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Quelles inégalités sociales face au cancer ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Le cancer, dans son ensemble, affecte indistinctement toutes les catégories sociales. Toutefois, les organes les plus souvent concernés ne sont pas les mêmes chez les plus modestes et les plus aisés. Le niveau de vie influe également sur la gravité de la maladie.

La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a publié, le 4 juin 2026, une étude sur les liens entre le niveau de vie et les cancers.

Le poumon, organe plus souvent touché chez les plus modestes

D'après l'étude, parmi les quatre localisations de cancer les plus fréquentes en France (cancer du sein, de la prostate, du poumon et colorectal), certaines sont plus marquées :

  • chez les plus modestes (poumon, et dans une moindre mesure colorectal) ;
  • chez les plus aisés (sein, prostate).

Les 10% les plus modestes de la population ont ainsi 1,9 fois plus de risque de développer un cancer du poumon que les 10% les plus aisés (les hommes des 10% les plus modestes ayant 2,2 fois plus de risque et les femmes 1,7 plus de risque).
Le rôle du tabagisme explique cette surexposition des plus modestes au cancer du poumon.

Les 10% des femmes ayant le niveau de vie le plus élevé ont 1,3 fois plus de risque de développer un cancer du sein par rapport aux 10% les plus modestes.
Les grossesses tardives et la prise de contraception orale, facteurs de risque identifiés pour cette maladie, expliquent la prévalence parmi la tranche la plus aisée de la population.

Les 10% des hommes ayant le niveau de vie le plus élevé ont 1,4 fois plus de risque de développer un cancer de la prostate par rapport aux 10% les plus modestes.
Les hommes les plus aisés recourent plus fréquemment au dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA). Comme certaines formes du cancer de la prostate évoluent lentement et peuvent rester longtemps asymptomatiques, cela conduit à un diagnostic plus précoce et plus fréquent, au sein de la partie la plus aisée de la population.

Des formes de cancers plus graves chez les plus modestes

Selon la Drees, les personnes les plus modestes :

  • développent plus souvent des cancers "évitables" (cancers dont l'incidence peut être diminuée par la modification des comportements et la réduction de l'exposition à la pollution, au rayonnement ultraviolet, aux agents infectieux...) alors que les plus privilégiés économiquement déclenchent 2,1 fois moins de cancers évitables ;
  • développent plus souvent des cancers de mauvais pronostic comme le cancer du poumon (survie nette à 5 ans inférieure à 33%) ; 
  • développent des cancers à un stade plus avancé à cause de diagnostics plus tardifs (parmi les personnes atteintes d’un cancer invasif, les plus modestes ont 2,1 fois plus de risque de développer une forme particulièrement agressive que les plus aisés) ;
  • risquent de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic (le risque étant 2,3 fois plus important que chez les plus aisés qui parviennent à diagnostiquer un cancer plus tôt, lorsqu’il est dépistable).