Le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) dresse, dans un rapport publié début 2026, un état des conditions de production dans les filières céréales, bovins lait et volailles de chair en France, comparé aux principaux concurrents européens.
La lettre de mission adressée au CGAAER souligne que la France, 2e exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires en 2000, occupe la 6e place de ce classement depuis 2020, derrière les États-Unis, le Brésil, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Chine. La balance commerciale agricole et agro-alimentaire française reste excédentaire grâce aux exportations de vins et de spiritueux mais elle s'est nettement repliée en 2023 par rapport à 2022 (-43%). Depuis 2015, la balance commerciale des produits agro-alimentaires de la France avec les pays de l'Union européenne (UE) est négative.
Pour apprécier la compétitivité des filières françaises, le rapport compare la performance technico-économique des exploitations de la France avec celle de ses principaux concurrents européens, identifiés pour les trois productions :
- l'Allemagne, la Roumanie, la Pologne pour les céréales ;
- l'Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas pour le lait ;
- l'Espagne, l'Allemagne et la Pologne pour les volailles de chair.
Le rapport montre que si la France est moins compétitive que ses concurrents c'est, avant tout, en raison de son modèle agricole : "La France a fait le choix de soutenir et d’encourager des types d’exploitations qui ne sont pas toujours les plus performants économiquement, afin de maintenir des fermes qui correspondent à un modèle social, adapté aux attentes sociétales et à une prise en compte d’enjeux environnementaux. Elle cherche ainsi à préserver la polyculture-élevage et les fermes dites "familiales", en limitant l’agrandissement".
Le CGAEER préconise, notamment, de mener une travail de pédagogie auprès du grand public pour réduire les oppositions à la création et à l’agrandissement des fermes et des bâtiments d’élevage. Pour rappel, la loi Duplomb du 11 août 2025 autorise, par exemple, les pouvoirs publics à rehausser à 85 000 emplacements le seuil à partir duquel un élevage de poulets est considéré comme une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE).
Le rapport du CGAEER est disponible dans la Bibliothèque des rapports publics.