Suppression de l'ENA, création de l'ISP : vers une réforme de la formation des cadres de l'État

Lors d'une allocution prononcée à l'occasion de la convention managériale de l'État, le président de la République a présenté les grandes lignes d'une réforme de la formation des cadres de l'État. Avec la suppression de l'ENA, il s'agit de diversifier les profils qui entrent dans la haute fonction publique.

Dans son allocution du 8 avril 2021 à l'occasion de la convention managériale de l'État, le président de la République a rappelé les objectifs et les principes de la transformation publique engagée depuis 2017. Il a notamment mis l'accent sur le besoin de proximité et d'une nécessaire action publique proche des citoyens. Ce discours a été également l'occasion de présenter la réforme de la formation et du recrutement des cadres de la fonction publique.

Outre l'ouverture des postes de direction aux contractuels déjà prévue par la loi de transformation de la fonction publique, le chef de l'État souhaite diversifier les profils des cadres de la fonction publique.

Suppression de l'ENA et création de l'ISP

La réforme passe par la suppression de l'École nationale d'administration (ENA) et par la création de l'Institut du service public (ISP). L'ISP doit proposer un tronc commun aux 13 écoles actuelles de service public, y compris les élèves ingénieurs de l'École polytechnique. Le rapport Thiriez proposait un tronc commun à sept écoles de service public. L'ISP doit devenir l'institut de formation de l'ensemble des administrateurs de l'État. Il intègrera également les structures actuelles de formation continue.

Dans son discours, le président de la République a souhaité que l'institut soit ouvert au monde académique et qu'il construise des partenariats forts avec les universités. Il délivrera des diplômes reconnus à l'échelle européenne et internationale.

Les critères de sélection à l'entrée de l'institut seront plus ouverts afin d'assurer un recrutement plus diversifié socialement.

Un nouveau cursus pour accéder aux grands corps de l'État

La mission Thiriez était favorable à la suppression de la "botte" qui permet aux meilleurs dans le classement de sortie de choisir les grands corps (Conseil d'État, Cour des Comptes, Inspection générale des finances). Dans son discours, le président de la République regrette "le déterminisme du classement de sortie" qui "scelle des destins à 25 ans".

Pour corriger ce "déterminisme", les élèves seront d'abord tous affectés sur des fonctions opérationnelles, préfectorales, dans les administration déconcentrées (actuellement seulement 10% des élèves qui sortent de l'ENA sont affectés en services déconcentrés), ou sur les réformes prioritaires du Gouvernement.

Pour intégrer les grands corps de l'État, il faudra s'être distingué par des résultats concrets, c'est-à-dire après plusieurs années d'expérience comme administrateur d'État et après un processus de sélection méritocratique.

Le Premier ministre doit présenter le détail de cette réforme dans les prochains jours.