Élections présidentielle et législatives de 2022 : de moins en moins de Français aux urnes

16,3% des électeurs inscrits n’ont voté à aucun tour des scrutins de 2022 (abstention systématique). À l’inverse, 36,4% ont participé à tous les tours de la présidentielle et des législatives (votants systématiques) et 47,3% ont voté par intermittence (au moins une fois mais pas à tous les tours) selon les derniers chiffres de l'Insee.

Salle déserte avec isoloirs. Mairie de Paris, le 13 mars 2020.
© Christophe Archambault/AFP

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, en novembre 2022, une étude sur la participation aux deux élections nationales de 2022. Elle met en lumière un recul du vote systématique et dévoile les caractéristiques des abstentionnistes systématiques, des votants intermittents et des votants systématiques.

Un comportement différent en fonction des âges

Les jeunes s’abstiennent davantage. En 2022, l'abstention systématique concerne 24% des 18-34 ans et même 32% des 25-34 ans, résidant plus souvent dans une commune différente de celle de leur inscription. Cette abstention baisse entre 30 et 49 ans puis se stabilise entre 50 et 69 ans autour de 9%. Elle progresse ensuite avec l’âge jusqu’à 55,6% chez les 90 ans ou plus.

Le vote systématique augmente avec l’âge jusque vers 80 ans. Majoritaire chez les 70-79 ans, il décroît par la suite.

Inversement, le vote intermittent diminue avec l’âge : 60% des 18-24 ans le pratiquent, contre 23,5% des 90 ans ou plus.

Par ailleurs, les électeurs se sont mobilisés davantage pour l’élection présidentielle :

  • 74% des moins de 30 ans ont voté au moins une fois à la présidentielle contre 35% aux législatives ;
  • 79,9% des 80-84 ans ont voté au moins une fois à la présidentielle contre 68,5% aux législatives.

La participation croît avec le niveau de vie et de diplôme

La participation est plus élevée parmi :

  • les diplômés. Chez les inscrits d’au moins 25 ans, seuls 9,6% des titulaires d’un diplôme du supérieur n’ont voté à aucun des tours (contre 30,1% des non-diplômés) ; chez les diplômés de niveau bac+5 ou plus, 48% votent systématiquement et 44% par intermittence ;
  • les plus aisés. Parmi les 25% d’inscrits les plus modestes, 30% ont voté à tous les tours ; c’est le cas de 47,7% des plus aisés. Les ouvriers non qualifiés ont été plus nombreux que les cadres à s’abstenir systématiquement (23,6% contre 7,4%) ;
  • les personnes vivant en couple.

Des disparités territoriales

L’abstention systématique est particulièrement forte dans :

  • les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). 29% de leurs habitants se sont abstenus aux deux scrutins nationaux (contre 16% des inscrits qui n’y résident pas). Leurs résidents sont en général jeunes, peu diplômés et ont un faible niveau de vie, des caractéristiques associées à une moindre participation électorale ;
  • les départements d’outre-mer (DOM) où l'abstention atteint 37,1% en Martinique, 34,2% en Guadeloupe et près de 29,6% à La Réunion, soit le double de la moyenne nationale. Dans ces départements, la plupart des inscrits ont peu de diplômes et un faible niveau de vie. En métropole, les Hauts-de-France et la Normandie enregistrent la plus forte abstention systématique (environ 18%).

Le vote par intermittence a touché davantage la Corse (53,1%) et les DOM (environ 50%). Le vote systématique, quant à lui, est plus répandu :

  • en Nouvelle-Aquitaine (42,2%) ;
  • en Bretagne (38,9%) et dans les Pays de la Loire (38,5%) ;
  • en Occitanie (38%) et Bourgogne-Franche-Comté (37,5%).