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Non-recours au RSA pour plus d'un tiers des foyers éligibles fin 2021

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

On peut avoir droit au revenu de solidarité active (RSA) et ne pas le percevoir, son versement n'étant pas automatique. En France hexagonale, près d'un million de personnes potentiellement bénéficiaires du RSA, réunies dans 560 000 foyers sociaux, ne le percevaient pas à la fin 2021. Qui sont ces non-recourants ?

Une étude publiée le 6 mai 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dévoile l'ampleur du non-recours au revenu de solidarité active (RSA) au dernier trimestre 2021 et le profil des foyers concernés.

33% à 37% des foyers éligibles au RSA n'y recourent pas

Fin 2021, environ 1,6 million de foyers sociaux vivant en logement ordinaire dans l’Hexagone ont droit au RSA. Le taux de non-recours est compris entre 33% et 37%. Parmi les foyers éligibles au RSA, 22% à 25% ne le perçoivent pas depuis deux ou trois trimestres.

23% des foyers demandeurs du RSA reçoivent 200 euros ou moins par mois et par unité de consommation, et 47% un montant de 400 euros ou plus. Quant aux foyers non-recourants, 42% sont éligibles à 200 euros ou moins par mois et 41% à 400 euros ou plus.

 

Qui sont les non-recourants ?

71% appartiennent à des ménages faisant partie des 20% les plus modestes avant versement du RSA, contre 91% des recourants (avant versement du RSA), ils sont donc un peu moins pauvres que les foyers recourants. Comparés aux foyers recourants, les non-recourants sont plus souvent :

  • propriétaires (26% contre 9%) mais 58% sont locataires et 16% logés à titre gratuit ;
  • des ruraux (15% contre 11%). En ville, ils sont moins nombreux à résider en quartier prioritaire (12% contre 23%) ;
  • éloignés du système de protection sociale. Ils appartiennent moins fréquemment à des ménages ayant touché en 2021 des allocations logement (43% contre 76%), des prestations familiales (25% contre 43%) ou la prime d’activité (33% contre 42%) ;
  • proches du marché de l’emploi. Leurs personnes de référence sont plus souvent salariées (31% contre 13%) ou travailleurs indépendants (22% contre 9%) ;
  • diplômés du supérieur (30% contre 18%).

Les foyers non-recourants au RSA et éligibles :

  • à 400 euros ou plus par mois sont plus fréquemment des célibataires sans enfant (76%), âgés de 25 à 29 ans (22%) et hébergés à titre gratuit (23%) notamment chez leurs parents ;
  • à 200 euros ou moins sont plus souvent des femmes seules avec enfant (21%) ou des couples avec enfant (28%) dont la personne de référence a de 50 à 59 ans (30%).

Le non-recours des plus âgés peut provenir de difficultés rencontrées dans les démarches administratives (dématérialisation…) et celui des plus jeunes d’une méconnaissance de leurs droits.

Quels effets sur le taux de pauvreté ?

Si tous les foyers éligibles avaient perçu leurs droits au RSA fin 2021, 345 000 ménages pauvres verraient leur niveau de vie augmenter (de 280 euros par mois en moyenne). Parmi ces ménages, 58 000 sortiraient de la pauvreté monétaire.

Les ménages qui sortiraient de la pauvreté monétaire sont en majorité des familles monoparentales (54%) et leur personne de référence est plus souvent inactive non retraitée (35%) ou salariée (34%).

Le taux de pauvreté, estimé à 14,5% pour les ménages hexagonaux vivant en logement ordinaire en 2021, reculerait de 0,2 point.