L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié, le 2 septembre 2026, un rapport sur le travail en horaires dits "atypiques".
Le rapport porte sur le travail :
- le week-end (samedi et/ou dimanche) ;
- en horaires longs, à l'échelle de la journée (dépassant 8 heures de travail effectif) ou de la semaine (durée hebdomadaire de travail de plus de 40 heures) ;
- en horaires décalés, principalement le travail décalé le soir réalisé au moins en partie entre 19 heures et minuit et le travail décalé le matin réalisé au moins en partie entre 5 heures et 8 heures.
La publication n'aborde pas le travail de nuit qui a fait l'objet d'un précédent rapport en 2016.
Des perturbations avérées
Les organisations temporelles de travail sont susceptibles de perturber les rythmes biologiques, sociaux et familiaux.
En se fondant principalement sur la littérature scientifique internationale et l'enquête nationale conditions de travail, l'Anses conclut :
- que le travail le week-end est un facteur important de désynchronisation sociale affectant la vie sociale et familiale mais que le peu de données disponibles ne permet pas de mettre en évidence l'existence ou l'absence d’effets du travail le week-end sur la santé physique et mentale ;
- qu'il existe un lien entre le travail en horaires longs et le risque de maladies cardiovasculaires (notamment dû à une accentuation des états de stress chronique et des troubles du sommeil), que les symptômes d'anxiété augmentent avec le nombre d'heures de travail et qu'une augmentation de risque de dépression apparaît pour les semaines de plus de 55 heures ;
- que le travail en horaires décalés le soir a un impact négatif sur l'équilibre entre la vie professionnelle et familiale, ainsi que sur le temps passé en couple et en famille et que des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l'augmentation du risque cardiovasculaire.
Les recommandations de l'Anses
Le rapport invite les pouvoirs publics à stabiliser une typologie des horaires atypiques de travail, pour :
- faciliter la prévention des risques professionnels ;
- rendre les recherches scientifiques comparables ;
- augmenter les connaissances produites à ce sujet, notamment en améliorant les questionnaires des enquêtes de la statistique publique et en finançant des projets de recherche.
Le rapport appelle aussi à sensibiliser l'ensemble des acteurs concernés par les organisations temporelles de travail atypiques : décideurs publics, employeurs, organisations syndicales, acteurs de la santé au travail...
L'Anses recommande de limiter le recours aux horaires atypiques de travail aux circonstances dans lesquelles ils constituent une nécessité (la nécessité devant être appréciée en fonction de critères objectifs et en concertation étroite avec les partenaires sociaux).
L'Agence suggère aux pouvoirs publics d'étendre des dispositifs existant pour le travail de nuit aux différentes formes d'horaires atypiques (compte professionnel de prévention, abaissement de l'âge de départ à la retraite, prise en compte des obligations familiales impérieuses du travailleur...).
Le rapport propose (dans le cadre du 5e Plan santé au travail) d'introduire les horaires atypiques, dans la liste des facteurs de risques professionnels énumérés à l'article L4161-1 du code de travail.