Une étude publiée le 2 avril 2026 par le Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA) évalue les économies induites par le report à 18 ans de la majoration pour âge des allocations familiales (AF) et ses effets sur le niveau de vie des familles.
Décalage de la majoration pour âge
La majoration des AF à partir d’un certain âge vise à compenser le coût de l’éducation des enfants qui varie selon leur âge. Le décret reportant la majoration pour âge de 14 à 18 ans, entré en vigueur le 1er mars 2026, s’applique aux enfants nés à partir du 1er mars 2012. Ceux qui ont eu 14 ans avant cette date continuent à bénéficier de la majoration selon les règles actuelles. Début 2030, cette majoration ne concernera que les familles dont les enfants ont 18 ou 19 ans.
Les familles modestes ou nombreuses sont perdantes
Le décalage à 18 ans de l’âge de la majoration induit une économie d’environ 1,28 milliard d’euros (Md€) après montée en charge complète et de 0,2 Md€ l’année d’entrée en vigueur. L’enveloppe dédiée à ces majorations passera de 1,6 Md€ en 2025 à 320 millions d’euros (M€) en 2030 (-80%). 700 000 familles seront affectées en 2026 et plus de 1,2 million en 2029.
La perte d’AF se traduit par une baisse de revenu plus forte pour les ménages modestes, qui percevaient la majoration pour âge à taux plein. Elle n’est pas compensée par une hausse du revenu de solidarité active (RSA) ou de la prime d’activité pour ceux qui bénéficient de ces prestations car la base de ressources utilisée pour leur calcul n’intègre pas la majoration pour âge des AF.
En 2029, parmi les familles affectées faisant partie des 20% les plus modestes, le niveau de vie reculera en moyenne :
- de 1,9% (soit une perte de 610 euros par an) pour les couples avec deux enfants et de 2,7% (-1 040 euros par an) pour ceux qui ont trois enfants ou plus ;
- de 2,6% (-670 euros par an) pour les parents isolés ayant deux enfants à charge et de 3,2% (-1 000 euros par an) pour ceux qui en ont trois ou plus.
À terme, le décalage de l’âge de majoration devrait accroître le taux de pauvreté de la population générale de 0,1 point, et celui des familles de 0,2 point.
Le HCFEA appelle à revenir sur cette décision
Le Haut Conseil a déjà exprimé son opposition au report à 18 ans de l’âge de majoration dans son avis sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026. Il recommandait des "mesures de redéploiement partiel" en faveur des familles les plus modestes.
Dans l’étude, il propose de limiter le décalage de 14 à 15 ans. Cette option conduirait à une baisse des dépenses publiques de 210 M€ (au lieu de 1,28 Md€) et limiterait les effets anti-redistributifs de la mesure qui resteraient néanmoins substantiels (700 000 familles touchées au lieu de 1,2 million).