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Environnement : dégradation de la biodiversité en France

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

Selon les chiffres du ministère en charge de la transition écologique, le nombre d'espèces et d'habitats naturels en état de conservation favorable diminue sur la période 2019-2024 par rapport à la période 2013-2018. La changement climatique mais aussi les activités touristiques ou de loisirs participent de cette dégradation.

Plus de 1 000 évaluations ont été effectuées en France sur la période 2019-2024. La part des habitats et des espèces dans un état de conservation favorable diminue, passant de 26% sur la période 2013-2018 à 22% sur la période 2019-2024.

C'est ce qui ressort du document publié le 1er septembre 2026 par le Service des données et études statistiques (SDES) qui est le service statistique ministériel français rattaché au Commissariat général au développement durable (CGDD). Ce service a évalué durant six ans les espèces qui sont en danger, vulnérables, rares ou endémiques, listées dans les annexes de la directive européenne de 1992 "Habitats, Faune, Flore", et pour lesquelles doivent être désignées des zones spéciales de conservation dans le cadre du réseau Natura 2000.

Un règlement européen pour restaurer la nature

D'ici à 2050, les États de l'Union européenne (UE) doivent mettre en œuvre des mesures de restauration afin de rétablir une nature fonctionnelle et adaptée au climat futur. 30% de la surface des habitats identifiés en mauvais état devront être couverts par des mesures de restauration d'ici à 2030, les objectifs étant de couvrir 60% de ces habitats d'ici à 2040 et 90% d'ici à 2050.

Amplification de la détérioration de l'état de conservation

La directive de 1992 sur la conservation des espèces d’intérêt communautaire concerne environ 230 habitats et plus de 1 200 espèces animales et végétales dans l’UE, dont 129 habitats et 307 espèces en France. Elle vise à assurer et à maintenir un état de conservation favorable des habitats naturels et des espèces d’intérêt communautaire.

Globalement, 62% des 651 évaluations d’espèces révèlent un état de conservation défavorable, contre 24% présentant un état favorable (14% concluant à un état inconnu). Le pourcentage d'habitats en état défavorable avoisine quant à lui les 80%.

Par rapport aux premières évaluations précédentes réalisées entre 2001-2006 et 2007-2012, le niveau de connaissance des habitats et des espèces s’est affiné, ce qui complique les comparaisons sur le long terme. Toutefois, entre 2019 et 2024, 39% des espèces et des habitats se sont dégradés (44% pour les habitats et 37% pour les espèces), contre 26% sur la période 2013-2018 (avec respectivement 32% et 23% pour les habitats et les espèces). 

Des dynamiques écologiques contrastées selon les milieux

Dans les zones dites biogéographiques (zones géographiques climatiquement et écologiquement homogènes du point de vue des formations végétales et des températures), les Alpes et les Pyrénées sont les zones où les habitats et les espèces sont les mieux préservés tandis que la région méditerranéenne terrestre affiche aussi l’un des meilleurs niveaux de conservation des espèces, malgré un état de conservation des habitats défavorable. Les régions biogéographiques terrestres atlantique et continentale présentent les états de conservation des espèces les plus dégradés, avec près de 80% en état défavorable. La région atlantique affiche l’état de conservation des habitats le plus menacé.

Les milieux littoraux et dunaires figurent parmi les plus dégradés, avec 45% des évaluations concluant à un état de conservation défavorable mauvais dont 36% en déclin. Cette situation s’explique par leur forte vulnérabilité aux effets du changement climatique, une fréquentation touristique croissante. Les milieux aquatiques et humides présentent également un état de conservation particulièrement préoccupant : seuls 11% sont dans un état favorable, tandis que 41% sont dans un état défavorable.

Parmi les milieux terrestres, les milieux forestiers présentent la situation la moins défavorable. Seulement 18% des évaluations concluent à un mauvais état de conservation, témoignant d’une relative résilience de ces habitats.