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Perspectives mondiales de croissance en 2026 : l'analyse de la Direction générale du Trésor

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Malgré le récent conflit au Moyen-Orient entre l'Iran, Israël et les États-Unis, le ministère de l'économie prévoit une hausse de la croissance mondiale de 3,2% en 2026 et en 2027. Les prévisions économiques mondiales demeurent toutefois difficiles à établir en raison d'un certain nombre d'incertitudes qui perdurent.

L'étude publiée le 7 avril 2026 par la Direction générale du Trésor (DGT) prévoit une croissance mondiale de +3,2% en 2026 et en 2027, après +3,3 % en 2025.

Les perspectives mondiales de croissance sont même revues à la hausse par rapport aux prévisions de l'automne 2025 en raison de l'impact du choc douanier américain, plus réduit que celui qui était prévu. Toutefois, l'impossibilité d'anticiper les conséquences du conflit au Moyen-Orient, notamment sur le cours des hydrocarbures, laisse planer le doute sur les prévisions.

Des prévisions de croissance relativement stables malgré la hausse des cours du pétrole et du gaz

La guerre au Moyen-Orient qui a débuté le 28 février 2026 est venue accentuer la hausse des tarifs du pétrole, à 100,1 dollars le baril (soit +37,2%) entre le 27 février et le 23 mars. Selon la DGT, le prix du Brent devrait atteindre 86,7 dollars en moyenne en 2026, puis 76,7 dollars en 2027, soit un niveau de prix supérieur à celui retenu dans les prévisions internationales de septembre 2025 (67,5 dollars en 2026). Les prix du gaz européen ont fortement augmenté depuis le début du conflit (+77,4% à 56,7 €/MWh). À l'échelle européenne, les faibles niveaux de stockage accentuent les effets de cette augmentation. 

Ces hausses devraient ralentir le commerce mondial en 2026 (à +2,2% en 2026 après +4,3% en 2025) même si la croissance mondiale devrait se maintenir à un bon niveau portée entre autres par le commerce de biens liés à l'intelligence artificielle et par la croissance des économies émergentes (Chine, Brésil, Inde, Turquie) avec +4,1% en 2026 et en 2027. 

 

La demande mondiale adressée à la France ralentirait significativement en 2026 à +2,3% (après +4,1% en 2025), avant de progresser de nouveau de 2,5% en 2027. Le ralentissement des importations des économies avancées et plus particulièrement de la zone euro, n'est pas compensé par le dynamisme de celles des économies émergentes, moins représentées dans les débouchés à l'export de l'économie française.

Mais de nombreuses incertitudes perdurent

La première incertitude en ce début d’année 2026 repose sur la durée et l'intensité du conflit au Moyen-Orient malgré un récent cessez-le-feu conclu entre l'Iran et les États-Unis et sur l’ouverture durable et effective du détroit d’Ormuz.

L'autre grande incertitude concerne les tarifs douaniers imposés par les États-Unis depuis 2025. Les prévisions de la DGT s’appuient sur les tarifs actuels mais, le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a remis en cause certains des nouveaux tarifs. En réponse, l'administration Trump a instauré un droit additionnel universel de 10%. Ce dispositif temporaire de 150 jours favorise l'Union européenne (UE) car il supprime le plafond de 15% issu de l'accord de juillet 2025 avec l'UE.

En zone euro, l'investissement continuerait de bénéficier des baisses de taux d'intérêt de la banque centrale européenne réalisées ces dernières années, même si ces taux devraient être légèrement rehaussés en 2026.

La consommation serait notamment impactée par une hausse de l'inflation qui rognerait le pouvoir d'achat des ménages.

Parmi les autres sources d'incertitude, la DGT mentionne :

  • la fréquence et l'intensité des événements climatiques extrêmes qui continuent d'augmenter, accentuant les risques pour les infrastructures, l'agriculture et les chaînes logistiques mondiales ;
  • les menaces américaines sur les pays ayant envoyé des troupes au Groenland et les menaces sur l'Espagne dans le cadre du conflit au Moyen-Orient.