Robots agricoles : une nouvelle révolution ?

Le ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire a publié, le 8 juin 2022, un document sur le développement des robots agricoles dans l'élevage et les cultures. Objectif : répondre aux défis du monde agricole et améliorer les conditions de travail des agriculteurs.

Un robot programmé dans les locaux d'une ferme bovine distribuant de la nourriture.
Des robots d’alimentation de bétail, par exemple, "nécessitent une réflexion poussée sur l’implantation du matériel dans le bâtiment et les coûts de production" pointe le ministère. © andreysha74 - stock.adobe.com

"Un des piliers de la troisième révolution agricole", c'est ainsi que le ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire présente les robots agricoles dans un document sur son site internet.

Diminuer l'utilisation d'engrais et de pesticides, limiter le gaspillage, alléger la pénibilité du travail... l'utilisation des robots permet de répondre aux enjeux environnementaux et de limiter les risques professionnels. La robotique, en tant que levier de l'agroécologie, peut être considérée  comme l'alternative au modèle productiviste de l'agriculture issu de la mécanisation et de la chimie.

La robotique déjà présente dans l'élevage et les cultures

L'utilisation de robots existe depuis plusieurs décennies pour certaines tâches. Dans l'élevage, le robot de traite, par exemple, est utilisé depuis les années 1990 dans de nombreuses exploitations. Il est autonome pour le nettoyage des trayons, l'évacuation du premier lait, la traite et la désinfection. Il permet aussi d'évaluer la quantité de lait obtenue et de détecter des maladies. Des systèmes automatisés pour le raclage des sols (écoulement du lisier) ou le paillage font aussi gagner "un temps précieux aux agriculteurs", souligne le document.

Robot de tonte, enjambeurs viticoles, bineuses... de nombreux engins sont proposés aux exploitants de cultures. Mais certains restent encore à un stade expérimental. Quant aux cultures maraîchères, le développement des "cobots" (robots collaboratifs homme-machine) serait utile pour le désherbage.

Des difficultés technologiques et réglementaires

Certains outils ne sont pas encore très présents dans les champs. Des robots d’alimentation de bétail, par exemple, "nécessitent une réflexion poussée sur l’implantation du matériel dans le bâtiment et les coûts de production" pointe le ministère.

Pour Roland Lenain, directeur de recherche à l'INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), "il y a encore des verrous à lever", notamment des difficultés techniques. Rendre le robot capable de reconnaitre un obstacle (une personne accroupie dans un champ, par exemple), des situations dangereuses et d'adapter son comportement reste l'un des problèmes majeurs. Le chercheur pointe plusieurs pistes explorées dans les cultures végétales : développer des petites machines (de désherbage, par exemple), moins énergivores et moins dangereuses que les gros robots.

Autre obstacle évoqué : la réglementation. La "directive machine" impose une surveillance permanente des robots : il doit y avoir quelqu’un aux commandes de la machine ou en supervision à distance. Sa révision est en cours auprès des institutions européennes.

D'autres règles, comme l’interdiction pour un robot roulant de traverser, une route entre deux parcelles, complique le développement et l’expérimentation.