Cinéma, audiovisuel, vidéo et jeu vidéo : une année 2021 contrastée

Fermeture des salles (138 jours en 2021 contre 162 jours en 2020), jauge, couvre-feu, passe sanitaire : la crise liée à l’épidémie de Covid-19 a lourdement pesé sur la fréquentation des salles de cinéma qui peinent à retrouver un niveau d’avant-crise. Toutefois, d'autres branches de l’audiovisuel et du multimédia s’en sortent mieux.

Salle de cinéma quasiment vide pendant la crise sanitaire.
En 2021, les cinémas ont enregistré 95,5 millions d’entrées payantes en France métropolitaine (46,3% de plus qu’en 2020) © Андрей Журавлев - stock.adobe.com

En 2021, 10 films français ont enregistré plus d'un million d'entrées. Le premier film français est Kaamelott Volet 1 avec 2,66 millions d'entrées devant Bac Nord et Les Tuche 4. Dans le même temps, 13 films américains ont réalisé plus d'un million d'entrées avec, en première position, Spider-Man : no way home (4,58 millions d'entrées).

Ces chiffres sont issus du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) qui a publié, le 17 mai 2022, le Bilan 2021 sur les secteurs aidés (cinéma, audiovisuel, vidéo, jeu vidéo...).

Des aides publiques inédites

Le CNC soutient le cinéma, l’audiovisuel et le multimédia grâce à un fonds qu’il gère. En 2021, il a dépensé pour cela 614,7 millions d’euros.

La crise sanitaire a nécessité des dispositifs spécifiques d’urgence pour sauvegarder et relancer le cinéma et l’audiovisuel. De 2020 à 2022, l’État a alloué au CNC une dotation sans précédent de 431,5 millions d’euros. Au total, le soutien du CNC s’est élevé à 799,4 millions d’euros en 2021. Ces mesures ont permis à la filière de résister mais certaines branches ont particulièrement souffert de la crise.

Cinéma : une fréquentation en berne

En 2021, les cinémas ont enregistré 95,5 millions d’entrées payantes en France métropolitaine (46,3% de plus qu’en 2020), dont :

  • 40,3 millions pour les films américains qui représentent 43% du marché (contre 47,8% en moyenne ces dix dernières années) ;
  • 38 millions pour les films français. Leur part de marché recule (de 45% en 2020 à 40,6% en 2021) ;
  • 15,4 millions pour les autres films, soit 16,4% de part de marché. Celle du cinéma européen non français explose (14%), notamment grâce au film britannique Mourir peut attendre, deuxième au classement de l’année.

La recette aux guichets atteint 672,4 millions d’euros (+55,4%) mais reste très inférieure à celle de 2019 (1 448,7 millions d’euros). En 2021, les salles ont diffusé 455 films en première exclusivité, le plus bas niveau depuis 1998 (452 films) derrière 2020 (365).

En 202132,7 millions d’individus de trois ans et plus (51,4% de la population) sont allés au moins une fois au cinéma. Chaque spectateur s’y est rendu 2,9 fois en moyenne, bien moins que les années précédentes.

La crise sanitaire a suspendu les tournages. Ils ont repris après trois mois d’arrêt grâce au fonds assurantiel. En 2021, 340 films ont été agréés (103 de plus qu’en 2020), un nombre record qui correspond au rattrapage des projets non tournés en 2020.

Mais d'autres secteurs progressent

Le jeu vidéo génère un chiffre d’affaires de 5,65 milliards d’euros en 2021 (+1,6%, après une forte croissance en 2020).

Quant au marché de la vidéo, il comprend la vidéo physique (DVD, Blu-ray) et la vidéo à la demande (VàD). Continuant de croître, il s’élève à 1,99 milliard d’euros (+7,3%) dont :

  • 1,75 milliard pour la VàD (+11,9%) qui capte 87,7% de parts de marché. La VàD par abonnement a eu beaucoup de succès lors des confinements. Netflix est la première plateforme de VàD en France et Lupin est la série française la plus regardée sur les plateformes.

La durée d’écoute de la télévision qui a battu un record en 2020 retrouve son niveau d’avant-crise (3 heures 41 par jour).