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France-Iran : comment les relations commerciales ont-elles évolué ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

L'Iran était considéré comme un partenaire stratégique de France en raison de ses réserves d'hydrocarbures. Les sanctions internationales décidées à l'encontre de l'Iran ont fortement réduit les échanges.

Les relations commerciales entre la France et l'Iran ont fortement diminué depuis 2011 comme le souligne la Direction générale du Trésor. En 2024, l'Iran ne représentait plus que le 104ᵉ partenaire commercial et le 124ᵉ fournisseur de la France, principalement en raison du quasi arrêt du commerce pétrolier. À la fin de l’année 2024, les échanges de biens entre les deux pays s’élevaient à 515 millions d’euros, contre 4,3 milliards en 2006, un recul significatif.

Des relations commerciales fortes jusqu'à la rupture de 2012

Un rapport du Sénat du 11 juin 2014 souligne que l'Iran a toujours considéré la France comme l’un de ses meilleurs partenaires commerciaux. Durant les années 2000, le pétrole iranien, deuxième plus grande réserve mondiale, représentait près de 90% des importations françaises en provenance d'Iran, pour une valorisation annuelle moyenne comprise entre 1 et 2 milliards d’euros de 2004 à 2014.

Les relations commerciales franco-iraniennes étaient également fortes dans le secteur automobile. En 2004, les exportations automobiles françaises vers l'Iran atteignaient 1,3 milliard d'euros, soit près de 60% des ventes françaises dans le pays. Les constructeurs français occupaient alors une place centrale sur le marché iranien.

La situation change radicalement avec l’embargo pétrolier européen du 23 janvier 2012, décidé en raison des soupçons liés au programme nucléaire iranien. Cet embargo provoque une chute spectaculaire des importations françaises de pétrole iranien, passant de 1,7 milliard d’euros en 2011 à seulement 80 millions en 2012 et 1,7 million en 2013. Cette baisse a un effet mécanique sur la balance commerciale : en 2011, la France enregistrait encore un déficit de 110 millions d’euros, tandis qu’en 2012, elle affichait un excédent de 631 millions.

Après une brève reprise en 2016-2017, favorisée par l'accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015, la dynamique s’interrompt à nouveau en 2018, lorsque les États-Unis se retirent d'une partie de l’accord et rétablissent des sanctions. Ces mesures freinent les échanges et font encore reculer la position commerciale française sur le marché iranien.

Quelle situation aujourd'hui ?

Depuis le durcissement des sanctions, le marché iranien s'est largement tourné vers les entreprises turques et chinoises, désormais dominantes. Les sociétés françaises ont été progressivement remplacées par des firmes européennes, et la France ne représente plus que 5% des exportations européennes vers l’Iran en 2025, contre 17% en 2017. L'Union Européenne a connu une baisse de 42% de ses exportations et 45% de ses importations sur la même période.

L'intensification de la pression américaine contre l'Iran et les frappes menées depuis le 28 février 2026 par les forces américaines et israéliennes ont accru les tensions. Ces événements durcissent les positions diplomatiques et réduisent les perspectives de réengagement économique entre la France et l'Iran.

Blocage d'Ormuz : à quoi faut il s'attendre quant au prix de l'énergie ?

Le conflit dans la région et le blocage stratégique du détroit d'Ormuz font craindre une hausse des prix de l'énergie et des répercussions majeures sur le commerce mondial. Sur les 102 millions de barils consommés quotidiennement dans le monde, près de 20% transitent par ce détroit. Si l'Union européenne est aujourd’hui moins dépendante du pétrole iranien, les grandes puissances asiatiques restent fortement exposées. La Chine importe notamment environ 1,4 million de barils de brut iranien par jour, en grande partie via ce détroit.