Selon un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) remis le 12 décembre 2025, "dans la majorité de la population générale, les risques liés à la cigarette électronique sont perçus comme équivalents ou plus graves que ceux liés au tabac fumé".
Une "perception" que l'Anses conteste : "au regard des connaissances actuelles, il apparaît que, bien que la cigarette électronique entraîne moins d'effets nocifs que la fumée de tabac, son usage n'est pas dépourvu de risques, ceux-ci demeurant toutefois inférieurs à ceux associés au tabagisme".
Vapotage et tabagisme, un lien toujours étroit
En 2024, 25% des adultes âgés de 18 à 75 ans déclarent fumer et 18,2% fument quotidiennement : le niveau de tabagisme quotidien le plus faible enregistré depuis la fin des années 1990. Quant à la cigarette électronique, son usage quotidien concerne 6,1% des adultes (8,3% des 18-75 ans déclarent vapoter).
98% des vapoteurs adultes sont fumeurs ou anciens fumeurs.
61% des vapoteurs se déclarent "vapofumeurs", c’est-à-dire, consomment toujours du tabac à fumer, dans un usage dual.
Que sait-on aujourd'hui des effets possibles de la vape sur la santé ?
L’étude de l’Anses associe deux démarches :
- une analyse de la littérature scientifique (plus de 2 500 références) relative aux effets sanitaires "de nature respiratoire, cardiovasculaire ou cancérogène" de la vape ;
- une évaluation quantitative des risques sanitaires liés à la pratique du vapotage, à travers l’étude des aldéhydes présents dans l’aérosol inhalé.
Il n’existe pas encore de consensus scientifique sur les effets sanitaires à long terme du vapotage.
Selon l’Anses, des événements sanitaires tels que l’infarctus du myocarde sont possibles. L’augmentation de la pression artérielle ou de la fréquence cardiaque en présence de nicotine sont également probables. L'émergence de maladies chroniques – hypertension, coronaropathies – ou la survenue d'événements vasculaires restent à démontrer.
Certaines études suggèrent une association possible entre l’usage quotidien de la cigarette électronique et la survenue d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Malgré leurs limites, des études in vivo mettent en évidence des marqueurs précoces compatibles avec cette hypothèse, ce qui justifie un niveau de preuve qualifié de "possible".
| Effets sanitaires néfastes | Pour les émissions de cigarette électronique | Pour la fumée de tabac |
|---|---|---|
| Effets cardiovasculaires - population générale | Probable | Avéré |
| Effets respiratoires - population générale | Possible | Avéré |
| Effets cancérogènes - population générale | Possible | Avéré |
| Effets cardiovasculaires chez la descendance de la femme enceinte | Possible | Avéré |
| Effets respiratoires chez la descendance de la femme enceinte | Possible | Avéré |
La revue de littérature réalisée par l’Anses permet de conclure que les risques liés à l’exposition aux aldéhydes ne peuvent être exclus dans le cas du vapotage, "notamment pour ceux qui vapotent le plus ou pour les vapoteurs les plus exposés aux aldéhydes du fait de leurs conditions de vapotage, celles-ci étant fonction de la composition du e-liquide ainsi que du matériel utilisé, de ses réglages et de son entretien".
E-cigarette et cancer : des liens possibles
"Les études d’exposition aiguë apportent des éléments de compréhension des mécanismes précoces de la cancérogenèse ; elles montrent une survenue possible de modifications biologiques compatibles avec les premières étapes de cancérogenèse".
Mais s’agissant de pathologies lourdes comme les cancers, qui se développent au terme d’un processus long, progressif et multifactoriel, des études menées sur des durées d’exposition limitées – l’e-cigarette existe depuis 15 ans au maximum – ne permettent pas d’évaluer le risque associé.
Une "alternative transitoire" au tabac fumé
Pour l’Anses, l‘utilisation de la cigarette électronique n’est pas sans risque pour les consommateurs qui ne devraient pas être incités à commencer à vapoter. L'Agence considère que ces dispositifs devraient être envisagés uniquement comme des aides provisoires dans une démarche de sevrage tabagique : "arrêter de fumer ou de vapofumer reste l’objectif ultime en matière de santé".
Si le fumeur a des difficultés à arrêter, la cigarette électronique peut être une solution alternative (réduction des risques par rapport à la cigarette conventionnelle), mais doit être vue comme une alternative transitoire qui conduit à un arrêt complet, à terme, de tout vapotage.
Pourtant, 59% des vapoteurs adultes utilisent leur cigarette électronique depuis plus de deux ans.