Langue française : 217 nouveaux termes en 2020

Mobicompte, cycloparc, piège à clics, divulgâcher, fresque vidéo, audio à la demande, réathlisation, démocrature... 217 nouveaux termes et leurs définitions ont été publiés au Journal officiel en 2020. Ils concernent notamment les domaines du transport, du numérique, de la santé ou encore de la culture. Mais comment sont-ils choisis ?

Dictionnaire français : définition de la langue française.
Un réseau d'experts répartis en 19 groupes couvrant 14 ministères effectue une veille terminologique dans différents domaines. ©  Sylvie Bouchard - stock.adobe.com

La Commission d'enrichissement de la langue française a publié son rapport annuel sur les nouveaux termes de la langue française le 26 août 2021. Ce dispositif interministériel est l'un des outils qui visent à garantir l'emploi du français notamment dans la vie économique, les travaux scientifiques et les activités techniques et juridiques (article  1er du décret n° 96-602 du 3 juillet 1996).

Méthodes et travaux

Un réseau d'experts répartis en 19 groupes couvrant 14 ministères effectue une veille terminologique dans différents domaines. Les termes sont proposés à la Commission d'enrichissement de la langue française, qui les retient selon différents critères de pertinence, de clarté et de respect de la langue.

La Commission d'enrichissement veille à donner des définitions claires et compréhensibles pour un large public.

Ces propositions sont transmises à l'Académie française, qui rend des avis assortis d'observations. Les groupes d'experts concernés et la Commission d'examen peuvent formuler des remarques ou des contre-propositions. Enfin, le ministre intéressé doit valider un terme pour qu'il soit publié au Journal officiel.

En 2020, la pandémie de Covid-19 est à l'origine d'un "déferlement" de termes scientifiques et techniques auparavant connus des spécialistes seuls (médecins, biologistes, épidémiologistes). Quatre grands thèmes ont mobilisé le dispositif d'enrichissement en 2020 :

  • l'avenir de la planète (alluvionnement, permaculture, gyroroue…) ;
  • le numérique (badgeothèque, criminalistique numérique…) ;
  • l'usage du numérique à des fins malveillantes (harponnage, haineurs, contrefaçon d'opinion…) ;
  • la pandémie (multimorbidité, traçage…).

De nombreux néologismes ont été recommandés afin de remplacer des termes anglais :

  • chimie bioorthogonale (bioorthogonal chemistry) ;
  • mégacollecte (crowdsensing) ;
  • vidéotox (synonyme de infox vidéo, deep fake) ;
  • ludopublicité (advergaming) ;
  • romance urbaine (chick lit[erature]) ;
  • millénial (millennial)…

Diffusion et usage

L'étape finale des travaux de la Commission est la publication au Journal officiel. Les listes de termes sont insérées dans la rubrique "Avis et communications" en deux parties :

  • les termes et les définitions ;
  • un index à double entrée (terme étranger - équivalent  français / terme français - équivalent étranger).

 

Le Bulletin officiel de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et le Bulletin officiel de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation reprennent ensuite la publication à l'identique afin d'en assurer la plus large diffusion.

L'intégralité des nouveaux termes est enfin disponible sur le site FranceTerme, géré par le ministère de la culture. Fin 2020, la base terminologique du site était riche de 8 539 notions. Le site offre au public la possibilité de proposer des termes avec la rubrique Boîte à idées.

Ces publications entraînent pour les services de l'État l'obligation d'employer les termes recommandés par la Commission en lieu et place de leurs équivalents étrangers.

L'Organisation internationale de la francophonie relaie également ces listes, entre autres sur les réseaux sociaux.

Pour aller plus loin…

L'un des partenaires du dispositif d'enrichissement de la langue française est l'Office québécois de la langue française (OQLF). Le site de cette institution publique québécoise propose de nombreux outils, dont le grand dictionnaire terminologique (GDT).