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Performances des élèves français : les pistes d'amélioration du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Selon un récent rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, les résultats des élèves français, en comparaison internationale et dans leur évolution, attestent un niveau globalement moyen, voire faible en mathématiques et en sciences, et une dégradation en mathématiques et en orthographe depuis 30 ans.

Un rapport publié le 31 août 2026 par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) dresse un diagnostic de l'affaiblissement du niveau scolaire en France et avance des pistes d'amélioration.

Des sources de difficulté communes

Le rapport du HCSP pointe :

  • l’hétérogénéité des publics accueillis, liée à la massification scolaire et à la part croissante d’élèves immigrés ou issus de l’immigration et de jeunes en situation de handicap ;
  • l’omniprésence des écrans, qui réduisent le temps de sommeil et les capacités d’attention des élèves ;
  • une dépense par élève déséquilibrée. En 2024, elle atteint en moyenne 13 000 euros par an au lycée dans la filière générale (14 700 euros dans la filière professionnelle), 10 500 euros au collège et seulement 9 100 euros dans le primaire, où se construisent les compétences de base ;
  • des classes chargées ;
  • un métier d’enseignant peu attractif. Le recours aux contractuels s’amplifie ;
  • une formation des enseignants trop théorique ;
  • un exercice relativement solitaire du métier. Les pratiques collaboratives restent rares en France et l’accompagnement professionnel des enseignants est limité ;
  • des rythmes scolaires inadaptés. Le nombre annuel d’heures d’instruction, élevé, se concentre sur un faible nombre de jours de classe ;
  • des réformes fréquentes qui génèrent du stress chez les enseignants ;
  • des orientations pédagogiques favorisant la mise en activité des élèves au détriment de l’assimilation durable des connaissances.
     

 

Des difficultés propres à certaines disciplines

La lecture pose des difficultés à nombre d’élèves car la méthode d’apprentissage la plus efficace est employée par une minorité d’enseignants. En mathématiques, l’étude des nombres décimaux et des fractions a été longtemps tardive, l’enseignement de la résolution de problèmes est rare et les élèves sont peu exposés aux tâches de raisonnement les plus exigeantes. En sciences, les volumes horaires sont faibles à l’école élémentaire, les programmes souvent modifiés, et les démarches d’investigation laissent peu de temps à l’acquisition des concepts fondamentaux.

Quelles pistes pour améliorer le niveau des élèves ?

Le HCSP estime que certaines évolutions semblent positives avec le développement des outils de suivi des acquis, les recherches en éducation et la réforme de la formation initiale des enseignants lancée en 2025. Néanmoins, des points de vigilance subsistent.

Le rapport préconise :

  • d’évaluer les réformes (effets sur les résultats des élèves…) et de rendre ces résultats publics ;
  • d’utiliser une part des marges de manœuvre budgétaires liées à la baisse démographique pour continuer à réduire la taille des classes et revaloriser les rémunérations des enseignants ;
  • de recentrer leur formation sur l’observation de la pratique en classe et sur des approches pédagogiques fondées sur les résultats de la recherche ;
  • d’expérimenter une "spécialisation" des professeurs des écoles, reconnue par des certifications ;
  • d’évaluer les manuels scolaires ;
  • d’instaurer une semaine de cours d’au moins quatre jours et demi dans le primaire.