Horaires de travail atypiques : quels salariés sont les plus exposés ?

Un salarié a des horaires atypiques s’il travaille tôt le matin (5 heures-7 heures), tard le soir (20 heures-0 heure), la nuit (0 heure-5 heures), le samedi, le dimanche. L’exposition aux horaires de travail atypiques s’est amplifiée ces dernières décennies et affecte la vie familiale et la santé des salariés concernés.

Femme seule dans un couloir et nettoyant le sol.
Les ouvrières non qualifiées sont plus souvent en horaires atypiques que les hommes de cette catégorie. S'ajoutent parfois d'autres contraintes comme des horaires irréguliers et aussi des journées discontinues... © Diego Cervo - stock.adobe.com

En avril 2022, un article sur les horaires atypiques de travail publié par l’Institut national d’études démographiques (INED) révèle que ces horaires touchent principalement les femmes peu qualifiées.

La montée des horaires de travail atypiques

En 2019, 37% des salariés de l’Union européenne travaillaient en horaires non standards (le soir, la nuit, le samedi, le dimanche). Le développement de ces horaires s’explique par :

En France, des lois récentes ont favorisé la modulation du temps de travail par accord d’entreprise et ont étendu le recours dérogatoire au travail dominical. En 2019, 36% des salariés métropolitains avaient des horaires atypiques. Cette proportion a légèrement reculé entre 2013 et 2019 pour le travail du soir et de la nuit. Cependant, le travail du matin, du samedi et du dimanche augmente pour certains salariés.

Ces horaires atypiques touchent particulièrement :

  • les femmes (37%). Elles travaillent de plus en plus les samedis-dimanches. Les hommes restent plus nombreux à travailler tôt le matin, le soir et surtout la nuit, mais leur exposition aux horaires atypiques recule (35% en 2019 contre 36% en 2013) ;
  • une grande part des employés non qualifiés.

Les employées qualifiées (secrétaires…) ont plus fréquemment des horaires de bureau que leurs homologues masculins (pompiers, policiers, militaires, agents de sécurité). À l’inverse, les ouvrières non qualifiées (agentes d'entretien) sont plus souvent en horaires atypiques que les hommes de cette catégorie (manœuvres dans le bâtiment et les travaux publics…).

La part des cadres exposés à ces horaires est passée de 17% à 15% pour les hommes et de 23% à 18% pour les femmes. En effet, la nature de leur emploi (souvent télétravaillable) et leur statut d’activité (contrat à durée indéterminée) peuvent favoriser les accords d’entreprise visant à mieux concilier vie professionnelle et vie privée.

Un cumul de contraintes temporelles pour les moins qualifiés

Aux horaires de travail atypiques s’ajoutent parfois d’autres contraintes temporelles susceptibles de nuire au bien-être et à l’organisation familiale des salariés :

  • des horaires irréguliers (variables d’un jour à l’autre) ;
  • des journées discontinues (périodes de travail séparées d’au moins trois heures) ;
  • des horaires imprévisibles (connus un jour à l’avance ou moins).

Ces contraintes temporelles pèsent davantage sur les salariés en horaires atypiques. En 2019, 35% d'entre eux avaient aussi des horaires variables (contre 24% des autres salariés).

Les ouvrières et employées peu qualifiées (vendeuses, aides ménagères, aides-soignantes…) font plus souvent face à des journées discontinues et à des horaires imprévisibles (hausse de 18% entre 2013 et 2019 pour les employées non qualifiées). En revanche, les contraintes temporelles tendent à se réduire pour les plus qualifiées.