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Robots sociaux : quelles relations entre humains et machines ?

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Robots compagnons, robots de soins, robots domotiques… La Haute Autorité de santé (HAS) s'interroge sur l'évolution des interactions entre les robots dits "sociaux" et les humains dans une étude qui établit trois scénarios d'évolution sur le long terme notamment sur leurs usages en faveur des personnes âgées ou en situation de handicap.

Le rapport publié le 19 mai 2026 par la Haute Autorité de santé (HAS) estime que ces interactions peuvent apporter un soutien, notamment dans un cadre thérapeutique mais ne doivent pas se substituer aux relations humaines.

Développés depuis une vingtaine d’années, les robots "sociaux" sont des machines autonomes qui peuvent prendre des formes humanoïdes, animaloïdes ou abstraites. Cette technologie se distingue par sa capacité à interagir avec les humains de manière empathique, verbale et non verbale. Les conséquences de leur diffusion font toutefois l'objet de peu d'études approfondies.

À quoi servent les robots sociaux ?

Ils peuvent être utilisés dans de nombreux domaines, par exemple à des fins thérapeutiques afin d’améliorer la communication pour les personnes avec des troubles du spectre de l’autisme (TSA). Les robots "sociaux" peuvent aussi aider aux tâches du quotidien comme le font les robots aspirateurs ou les "agents conversationnels domestiques", portés notamment par les progrès rapides de l’intelligence artificielle (IA). 

Malgré les avancées technologiques récentes, leurs développements demeurent balbutiants et leur fiabilité reste limitée. Ils soulèvent à la fois des questions techniques, éthiques, économiques mais également politiques quant aux choix de soutenir (ou non) la place des humains dans les soins de proximité. Dans un contexte socio-démographique marqué par un vieillissement de la population (un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2030), les robots sociaux pourraient constituer une solution palliative au manque de personnels (les besoins de recrutement dans les services à la personne atteindraient 250 000 emplois d’ici 2030).

Malgré des effets positifs, les robots sociaux suscitent des inquiétudes telles que la protection réelle des données personnelles enregistrées par les robots ou celle de l'avenir de la relation entre les humains et les machines.

Trois trajectoires d'évolution des robots sociaux

La Haute Autorité de santé estime que le développement des robots sociaux peut suivre trois trajectoires à moyen ou long terme.

Dans le premier scénario, dénommé "vieillesse technogérée", l’adoption massive de la présence robotique permettrait d’optimiser le coût des services à la personne. Il représenterait  toutefois un risque de marchandisation du soin et une perte du lien humain. Par ailleurs, la protection des données pourrait poser problème en l’absence de cadre règlementaire solide.

Le deuxième scénario intitulé "du luxe au bas de gamme" reposerait sur un manque de régulation adaptée face au développement rapide d’objets connectés et de robots d’assistance. Les robots s’inscriraient dans une logique de services où le marché se régulerait entre l'offre et la demande. Ce scénario constituerait une réponse partielle à la pénurie d’aidants et de professionnels d’accompagnement mais il accentuerait les disparités entre les utilisateurs avec le risque de développer un accès élitiste pour certains et une déconnexion sociale pour d'autres.

Le troisième scénario, "une introduction progressive et responsable", reposerait sur la mise en place d'un encadrement juridique qui permettrait de prendre en compte les besoins des usagers. Le consentement des utilisateurs serait systématique et chaque personne pourrait éteindre ou désactiver le robot à tout moment. Ce scénario favoriserait un accès plus équitable en complémentarité avec les professionnels de santé. Sa mise en œuvre s’avèrerait néanmoins plus chronophage et plus complexe et impliquerait une gouvernance forte. 

Pour la HAS, la robotique sociale n’a de sens que si elle contribue à préserver et à renforcer la qualité du lien humain, l'être humain étant avant tout un être de relation.