Près d’un quart des moins de 40 ans ont une relation émotionnelle avec une IA. "Grâce à un langage naturel et empathique, les IA donnent l’impression d’une présence humaine capable d’écouter, rassurer et accompagner émotionnellement les utilisateurs". C'est le constat d'une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) publiée en juin 2026.
Une nouvelle enquête Eurobaromètre publiée en juin 2026 confirme par ailleurs le lien entre un temps d'écran excessif, les réseaux sociaux et la santé mentale et physique des jeunes Européens.
Succès des relations affectives avec l'IA
Selon le Crédoc, l'utilisation de l'IA émotionnelle concerne essentiellement :
- les 25-39 ans (25%) et les 15-24 ans (22%) ;
- les habitants de l’agglomération parisienne (17%) ;
- et les cadres et professions intellectuelles supérieures (16%).
39% des personnes qui ont un ami IA et 54% des personnes ayant un "amoureux IA" déclarent que ces relations comptent beaucoup pour elles, souligne le Crédoc.
Pourtant, pointe l'étude, l'intelligence artificielle ne comble pas le mal-être : 40% des utilisateurs d’IA relationnelle déclarent se sentir "toujours ou souvent seuls" (contre 18% du reste de la population). Selon le Crédoc, ces usages "prospèrent sur le mal-être individuel sans combler le sentiment de solitude". Face à des interlocuteurs toujours disponibles et sans contradiction, le Crédoc s'interroge également sur les conséquences possibles en matière de liens réels dans la vie de couple et plus largement dans "l'apprentissage du compromis avec les autres pour vivre ensemble".
Impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes Européens
L'Eurobaromètre, paru en juin 2026, confirme le lien entre l'utilisation des médias sociaux et le bien-être des adolescents européens. 48% d'entre eux déclarent que les réseaux sociaux ont un impact positif sur leur bien-être mental (divertissement, contact avec les amis et la famille). Toutefois, "près d'un adolescent sur trois déclare explicitement se sentir stressé, triste ou socialement exclu à cause des médias sociaux", souligne l'étude.
Quel temps d'écran pour les adolescents ?
En période scolaire, les adolescents de 13 à 18 ans ont déclaré passer 4,5 heures par jour devant leur écran du lundi au vendredi et 6,1 heures par jour le samedi et le dimanche.
45% des adolescents reconnaissent qu'ils ont tendance à se comparer aux autres lorsqu'ils utilisent les médias sociaux, 41% ont peur de manquer quelque chose. Par ailleurs, environ un quart des adolescents ont rencontré des contenus problématiques, trompeurs ou nuisibles (discours de haine pour 25% d'entre eux ou promotion de produits malsains comme l'alcool pour 25% d'entre eux).
Un large consensus parents-enfants préconise une "meilleure application des règles" des plateformes et des actions pour améliorer le soutien en santé mentale.