Violences physiques : les femmes premières victimes

Dans un contexte de libération de la parole et de mobilisation contre les violences faites aux femmes, le ministère de l'intérieur publie une étude sur les violences subies dans l'enfance et celles ayant lieu dans et en dehors du couple. L'ouvrage comprend des statistiques mais aussi une analyse du vécu des victimes.

Une enfant inquiète observe ses parents en pleine dispute.
© Motortion - stock.adobe.com

Financée dans le cadre d’un appel à projets européen, l'enquête Genese 2021 est produite par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Elle porte sur un très large échantillon de femmes et d’hommes habitant en France métropolitaine en 2021.

Les données proviennent des procédures enregistrées par la police et la gendarmerie ainsi qu’à partir de l’enquête de victimation "Cadre de vie et sécurité (CVS)". Par ailleurs, en 2018, le service a rejoint Eurostat pour une enquête sur les violences liées au genre (Gender-based violence survey).

L'ouvrage analyse les violences psychologiques, physiques ou sexuelles mais aussi des éléments sur les caractéristiques des victimes et des auteurs. Il apporte plus particulièrement des éclairages sur les comportements à caractère sexiste ou sexuel au travail.

Les femmes, premières victimes des violences physiques et sexuelles

La part des femmes dans l'ensemble des violences subies est "bien supérieures à celles des hommes", constate l'étude. Les femmes sont plus touchées par des violences psychologiques, sexuelles ou physiques dans la sphère intrafamiliale, en particulier conjugale, précise le document. Dans ce cadre, elles sont surexposées à :

  • "des faits répétés et sur des durées plus longues" ;
  • des violences "potentiellement les plus graves".

Concernant les violences par partenaire, au sein de la population de 18 à 74 ans :

  • plus d’une femme sur quatre (contre un homme sur cinq) déclarent avoir subi au moins une fois des violences psychologiques (contrôle, dénigrement ou intimidations) ;
  • une femme sur six (contre un homme sur dix-huit) déclare avoir été victime de violences physiques ou sexuelles au moins une fois (coups, bousculades, étranglements, viols, tentatives de viol).

À l'origine de ces comportements violents : des hommes, en très grande majorité.

Parmi les victimes de violences physiques ou sexuelles, une minorité s'est adressée aux services médico-sociaux (27% des femmes victimes et 10% des hommes victimes), associatifs (14% et 7%) ou aux services de sécurité (25% et 9%).

Des violences avant 15 ans

Plus d’une femme sur cinq et près d’un homme sur six, âgés de 18 à 74 ans, ont subi une violence psychologique, physique ou sexuelle au sein de leur famille avant leur 15 ans.

Les femmes sont surexposées à ces violences, en particulier sexuelles (6% contre 2% pour les hommes). Ces violences intrafamiliales commencent très souvent à de jeunes âges et se caractérisent par leur durée et leur répétition.

Elles sont le plus souvent exercées par le père, sauf pour les faits d'ordre sexuel dont l'auteur est le plus souvent un autre membre de la famille (grand-parent, oncle, cousin par exemple).