Dans son avis publié le 13 janvier 2026 sur les effets de l'usage des réseaux sociaux numériques par rapport à la santé des adolescents, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) s'est intéressée à la conception des réseaux sociaux numériques et au modèle économique des plateformes qui les hébergent. Dans la mesure où ce modèle repose sur une maximisation du temps passé sur les écrans, l'Anses pointe les effets physiologiques et psychologiques sur un public adolescent particulièrement captif, les filles étant plus particulièrement exposées sur les réseaux que les garçons.
Troubles physiologiques et psychologiques
Les effets d'une forte fréquentation des réseaux sociaux numériques sont d'autant plus prononcés chez les adolescents que les contenus répondent à leurs aspirations (demande d'interactions sociales, recherche de sensations, envie de prise de risques...).
Les experts pointent les perturbations physiologiques liées à un temps d'écran important : plus grande sédentarité, troubles du sommeil, forte exposition à une lumière bleue dangereuse pour leurs yeux...
Ils soulignent également certains effets psychologiques des contenus des réseaux sociaux pouvant conduire à des atteintes physiques :
- dégradation de l'estime de soi par effet de comparaison sociale ou de l'intériorisation des idéaux corporels pouvant conduire à des troubles alimentaires ;
- incitation à des comportements à risque par défis (consommation d'alcool, de tabac, cannabis...) ;
- exposition aux cyberviolences et au cyberharcèlement ;
- systèmes algorithmiques pouvant conduire à un encouragement à des comportements autodestructeurs (mutilations, idées suicidaires).
Les filles sont plus impactées que les garçons pour tous les effets sanitaires étudiés observe l'Anses. Elles utilisent en effet davantage les réseaux sociaux et y sont plus sensibles. Elles subissent plus de pression sociale et sont plus exposées au cyberharcèlement.
Quelles pistes pour mieux protéger la santé des adolescents ?
En réponse à ces risques particulièrement plus élevés chez les adolescents, l'Anses formule une série de préconisations parmi lesquelles :
- une mise en œuvre effective du règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act) assortie de moyens humains et financiers ;
- un accès pour les mineurs limité aux réseaux sociaux ayant encadré la conception de leurs services pour la protection des adolescents ;
- la promotion de politiques publiques encourageant la prévention de la santé mentale, l'hygiène du sommeil, la lutte contre la sédentarité ;
- la prise en compte des risques inhérents à l'intelligence artificielle pouvant amplifier ceux déjà identifiés pour les réseaux sociaux numériques ;
- la mise en place de politiques en faveur de l'éducation au numérique pour lutter contre la désinformation.