes et portuaires, ce plan devrait s'étendre aux problématiques environnementales (économie circulaire, mobilité durable, écosystèmes marins...).

Au-delà, le Comité évoque la nécessité de prendre en compte de nouveaux impératifs face à  : 

  • la détérioration de la situation socio-économique liée à la crise sanitaire du Covid-19 et son incidence sur l’emploi et la croissance bleue liée aux activités économiques maritimes ;
  • le retrait du Royaume-Uni de l’Union et la dimension qu’aura finalement la réserve d’ajustement au Brexit.

Se concentrer sur de nouveaux secteurs

La stratégie maritime atlantique adoptée par la Commission en 2011 a montré des "limites en termes de gouvernance", selon le Comité. "Pilotée jusqu’à ce jour par les États", cette stratégie serait également limitée en termes de financements "car elle n’a pas de budget dédié". La macro-région serait un "outil essentiel pour concourir pour les fonds du nouveau cadre financier pluriannuel de l’UE et pour développer des projets stratégiques communs dans l’économie bleue".

Si la macro-région atlantique voit le jour, elle devrait notamment se concentrer sur des "secteurs qui présentent une véritable capacité transnationale", tels que l’énergie maritime, la pêche, la protection de l’environnement, le changement climatique, les transports et la recherche scientifique et technologique.

Mais c’est également dans toute une série d’autres secteurs qu'elle pourrait créer de la valeur ajoutée comme celui des énergies marines. À une condition : "les régions doivent jouer un rôle actif dans la gouvernance de l’Atlantique".

Compte-tenu des répercussions du Brexit pour la façade atlantique, les régions atlantiques estiment que le moment est opportun pour proposer la création d'une macro-région atlantique. Ce dispositif pourrait jouer le rôle d’une plate-forme pour la coopération avec certaines entités territoriales du Royaume-Uni qui manifesteraient un intérêt à cet égard.