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Sexisme en France : quelles pistes pour mieux lutter contre la menace masculiniste ?

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Dans son rapport annuel consacré à l'état du sexisme, publié le 21 janvier 2026, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) s'inquiète de la menace masculiniste en France. Le Haut Conseil propose plusieurs pistes pour lutter contre une idéologie haineuse vis-à-vis des femmes qui imprègne peu à peu la société.

"Certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives" s'inquiète le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dans son rapport annuel consacré à l'état du sexisme, publié le 21 janvier 2026. 

Le Haut Conseil distingue différentes formes de sexisme et analyse plus particulièrement les masculinismes à partir d'une enquête Toluna Harris Interactive réalisée auprès de 3 061 personnes âgées de 15 ans et plus. 

 

En 2025, le HCE pointait une "polarisation" croissante autour de l'égalité entre les femmes et les hommes. "Les femmes sont plus féministes, et les hommes plus masculinistes, surtout les jeunes", constatait alors le rapport.

Sexisme paternaliste et sexisme hostile : des chiffres inquiétants

Le rapport du HCE distingue le sexisme dit "paternaliste" et le sexisme "hostile".

Le sexisme "paternaliste" (faussement bienveillant) s’appuie sur une vision patriarcale qui entérine la domination masculine, mais est plutôt bien accepté au sein de la société. Par exemple, l'idée que les femmes doivent être "protégées et aimées" par les hommes est partagée par 75% des personnes interrogées (hommes et femmes). 62% estiment que les femmes sont "naturellement plus douces". 7,5 millions d'hommes approuvent cette vision des rapports entre les femmes et les hommes mais les femmes sont aussi 5 millions à y adhérer ce qui représente en tout près d'un quart des individus de 15 ans et plus.

Pour sa part, le sexisme "hostile" est violent et peut montrer des attitudes agressives ou dévalorisantes envers les femmes. Il est minoritaire mais "socialement prégnant" : 17% des 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme "hostile". Il s'agit en majorité d'hommes (23%), toutefois, souligne l'étude, la part de femmes favorables à ces idées n'est pas négligeable (12%). Certaines contraintes, comme la précarité, conduisent les femmes à accepter ce paternalisme perçu comme valorisant.

Le HCE note par ailleurs "une forte corrélation entre l'adhésion au sexisme hostile et certaines appartenances idéologiques ou religieuses".

Le masculinisme, une menace pour la cohésion sociale et les principes démocratiques

84% des femmes ont été victimes de cybersexisme, "discours de haine en ligne", souligne le rapport. Le sexisme est amplifié par les réseaux sociaux, qui permettent de diffuser massivement ces idées et de "recruter" de nouveaux adeptes.

Le masculinisme est "un élément central d’un mouvement réactionnaire international, porté aujourd’hui par les États-Unis et représente une menace pour l’égalité et la justice sociale", prévient le Haut Conseil. "Système idéologique structuré" doté de relais politiques, économiques, financiers et culturels, il touche les jeunes et les adultes "par un bombardement massif de contenus, rendu possible par la puissance des plateformes numériques".

Banalisation de la violence, passage à l'acte... le masculinisme représente une "menace réelle pour la cohésion sociale, la sécurité publique et les principes démocratiques", alerte le HCE.

Face à ce constat, le HCE recommande notamment de :

  • rendre les séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle obligatoires ;
  • renforcer les contrôles de l’Arcom (régulateur de l'audiovisuel) et de Pharos (plateforme de signalement de contenus illégaux sur internet) et créer une catégorie "masculinisme" dans les signalements ;
  • rendre transparents les algorithmes pour que les internautes puissent contrôler leur expérience en ligne ;
  • intégrer le "terrorisme misogyne" dans les doctrines de sécurité.