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Zones à faibles émissions (ZFE) : quels effets sur la pollution de l'air ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Les zones à faibles émissions (ZFE) ont été mises en place pour réduire l'exposition de la population urbaine à la pollution de l'air en limitant l'accès des véhicules les plus polluants aux zones les plus denses. Les résultats attendus ont-ils été atteints ?

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, le 27 août 2025, une note évaluant l'effet des zones à faibles émissions (ZFE) sur le verdissement du parc automobile et la réduction des émissions polluantes.

Cette étude estime l'effet sur la composition du parc de voitures particulières et les émissions atmosphériques associées dans neuf ZFE (mises en place jusqu'en 2023). Les résultats sont comparés à ceux de 26 intercommunalités de taille similaire. La Métropole du Grand Paris, trop spécifique, est exclue de cette analyse.

La comparaison porte sur une période allant de trois ans avant la mise en œuvre des ZFE à deux ans après, soit, selon les villes, sur des périodes comprises entre 2018‑2023 à 2020‑2025.

Les ZFE renforcent le verdissement du parc automobile

Selon les termes de l'Insee : "Le verdissement du parc tient d’abord au renouvellement tendanciel des véhicules. Celui-ci correspond au remplacement progressif de véhicules anciens, arrivés en fin de vie et homologués selon des normes Euro moins strictes, par des véhicules plus récents soumis à des normes plus exigeantes".
Toutefois, les ZFE accentuent ce processus, en avançant la sortie du parc des véhicules anciens.

Sur cinq ans :

  • le parc des voitures Crit'Air 1 et électriques augmente de 88,4%, dont 5,8 points attribuables au dispositif ZFE ;
  • le parc Crit'Air 2 diminue de 4,3%, alors qu’il aurait augmenté de 2,8% en l’absence de ZFE ;
  • le parc Crit'Air 3 baisse de 34,5%, dont ‑4,5 points attribuables au dispositif ZFE ;
  • le parc Crit'Air 4 diminue de 53,6%, dont ‑5,5 points attribuables au dispositif ZFE ;
  • le parc des véhicules Crit’Air 5 (et non classés) recule de 64,1%, l'effet estimé des ZFE n'étant pas statistiquement significatif du fait de la présence déjà marginale dans le parc lors de la mise en place des ZFE (moins de 5%).

Une baisse des émissions de polluants locaux

Analysées sur cinq ans dans les ZFE :

  • les émissions d'oxydes d'azote diminuent de 38,9% (les normes Euro récentes ayant fortement réduit ces émissions pour l’ensemble des motorisations), dont 4,6 points attribuables au dispositif ZFE ;
  • les émissions de particules fines baissent de 31,1% (la baisse concernant surtout les véhicules diesel), dont 1,4 point attribuable au dispositif ;
  • les émissions de dioxyde de carbone reculent de 10%, dont 1,7 point imputable aux ZFE.

 

La note rappelle par ailleurs que le système Crit'Air cible d'abord les polluants locaux (notamment les oxydes d’azote et les particules fines), la contribution des ZFE à la diminution des émissions de gaz à effet de serre n'étant pas l'objectif principal.