Insécurité : les chiffres de la délinquance en 2021

Un premier état des lieux chiffré de la délinquance enregistrée en France en 2021 fait apparaître la poursuite d'une tendance à la hausse d'avant la crise sanitaire. Un bilan plus complet, dressé par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), sera publié en juin 2022.

Hôtel de police.
Les indicateurs de la délinquance enregistrée qui étaient en légère hausse sur l'année 2020 malgré la crise sanitaire liée au Covid-19 poursuivent en 2021 une tendance à la hausse. © ShkYo30 - stock.adobe.com

Publiés le 27 janvier 2022, les résultats sur l'insécurité et la délinquance en 2021 concernent, pour la première fois, la France métropolitaine et les départements et régions d'Outre-mer. Ce bilan comporte aussi des informations sur les infractions à la législation sur les stupéfiants (usage et trafic).

Les données relatives à la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales sont systématiquement complétées par des résultats de l'enquête de victimation "Cadre de vie et sécurité" (CVS) réalisée depuis 2007 notamment par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

 

Évolutions de la délinquance en 2021

Selon cette première photographie sur l'insécurité et la délinquance en 2021, les chiffres sont en hausse sur : 

  • les violences sexuelles enregistrées par les services de police et gendarmerie. Elles ont augmenté de 33% en 2021, en particulier en raison d'une hausse des déclarations pour des faits anciens ; 
  • les escroqueries (+15%, après +1% en 2020 et +11% en 2019) ;
  • le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants avec une augmentation de 13% et de 38% pour usage du fait notamment de la mise en place d'une amende forfaitaire ;
  • les atteintes aux personnes. Elles sont aussi en progression et retrouvent cette tendance haussière d'avant la crise sanitaire. Le nombre de victimes de coups et blessures volontaires (sur personnes de 15 ans ou plus) enregistrées augmente en 2021 (+12%, après +1% en 2020 et +8% en 2019) : +14% pour les victimes de violences intrafamiliales et +9% pour les victimes d autres coups et blessures volontaires.

En revanche, les chiffres sont stables ou en baisse sur : 

  • les atteintes aux biens, après une année 2020 de fort recul dans un contexte de pandémie. Elles sont reparties légèrement à la hausse, à l'instar des vols sans violence contre des personnes (+5%, après -24% en 2020) ainsi que les vols d'accessoires sur véhicules (+4% après -18% en 2020) ; 
  • les cambriolages de logements et les vols de véhicules qui sont restés stables (après respectivement -20% et -13% en 2020) ;
  • les vols violents sans armes (-6%).

 

Baisse significative des atteintes aux biens entre 2017 et 2021

Dans son communiqué de presse publié le 27 janvier 2022, le ministre relève également : 

  • une baisse "historique" des atteintes aux biens entre 2017 et 2021 (-25% de cambriolages, -21% de vols de véhicules, -17% de vols avec arme, -31% de vols violents sans arme, -14% de destructions et dégradations) ; 
  • une hausse des atteintes aux personnes due à la hausse, depuis le début du quinquennat, du nombre de victimes déclarées de violences intrafamiliales (+57%) et de violences sexuelles (+82%). D'après le ministre de l'intérieur, "ces tendances s’inscrivent dans le contexte de la libération de la parole et de la meilleure prise en considération de ce sujet par les forces de l’ordre" ; 
  • une augmentation des escroqueries de 30% depuis 2017 (en raison notamment de la cyberdélinquance) ;
  • un nombre d'homicides stable sur le long terme (1 026 en 2021, 1 031 en 2008).