Un baromètre publié le 8 avril 2026 par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) présente une estimation actualisée des émissions mensuelles de gaz à effet de serre (GES) et de polluants atmosphériques (PA) de la France pour 2025.
Un recul des émissions inférieur aux objectifs nationaux
En 2025, les émissions brutes (hors puits de carbone) atteignent 364 millions de tonnes en équivalent dioxyde de carbone (Mt CO2e), le niveau le plus bas depuis 1990. Leur baisse se poursuit, à un rythme ralenti (-1,5% en 2025, après -1,8% en 2024 et -6,8% en 2023).
Fin 2025, a été publié le projet de la troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), qui doit être adoptée au printemps 2026. La SNBC est la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de GES et accroître ses puits de carbone d’ici 2030 puis atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Elle définit des budgets carbone (niveaux moyens d’émissions à ne pas dépasser) pour différentes périodes. Le deuxième budget carbone (2019-2023) a été respecté.
La SNBC 3 fixe le troisième budget carbone à 347 Mt CO2e par an entre 2024 et 2028, soit une réduction des émissions d’environ 4% par an pour aboutir à 279 Mt CO2e en 2030, le rythme actuel de baisse des émissions étant insuffisant par rapport à cet engagement.
Des spécificités sectorielles
Seule la production d’énergie enregistre une hausse de ses émissions (+0,5% après -10% en 2024 et -16% en 2023). Elle résulte de la reprise du raffinage, alors que le potentiel de réduction lié à la décarbonation du mix énergétique s’atténue.
Dans le même temps, les émissions baissent dans :
- l’industrie manufacturière (-3,5% après -1,4% en 2024) sous l’effet du recul d’activités émettrices (métallurgie, ciment…) et de la consommation de combustibles fossiles. Ce secteur, qui a émis à 60,2 Mt CO2e en 2025, contribue à 40% de la réduction des émissions ;
- le résidentiel-tertiaire (-1,5%), en raison d’une moindre consommation de gaz naturel et de fioul domestique. Ses émissions (56 Mt CO2e) sont au plus bas depuis 1990 ;
- les transports (-1,4%), premier secteur émetteur en France. Ses émissions (123,2 Mt CO2e) représentent 34% des émissions nationales. Celles du transport routier (115,8 Mt CO2e) diminuent de 1% (contre -1% en 2024 et -4% en 2023) car les ventes de carburant fléchissent malgré une hausse du trafic. Le transport aérien domestique continue à réduire ses émissions (-1% après -4% en 2024) ;
- l’agriculture (-1,2%), atteignant 75 Mt CO2e. Les émissions diminuent de 2,4% dans l’élevage (réduction du cheptel bovin) et augmentent de 1,2% pour les cultures (hausse de l’apport d’engrais azotés).
Les émissions de polluants atmosphériques baissent légèrement
C’est le cas des émissions :
- de dioxyde d’azote (NOx) : -1,6% après -3,1% en 2024 et -8 % en 2023. Cette décroissance est surtout due au secteur des transports (émissions des motorisations Diesel) ;
- d’ammoniac (NH3) : -1,1% ;
- de dioxyde de soufre (SO2) : -0,9% ;
- de particules fines (PM2,5) : -0,6% en 2025 (mais -25% depuis 2019) ;
- de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) : -0,6%.