Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des armées, sur le Concours National de la Résistance et de la Déportation, à Paris le 22 janvier 2019.

Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des armées, sur le Concours National de la Résistance et de la Déportation, à Paris le 22 janvier 2019. Geneviève Darrieussecq 22/01/2019 Concours CNRD Remise des prix du Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) 2017-2018

Monsieur le ministre, cher Gabriel,
Monsieur le Directeur de l'Enseignement Scolaire,
Monsieur l'Inspecteur Général de l'Education Nationale,
Monsieur le Recteur,
Monsieur le Directeur des Patrimoines, de la Mémoire et des Archives,
Mesdames et messieurs les membres du jury du CNRD,
Mesdames et messieurs les représentants des fondations de mémoire et du monde combattant,
Mesdames et messieurs les vétérans de la Résistance et de la déportation,
Mesdames et messieurs les chefs d'établissement et enseignants,
Mesdames et messieurs,
Chers lauréats, chers élèves, c'est à vous que je souhaite m'adresser en premier lieu.


Pour vous remercier de votre participation au Concours National de la Résistance et de la Déportation. C'est un bel engagement, c'est aussi un geste citoyen. Bravo !

Je tiens également à vous féliciter pour votre succès.

Vous recevez aujourd'hui le prix national d'un concours important. D'un concours qui tient particulièrement au ministère des Armées ; par son ancienneté, par son histoire et bien sûr parce qu'il véhicule les valeurs de notre République.

Vous venez des quatre coins de la France. Vous êtes des lycéens de Paris, de Mortagne-au-Perche ou de Douai. Vous êtes des collégiens de Manosque, de Marly-le-Roi ou de Château-Thierry.

Vous avez été distingués par vos académies et par le jury national parmi plus de 47 000 élèves qui ont participé à ce concours en 2017-2018. Je sais que vous êtes une source de fierté pour votre établissement scolaire. C'est l'occasion pour moi de saluer et de remercier vos enseignants, vos encadrants et vos chefs d'établissement. Le résultat que vous avez obtenu est aussi la réussite d'une équipe pédagogique.

Chers lauréats, vous venez de vivre deux jours chargés d'émotion autour d'un riche programme culturel. Vous avez visité quelques lieux des plus symboliques pour notre mémoire combattante. Je pense au Mont Valérien où repose une partie de notre mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Je pense au Musée de l'Ordre de la Libération, véritable hommage aux héros de la France Libre et de notre liberté. Hier soir, vous avez eu l'honneur de raviver la flamme du Souvenir sous l'Arc de Triomphe.

Ainsi, vous êtes des héritiers de la mémoire. Désormais, vous devez en être les relais partout sur le territoire national. Chers amis, poursuivez !


C'est la deuxième fois que le lycée Louis le Grand accueille cette cérémonie nationale. Il y a là un véritable sens.

Ici même, entre 1940 et 1944, des jeunes qui avaient vos âges - 16, 17, 18 ans - se sont mobilisés pour résister à l'occupant. Il en est ainsi de Jean-Marie DELABRE. Dès 1940, luttant contre la propagande de l'occupant, il invitait les Français à réagir. Comme nombre de ses camarades, il connut la répression, l'arrestation et la déportation. De retour en France en 1945, il ne cessa jamais le combat de la mémoire. Pour que jamais nous n'oublions ceux qui ont fait le choix de l'engagement et du refus dans l'un des pires moments de notre histoire.


Notre devoir est de poursuivre ce combat. C'est cette œuvre de partage et de transmission que notre pays doit accomplir sans faiblir. Transmettre aux jeunes générations est une priorité de mon action. Monsieur le ministre, c'est là une des missions communes de nos deux ministères.

Pour l'accomplir, nous savons que l'école est un lieu privilégié pour l'apprentissage des valeurs républicaines, l'enseignement de l'histoire et la transmission de la mémoire.

Nous savons aussi, que dans cette mission citoyenne, l'ONAC-VG, les fondations mémorielles et les associations du monde combattant contribuent activement au succès.

C'est tout l'état d'esprit du Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Je souhaite, Monsieur le Directeur de l'Enseignement Scolaire, réaffirmer l'attachement du ministère des Armées à ce concours. Le CNRD est attractif, reconnu et fédérateur. Nous l'avons constaté, il y a quelques minutes, il permet la créativité et le travail pluridisciplinaire. Ce concours a bénéficié d'une rénovation qui lui permet une diversification des établissements et une ouverture plus large. Personne ne doit être exclu de la mémoire !

Je remercie vivement vos partenaires. Je tiens à distinguer le travail de la Direction des Patrimoines, de la Mémoire et des Archives qui soutient très activement le CNRD et œuvre à sa valorisation.


« S'engager pour libérer la France », tel était le thème de la session 2017-2018. Il a permis le focus sur la notion d'engagement. C'est une notion qui est chère au Gouvernement.

Ce thème a mis à l'honneur ceux qui ont lutté. Ceux qui ont mis toute leur volonté dans l'accomplissement de leur devoir.  Les femmes et les hommes qui, au risque de leur vie, dans la Résistance intérieure et extérieure, ont forgé la libération de notre territoire. Il a permis de s'intéresser aux formes très variées de l'engagement, d'identifier les points communs et les originalités de ces parcours.

Ce thème fait écho aux priorités commémoratives de cette année. En effet, en 2019, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale occupera le premier plan.

La France se souviendra de l'année 1944 et commémorera le 75ème anniversaire de sa Libération. C'est à toute une génération engagée dans ce combat que nous rendrons hommage. Nous nous souviendrons des débarquements en Normandie et en Provence, de la libération de Paris, des maquis, des drames d'Oradour-sur-Glane et de Maillé.

Les commémorations de cet anniversaire ont déjà débuté en Corse, il y a quelques semaines. Puisque c'est dans l'Ile de Beauté qu'a débuté, en octobre 1943, la libération de la France métropolitaine.

En 2020, c'est la terrible année 1940 qui marquera nos mémoires. Celle de la défaite et de l'effondrement de la République, mais également celle du refus fondateur, celle du combat qui se poursuit.

Celle de la naissance d'un optimisme infatigable, dont Raymond AUBRAC disait qu'il était le fondement de la Résistance.

Aujourd'hui, chers lauréats, cet optimisme, en vous voyant, en vous écoutant, je l'ai chevillé au corps.

Cet optimisme auquel je crois, il s'appelle aussi « Europe » et amitié franco-allemande. En ce 22 janvier 2019, 56 ans après la signature du traité de l'Elysée par le président DE GAULLE et le chancelier ADENAUER, le président MACRON et la chancelière MERKEL marquent aujourd'hui une nouvelle étape de nos relations en renforçant ce traité, en consolidant nos liens étroits et en créant la première assemblée parlementaire franco-allemande. 

Ce message de paix est aussi le message du CNRD.


Je vous remercie.


Source https://www.defense.gouv.fr, le 23 janvier 2019 
 

Concours Concours Resistance Deportation Recompense 193000144

Déclaration de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, sur les grandes écoles de l'enseignement supérieur et de la recherche, Paris le 4 juin 2019.

Déclaration de Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, sur les grandes écoles de l'enseignement supérieur et de la recherche, Paris le 4 juin 2019. Frédérique Vidal 4/06/2019 grandes écoles de l'enseignement supérieur
  • Frédérique Vidal - Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

Je suis heureuse d'être parmi vous aujourd'hui pour votre assemblée générale annuelle à laquelle je n'avais malheureusement pas pu me rendre l'année dernière. Nous nous étions vus en 2017 et j'ai bien évidemment eu l'opportunité d'échanger avec beaucoup d'entre vous depuis. Je reconnais de nombreux visages dans la salle et cela ne relève pas du hasard : la C.G.E. et les écoles que vous représentez sont engagées au service de notre enseignement supérieur et de notre recherche, et je sais que vous contribuez chaque année largement aux discussions qui entourent les politiques portées par mon ministère. Votre expertise et votre dynamisme nous sont précieux et je tiens d'emblée à vous dire toute ma gratitude pour cette collaboration. Car si vous exprimez parfois vos inquiétudes et appelez de temps à autre à la vigilance, je sais que vous cherchez à construire et à vous inscrire dans les grands défis que notre enseignement supérieur et notre recherche doivent relever.

Pour n'en citer que quelques-uns : ces derniers mois, vous avez ainsi permis à la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants de s'ancrer durablement dans le paysage de l'enseignement supérieur français et vous avez soutenu le déploiement de Parcoursup. Je connais également les efforts déployés par plusieurs de vos établissements pour pouvoir rejoindre la plateforme dans les meilleurs délais et je me réjouis de votre engagement pour faciliter l'orientation de nos lycéens.

Ces dernières semaines, vous avez également pleinement participé à l'élaboration du projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche annoncé par le Premier ministre en février dernier. Vos contributions aux réflexions de chacun des trois groupes de travail que nous avons constitués sont toujours bienvenues car nous avons besoin du concours des écoles et de leurs équipes de recherche qui ne manquent ni d'audace (quand il faut innover), ni d'idées (quand il faut se rendre visible et attractif).

Ces derniers temps, enfin, et le sujet est d'actualité, vos écoles ont participé aux politiques de site qui se construisent partout sur notre territoire. Je sais que ces discussions ne sont pas toujours placées sous le signe de l'évidence ; mais je crois qu'elles progressent parce qu'à nos côtés, et aux côtés des universités, vous savez que l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche sur nos territoires ne peut se construire sans renforcer nos liens de coopération et d'interdépendance, dans l'intérêt de chacun. Qu'un IDEX ou Isite soit ou non en jeu, vous participez à ces discussions dans l'optique de chercher des terrains d'entente avec les universités et les organismes de recherche à même de répondre aux objectifs de notre système d'enseignement supérieur en termes d'excellence, de compétitivité internationale, mais aussi de capacité à répondre aux besoins des territoires et de nos concitoyens.

Bien sûr, chacun d'entre vous avez à cœur de défendre vos spécificités et vos marques distinctives.

Bien sûr, encore, les organismes de recherche et les universités cherchent à défendre les leurs.

Mais, vous comme eux, avez su les dépasser. Pour cela, il fallait de la maturité, de l'audace et une compréhension éclairée de ce qui se joue aujourd'hui. Vous le savez, les universités, les écoles et les organismes de recherche ont désormais un "destin lié". Toutes et tous savent que ce qui se passe dans des continents plus jeunes que le nôtre les dépassera rapidement si l'on se contente d'un immobilisme au confort illusoire. Car bien davantage aujourd'hui qu'hier, il importe "de faire UN".

Ce n'est pas simple. Je le sais. Mais c'est ainsi que, comme je le répète souvent, chacun prendra le meilleur de ce que fait son voisin et cessera de verser dans la caricature de ce qu'est "une école", "une université" ou "un organisme de recherche".

Alors, certes, des efforts sont nécessaires. Des "pas de côté" doivent être réalisés. Des "petites révolutions culturelles" doivent être tentées. Mais, justement, il s'agit bien là de "tentatives". Je l'ai voulu ainsi pour ne pas immédiatement lier le sort de chacun. L'ordonnance du 12 décembre dernier est un texte d'expérimentation. Alors, je vous le dis un peu solennellement aujourd'hui : expérimentez, bousculez les lignes qui vous paraissent pouvoir l'être et apprenez à construire ensemble une stratégie commune.

Ce n'est qu'à ce prix que l'on construit une véritable université de rang mondial telle que le jury international IDEX-ISITE l'attend mais, plus important encore, telle que le M.E.S.R.I. l'attend. Car nous ne créerons pas d'établissements expérimentaux qui ne caractériseraient pas une réelle ambition de créer, ensemble, un établissement unique. Bien entendu, cet établissement unique peut laisser une place particulière aux composantes qui, en son sein, conservent la personnalité morale. Mais, ce qu'il importe de montrer est que la stratégie d'excellence construite par tous les acteurs du regroupement sera effectivement celle qui sera suivie au sein de tout l'établissement expérimental.

Les politiques de site ne sont cependant pas le seul sujet d'actualité que je souhaitais aborder avec vous aujourd'hui.

Toute aussi important est celui de l'égalité des chances et de la diversité sociale qui doit irriguer l'ensemble de nos établissements, y compris les plus prestigieux car ils servent souvent, à tort ou à raison me direz-vous, de points de comparaison pour tous les autres.

Pour cette raison, j'ai décidé de m'emparer pleinement de cette question qui me paraît à la fois majeure et urgente.

Vous le savez comme moi, ces derniers mois, la France a connu une crise sociale importante, dont je ne vais pas ici retracer les tenants et les aboutissants.

Je voudrais simplement dire ceci : depuis plusieurs mois, le chef de l'Etat et le gouvernement ont pris le temps d'écouter le mécontentement de nombreux Français, mais se sont surtout engagés à agir pour transformer notre pays et cela implique de remettre en question nos usages sans jamais renoncer à nos valeurs.

Parmi celles-ci, nous trouvons l'innovation et l'excellence académique, ainsi que l'ouverture et la diversité sociale. Nos écoles doivent en effet être le reflet de notre pays et participer à la formation de ceux qui, demain et sur l'ensemble de nos territoires, devront relever les grands enjeux du monde contemporain.

Ne comptez, cependant, pas sur moi pour sombrer dans la caricature en disant que la reproduction sociale est implacable et qu'une petite caste parisienne kidnappe l'avenir du pays. Ne comptez pas non plus sur moi pour désavouer nos élites et les charger de tous les maux. Le pays a besoin de cette jeunesse qualifiée, capable et intègre.

Je sais que des efforts importants en faveur de la mixité sociale ont déjà été déployés dans nos écoles depuis une quinzaine d'années et que plus de la moitié de vos établissements accueillent au moins 30% de boursiers. Les écoles d'ingénieurs en comptent, elles, près d'un quart (23,8%) et les écoles de commerce 14%.

Ces efforts, donc, sont réels. Mais je veux le dire devant vous avez la plus grande fermeté : ils ne sont pas suffisants. Avec 38% de boursiers dans l'enseignement supérieur, la plupart des grandes écoles sont encore loin du compte.

Nous savons tous, évidemment, que les inégalités ne se structurent pas entre 17 et 20 ans et que le manque de diversité dans les grandes écoles est aussi la conséquence de phénomènes d'autocensure ou de difficultés à s'orienter et à accéder à l'information. Chacun doit néanmoins agir, à son échelle, et il nous revient aussi de tendre la main aux lycéens les plus méritants.

La question qui doit nous mobiliser est donc évidemment celle de l'entrée dans nos écoles. Peut-on, effectivement, sélectionner de manière égale, c'est-à-dire indifféremment, de jeunes gens aux conditions et aux opportunités radicalement différentes ? Peut-on parler d'une véritable égalité des chances quand on voit que les jeunes issus de milieux populaires ou éloignés des grands centres restent sous-représentés dans nos écoles, et ce malgré de nombreux dispositifs d'accompagnement ?

Peut-on estimer comparables les efforts qu'ont dû déployer, pour y entrer, celles et ceux qui sont issus d'un milieu dans lequel "faire une grande école" est une évidence et celles et ceux qui ignorent même que cette grande école existe et peut les accueillir ? Doit-on absolument se désintéresser des nombreux caps qu'ont eu socialement à franchir tous ceux que rien ne destinait à intégrer une grande école ? Le franchissement de ces caps ne dit-il pas "quelque chose" de celle ou de celui qui y est parvenu ?

On le sait tous plus ou moins confusément : il y a une faille dans notre modèle méritocratique et refuser de la voir finirait par le condamner dans son ensemble.

Le mérite, ce n'est pas être une "bête à concours" ou une "encyclopédie vivante". Le mérite peut aussi être ailleurs. Il est dans l'engagement et la volonté de chacun. Il est dans la capacité d'un lycéen issu d'un milieu socialement fragile à se distinguer et à s'engager dans ses études malgré les difficultés que d'autres ne connaîtront jamais. Cette volonté et cette capacité à convaincre que "l'on a aussi sa place là où ne nous attendait pas" ne suffisent peut-être pas à réussir un concours. Mais ne sont-elles pas, au fond, parmi les qualités les plus importantes que l'on attend de nos futurs décideurs ? Pourquoi, alors, ne sont-elles pas prises en compte lors de nos modes de sélection ? Pourquoi nos concours ne participent-ils pas à la correction des inégalités et à l'effacement des biais sociaux ?

Afin de réfléchir à ces questions aussi majeures que préoccupantes, j'ai donc souhaité confier la mission de formuler des recommandations ambitieuses pour l'avenir, chacun en ce qui le concerne, à plusieurs directeurs d'école, que je remercie d'avoir accepté cette tâche : les directeurs des E.N.S. et le président de l'Ecole polytechnique - que je missionne avec ma collègue Florence Parly. Signe que la démarche doit aller au-delà des écoles publiques, j'ai également sollicité les directeurs des trois écoles de commerce franciliennes, H.E.C., l'ESSEC et E.S.C.P. Europe, sous la coordination de la chambre de commerce et d'industrie Paris-Ile-de-France, qui ont accepté de se joindre à ces réflexions dans le respect de leurs spécificités. Après un premier point d'étape à la mi-juillet, je souhaite qu'ils me remettent un rapport final en septembre qui nous permettra de rapidement déployer de premières mesures.

L'objectif de cette mission est simple : il s'agit d'augmenter significativement la part d'étudiants issus de milieux populaires dans nos grandes écoles. Pour cela, après un travail d'évaluation et de concertation essentiel, nous fixerons des objectifs précis. Les établissements seront naturellement libres de déployer les politiques les mieux adaptées à leurs écoles, mais je crois que - sur ce sujet plus qu'aucun autre - nous avons des obligations de résultat et je souhaite que chacun s'engage à sa mesure, partout en France.

Dans cette optique, je souhaite que la réflexion qui s'ouvre soit sans tabous. Et en particulier, vous le savez, sans tabous vis-à-vis du concours, trop souvent vu comme l'alpha et l'oméga de l'entrée dans vos écoles. En la matière, il me semble essentiel de pouvoir s'interroger sur le recours à des voies d'admission dédiées, susceptibles de valoriser une diversité de talents et de compétences, mais auxquelles on pourrait notamment accéder via une préparation dont les écoles prendraient en tout ou partie la charge, afin de garantir le niveau académique des candidats. A l'instar du cycle préparatoire aux études supérieures (C.P.E.S.) de P.S.L., ne peut-on pas imaginer des cycles propres à la préparation de ces voies spécifiques, qui permettraient de révéler tout le potentiel de ces jeunes ?

Comme sur chaque sujet qui la concerne, la C.G.E. est évidemment amenée à jouer un rôle déterminant dans les travaux que je viens d'annoncer et je tiens à remercier chaleureusement votre présidente, Anne-Lucie Wack, de l'intérêt qu'elle a déjà manifesté pour cette mission. L'expérience de la C.G.E. en matière de dispositifs pour la diversité sociale dans nos écoles est effectivement éprouvée et nous comptons naturellement sur l'expertise de votre commission dédiée à ces sujets. Créée dès 2005, et je salue Vincenzo Esposito Vinzi qui en assure l'animation et qui saura s'inspirer des meilleures pratiques dans le travail conjoint aux trois écoles de management, cette commission a notamment permis l'adoption d'une "charte en faveur de l'égalité des chances" (2010) ainsi que la rédaction d'un Livre blanc de l'ouverture sociale des grandes écoles. Le nouveau baromètre que vous préparez sur cette question sera d'ailleurs une synthèse utile. Sa dernière édition témoignait déjà de l'engagement de vos établissements puisque nous y apprenions que plus de la moitié d'entre eux disposaient d'une équipe dédiée à la mixité sociale et que vos écoles y consacraient près de 200 000 euros en moyenne chaque année, en plus des nombreux dispositifs financiers d'exonération ou de bourses qui existent pour les étudiants issus de milieux modestes.

Mais vous êtes même allés au-delà en multipliant les voies d'accès aux établissements et, notamment, la voie universitaire historiquement plus diverse socialement que celle des classes préparatoires. En 2015, vous accueilliez ainsi 40% d'étudiants, en moyenne, par des "admissions parallèles" et plusieurs d'entre vous ont même développé des systèmes de prépas intégrées ou de bachelors qui laissent ensuite l'accès aux programmes "grande école".

Votre mobilisation doit ainsi être saluée et, même, amplifiée. Il est temps - et la situation politique du pays ne laisse aucune place au doute - de franchir un nouveau seuil dans l'ouverture sociale de nos établissements.

Il y a quelques semaines, le Président de la République a souhaité une réforme ambitieuse de la fonction publique, mais sa réflexion engage en vérité l'enseignement supérieur et notre système de formation dans son ensemble. Je m'entretiens régulièrement avec Frédéric Thiriez et nous souhaitons agir de concert pour revitaliser notre modèle méritocratique. Lui comme moi souhaitons dépasser la logique du recrutement strictement sur concours et réellement enrichir nos liens avec les universités.

Comme l'ENA, et je souhaite ainsi conclure, les grandes écoles françaises sont un levier de transformation sociale et politique du pays. Au-delà de l'impératif républicain d'accès aux meilleures formations et de l'épanouissement de notre jeunesse, le monde de l'entreprise appelle lui-aussi de ses vœux des cadres qui puissent endosser les plus hautes responsabilités et apporter de nouvelles compétences, notamment relationnelles et motivationnelles.

Il nous faut ainsi augmenter significativement la part d'étudiants issus de milieux populaires dans nos écoles sans jamais fragiliser leurs spécificités, leur positionnement international ou leur excellence universitaire.

Nous aurons besoin, pour cela, de votre soutien et de toutes vos expériences. C'est au prix de cette collaboration, et je sais que la C.G.E. sera une nouvelle fois au rendez-vous, que nous pourrons renouveler notre enseignement supérieur et donner encore davantage de légitimité et d'attractivité à nos grandes écoles.


Source http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr, le 6 juin 2019 

Enseignement supérieur Enseignement superieur Grande ecole Etudiant Reforme Concours 193001145

Déclaration de M. Edouard Philippe, Premier ministre, sur la nécessité pour les futurs diplômés de l'Ecole nationale d'administration de "sortir des silos avec des carrières toutes tracées", à Strasbourg le 18 mai 2018.

Déclaration de M. Edouard Philippe, Premier ministre, sur la nécessité pour les futurs diplômés de l'Ecole nationale d'administration de "sortir des silos avec des carrières toutes tracées", à Strasbourg le 18 mai 2018. Déclaration de M. Edouard Philippe, Premier ministre, sur la nécessité Visite par le Premier ministre de l'Ecole nationale d'administration (ENA) à Strasbourg le 18 mai 2018 « Monsieur le Directeur,
Monsieur le Député,
Monsieur le Président,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,
Voilà ! Sérieux et joyeux.
Je vous propose que nous mettions un peu plus l'accent aujourd'hui sur le caractère sérieux que sur le caractère joyeux, la presse est avec nous, enfin plus exactement elle est là. Vous avez dit Monsieur le Directeur que j'avais été élève dans cette école, entre 1995 et 1997, à l'époque la scolarité était organisée de la façon suivante : on passait le concours, lorsqu'on était un garçon on faisait son service militaire, sauf quand on ne voyait rien, ce qui est arrivé à un certain nombre de mes collègues qui, eux sont rentrés directement à l'école.
On faisait donc son service militaire et puis après son service militaire, on commençait par deux stages, deux fois 6 mois, un à l'étranger, un en préfecture. Et puis ensuite on venait à Strasbourg pour 7 mois, puis ensuite on repartait à Paris pour 7 mois. La scolarité était à l'époque, ça n'a rien à voir avec aujourd'hui bien entendu, essentiellement tournée vers les opérations relatives au classement. Vous avec donc beaucoup changé aujourd'hui, je ne peux pas croire que le projet pédagogique ne se soit pas enrichi. Il y avait au début de la scolarité, après les stages donc, alors que les membres d'une promotion ne se connaissaient pas beaucoup, certains évidement s'étaient habillés en vert et avaient fait des longues marches dans l'infanterie ou dans l'artillerie ensemble, donc ils se connaissaient mieux, mais enfin pour beaucoup d'entre eux, ils ne se connaissaient pas vraiment.
On allait dans un hôtel, au Ventron je crois, c'est peut-être toujours le cas…
Non !
Ça a changé, merci de me renvoyer à mon âge. On allait au Ventron et la première soirée était consacrée au choix du nom de promotion. Et c'était au fond une allégorie assez intéressante de ce qu'est l'Etat, puisqu'un groupe, pour le coup relativement homogène, 130 personnes, était réuni pour prendre une décision sans qu'aucune règle préétablie ne lui soit imposée. C'est assez savoureux, alors j'imagine que peut-être on fait encore ça quand même... Voilà ! Donc vous voyez assez bien ce que je dire, et donc on y passait une bonne nuit. Et dans mon année, le nom de promotion qui a finalement été choisi après de très longs échanges, toujours emprunts d'un très grand sérieux et d'une merveilleuse bonne foi, le nom qui a été retenu c'était celui de Marc Bloch.
Et je dois dire que je ne suis pas peu fier que c'est le nom de Marc Bloch qui a été choisi, parce qu'à la fin de la discussion, probablement utilisant l'épuisement de mes collègues et de mes camarades de promotion, il se trouve que j'ai réussi à convaincre une majorité, courte je crois, qu'il valait mieux choisir Marc Bloch que l'autre nom qui était en compétition qui était à l'époque Machiavel. Voilà ! C'est-à-dire que si aujourd'hui je venais comme ancien élève de la promotion Machiavel… Alors je n'avais pas ça en tête à l'époque, mais quand même. Donc Marc Bloch.
Il se trouve Monsieur le Directeur que vous avez récemment, je crois dans une interview le 2 mai dernier, j'ai les fiches, je sais ce que vous dites, évoqué la personnalité de Marc Bloch et vous l'aviez fait à juste titre. Car pour tout ceux d'entre vous qui connaîtraient le nom de Marc Bloch, mais ne connaîtraient pas son oeuvre, je vous encourage vivement à vous y plonger, à vous la rendre familière, à découvrir l'homme, ce qu'il a fait et ce qu'il a écrit à voir comment un intellectuel, historien de formation, brillant étudiant se transforme compte tenu des circonstances en officier faisant la guerre entre 1914 et 1918.
Dans ses oeuvres complètes, il y a des pages entières de courriers qu'il adressait aux parents ou aux conjoints des soldats qui servaient sous ses ordres et qui s'étaient fait tuer. Et à chaque fois, il écrivait un courrier expliquant le lien qu'il avait tissé avec le soldat en question et expliquant les circonstances, parfois, de son décès. C'est touchant d'humanité, c'est remarquablement écrit et ça dit beaucoup de choses sur l'obligation morale et le sens, pour le dire en bon français, du leadership que Marc Bloch se faisait de sa mission.
Et puis, c'est l'historien qui reprend le contrôle d'une vie redevenue civile, puis vient la deuxième Guerre mondiale. Et je passe trop vite sur l'apport essentiel de Marc Bloch à la connaissance de monde féodale. Et puis revient la 2nd Guerre mondiale et Marc Bloch a dépassé l'âge de la conscription, il n'a pas vocation à servir sous les drapeaux mail il insiste. Et il revient dans des tâches qui sont plus des tâches de logistique que des tâches de combat, mais néanmoins pour servir le pays. Et puis c'est la défaite et puis il écrit « L'Etrange défaite ». « L'Etrange défaite », que je suis sûr tout le monde ici a lu… Merci. C'est un exercice tout à fait étonnant d'analyse, quasi immédiate, par un historien d'un événement qu'il vit, qu'il analyse mais qu'il vit d'abord avec un… enfin qui constitue un drame, donc pour le coup, très peu de gens ici peuvent avoir même le début du commencement de l'idée de ce qu'il représente. Voilà un homme qui a servi son pays, qui a travaillé au rayonnement intellectuel français, à l'avancée de la science historique et qui voit son pays s'écrouler, son armée s'effondrer, son système politique se déliter et il essaie de l'expliquer.
Et les explications qu'il propose sont pénétrantes d'intelligence, de lucidité sur ce qui a conduit à cet effondrement. Et pour toutes personnes qui a l'immense bonheur et l'immense honneur de servir l'Etat, et donc de servir le pays, se pénétrer de ce que dit Marc Bloch, à la fois de sa lucidité, des leçons qu'il tire de l'effondrement, est me semble-t-il, bien plus utile que tous les cours. Je ne dis pas qu'ils sont inutiles, je dis que cette lecture me semble plus utile, je suis désolé pour les professeurs qui sont là.
Moi j'en retiens de ce livre plusieurs choses et d'abord, le fait que ce qui est ancien et qui paraît fort peu s'effondrer. Retenez-le. Nous vivons parfois trop souvent, en tout cas peut-être ma génération a vécu trop souvent, avec l'idée que ce qui était là depuis longtemps avait forcément vocation à durer. Je crois que s'agissant des constructions politiques, des systèmes politiques, ça n'est pas vrai. Et il faut veiller à ce que les choses qui nous paraissent évidentes, la démocratie, l'empire de la loi, l'état de droit, la paix, la construction européenne, tout ce que nous tenons pour acquis ne soit pas au fond tellement miné et tellement fragilisé, que sous l'impact d'un choc extérieur ou intérieur, le système dans son ensemble s'écroule.
La 2eme chose que je retiens de cette lecture, c'est que ceux qui ont la chance d'être, comme je le dis parfois de façon un peu triviale, aux manettes, soit qu'ils exercent des mandats pour lesquels ils ont été élus, soit qu'ils servent l'Etat dans des fonctions qui les amènent à prendre des décisions et à exercer des responsabilités, ceux la ont un rôle à jouer, une responsabilité, je crois profondément que l'Etat, l'administration peut changer la vie, je crois profondément que de mauvaises décisions peuvent conduire à des catastrophes. Et ça n'est pas du tout incompatible ce que je vous dis avec la conception très claire dans mon esprit que ceux qui servent l'Etat, ceux qui prennent des décisions doivent s'astreindre à la plus grande des modesties, mais ils ont un rôle à jouer. Et c'est ce que dit Marc Bloch, la défaite est avant tout une défaite préparée par l'absence de décision ou par de mauvaises décisions. Alors je ne peux pas dire que j'ai passé le concours de l'ENA, parce qu'ayant lu Marc Bloch, j'avais vu la lumière et qu'évidemment la vocation s'ouvrait à moi. Ca n'est pas vrai, j'avais pris cette décision avant de lire ce livre. Et dans le choix qu'on peut avoir de servir l'Etat, de multiples raisons peuvent intervenir. Mais rétrospectivement, je me dis qu'essayer d'être à la hauteur de ce qu'implique la lecture de Marc Bloch est un objectif parfaitement légitime et probablement très ambitieux pour tous ceux qui, dans cette salle et ils constituent la totalité de ceux qui sont dans cette salle, veulent un jour servir l'Etat et apporter une pierre à l'édifice.
Alors j'ai réfléchi, enfin plus exactement un certain nombre de gens autour de moi ont réfléchi à ce qu'on pouvait dire de façon intéressante à des jeunes gens, si si, qui se destinent à servir l'Etat ou les collectivités territoriales et qui savent déjà beaucoup de choses, souvent beaucoup plus encore que moi. Et on m'avait préparé un discours remarquable, mais peut-être un peu technique. Et au fond je ne crois pas que la technique soit l'essentiel, d'abord si je me souviens bien de ce qu'on fait ici, la technique vous en mangez matin, midi et soir, donc je vous propose de ne pas nous encombrer d'une trop grande technique. Et je voudrais vos indiquer le sens de ce que nous essayons de faire en ce moment au gouvernement et sous l'autorité du Président de la République, je vous mets à l'aise, nous ne sommes pas en meeting, mais je voudrais vous expliquer quel est le sens de l'action que nous engageons et puis ensuite je voudrais très rapidement et de façon peut-être un peu pompeuse qui vous donnera l'impression que c'est un vieux schnock qui vous parle, vous dire deux ou trois choses que j'ai apprises et qui pourraient peut-être le cas échéant vous servir dans le cours de votre carrière.
Qu'est-ce que nous essayons de faire avec le Président de la République et quel est le sens des décisions que nous prenons ?
Le sens des décisions que nous prenons vient d'un constat, qui n'est pas sans lien avec ce que j'évoquais tout à l'heure quand je parlais de Marc Bloch. Il vient du constat que notre pays, que nous aimons profondément tel qu'il est, avec ses lumières, avec ses ombres, avec ses gloires et avec ses moments plus questionnables, notre pays avec ses atouts considérables ne fonctionne pas, ne vit pas, n'a pas le rôle, n'offre pas les opportunités aux Françaises et aux Français à la hauteur de ce que nous espérons et de ce que nous attendons de lui.
Ça part du constat que dans beaucoup d'autres pays très comparables à la France, parce qu'ils sont démocratiques, parce qu'ils vivent dans un monde soumis à des contraintes qui sont les mêmes que les nôtres, des décisions ont pu être prises par le passé qui ont produit des effets, alors que ces décisions n'ont pas été prises en France et qu'elles n'ont donc pas produit d'effet. C'est le constat de ce qu'un système politique, qui a mis l'avantage et qu'il ne me revient pas de critiquer dans son fonctionnement, a conduit à trop de renoncements, à trop de compromis à certains égards, et que les Français le savent, le sentent et s'en inquiètent.
Au fond, notre idée c'est de dire que pour que nous soyons collectivement à la hauteur de nos objectifs, il fallait non pas casser le système mais le transformer profondément. Et en 2017, en faisant les choix qui ont été les siens, le Président de la République a proposé une recomposition politique qui ouvre, me semble-t-il, une fenêtre très particulière. Elle ouvre une fenêtre en essayant de rassembler et en rassemblant, puisque les Français aux élections législative ont voté, une majorité qui se fixe comme objectif de mettre en oeuvre les engagements qui ont été pris par le Président de la République et de transformer, d'essayer, c'est un terme que j'utilise souvent, de réparer toute une série de choses qui ne fonctionnent pas dans le pays. Je ne vous ferai pas la description de ce que nous avons fait autour du triptyque devenu quasi-légendaire, du libérer, protéger et unir, mais je voudrais vous dire que notre objectif c'est bien de réparer, de réparer et de réparer à long terme, en mettant le paquet, pardon pour le caractère trivial de cette expression, sur l'éducation et sur la formation et sur la compétence. Parce qu'il est bien évident que c'est la priorité et la meilleure des protections de nos concitoyens, c'est le sens du dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les zones REP et REP + parce que ça se joue là. On verra en nous les effets, nous dans l'exercice de notre mandat, probablement pas, mais en attaquant le sujet et en prenant ces mesures maintenant, nous préparons, je le crois très profondément, des effets pour la suite, en transformant la façon d'entrer dans l'enseignement supérieur et la façon de concevoir le début des études supérieures.
Tout le monde sait en France que le premier cycle de l'enseignement supérieur, qui est fondamental, mille choses s'y jouent : l'intelligence d'une nation, la capacité à chercher, la capacité à former, eh bien que ce premier cycle de l'enseignement supérieur ne fonctionnait pas dans de bonnes conditions.
Il était caractérisé par 2 choses : une sélection par l'échec, 60% de ceux qui rentraient dans l'Enseignement supérieur ne réussissent pas au bout de 3 ans le diplôme qu'ils préparent, 60%. C'est un gâchis humain considérable et c'est un gâchis collectif considérable. Et quand « trop de gens » étaient candidats pour une filière, le tirage au sort. Je ne crois pas que ce soit à la hauteur de la promesse républicaine auquel beaucoup d'entre nous croyons, sur l'idée qu'il faudrait promouvoir et le mérite et le travail et l'effort.
Et donc, nous avons voulu modifier ce système, c'est la loi orientation et réussite étudiante, pour passer d'un système de tirage au sort à un système d'orientation véritablement accompagné, pour faire en sorte que le premier cycle puisse être adapté aux choix des étudiants, plutôt que de faire en sorte de les étudiants qui ne seraient pas adaptés à la formation échouent de façon systématique. C'est un changement de façon d'organiser les choses et c'est un changement parfaitement assumé, dont je suis certain qu'il produira des effets, absolument certain. C'est la raison pour laquelle nous voulons mettre le paquet sur l'apprentissage, sur la formation en alternance.
Là encore, les chiffres ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux français, nous somme à Strasbourg, de l'autre côté du Rhin vous avez un pays qui a fait, qui assume, qui promeut le choix de l'apprentissage et ça marche, ça marche dans toutes les filières.
En France, l'apprentissage se maintient à des chiffres qui sont beaucoup trop faibles, grâce à l'enseignement supérieur. Les formations en alternance dans l'enseignement supérieur sont en train de compenser la diminution continue et préoccupante du nombre de lycéens ou de jeunes gens qui choisissent les formations en alternance. Là encore nous devons inverser la logique, faire en sorte qu'à chaque fois qu'il y a une entreprise qui veut recruter un apprenti et un jeune qui veut se former, on puisse avoir le financement du contrat et la formation qui est proposée. C'est ça l'objectif de la réforme qui sera discutée au Parlement dans les semaines qui viennent. L'école primaire, la réforme du bac, la réforme de l'entrée à l'enseignement supérieur, l'apprentissage, la plan public d'investissement dans les compétences que nous dotons de près de 15 milliards d'euros, tout ça a pour vocation de faire en sorte que nous musclions, que nous formions, que nous préparions la jeunesse française et donc la France, à la compétition internationale et à l'épanouissement individuel, c'est ça l'objectif.
Il est bien évident que nous ne gagnerons pas cette compétition et au fond, on n'est pas là pour gagner des compétitions, on est là pour vivre de la façon dont on veut vivre. Nous ne vivrons pas comme nous voulons si nous ne gagnons pas ce défi de l'intelligence collective. Et mettre le paquet dans tous les domaines et à tous ces échelons, c'est d'une certaine façon répondre quelques décennies après à l'interrogation formulée et au constat dressé par Marc Bloch. C'est aussi pour préparer l'avenir et pour faire en sorte que nous puissions vivre comme nous le souhaitons, pour être maître de nos choix que nous avons décidé de passer un cran et un cran très notable dans la préparation de notre sécurité et de notre défense. Dans le cadre de la loi de programmation militaire, nous avons assumé, assumé de consacrer beaucoup plus de moyens à l'organisation de notre défense et au financement de notre effort militaire. Parce que nous vivions dans un mode qui est dangereux, qui est instable, qui est tendu et que, là encore d'une certaine façon, nous savons et nous avons payé pour savoir dans notre pays que ne pas être prêt était souvent le début d'une défaite parfois morale et parfois militaire. Nous devons donc faire en sorte d'être prêt sans agressivité, mais sans faiblesse non plus à défendre nos intérêts et à pouvoir les faire prévaloir, là où nous considérons qu'il en est ou qu'il en va de la sécurité nationale. Préparer l'avenir, c'est aussi faire oeuvre, difficile, très difficile d'assainissement des comptes publiques. Là encore, il ne s'agit pas de théorie, il s'agit simplement d'expérience.
Des collectivités locales, des Etats nous ont montré ce qui arrivait lorsque le niveau d'endettement était tel que la perte de contrôle de la dépense publique était telle, le décalage, entre ce qui était dit et ce qui était fait, était tel que l'on finissait par perdre une partie de sa souveraineté. Ce que je dis n'est pas théorique, les Grecs l'ont vécu, ils ont perdu une partie de leur souveraineté, à un moment donné de leur histoire parce qu'ils n'avaient pas pris les décisions qui leur permettaient d'éviter de se trouver dans cette situation. Et notre objectif, c'est de faire en sorte que nous puissions tenir les engagements qui ont été pris, de faire en sorte de faire se correspondre dans toute la mesure du possible les engagements et la réalité, les engagements de la France pris il y a longtemps et la réalité d'aujourd'hui et la réalité de demain.
Là encore, l'assainissement des comptes publics, la maîtrise de la dépense publique qui n'est pas un sujet qui disparaîtra d'ici la fin de votre formation, quelque chose me dit que tous vous aurez à connaître de cette exigence, qui va s'imposer durablement, eh bien, ça n'est pas autre chose que le souci de faire en sorte que notre pays puisse vivre dans les conditions dans lequel il le décide et non pas dans les conditions dans lesquelles d'autres nous l'imposeraient. Et dans tous les domaines, il s'agit, je n'ai pas à en faire la description exhaustive car sinon je vais épuiser l'ensemble de la salle, l'objectif, c'est de redonner du crédit à la parole publique, à la position de la France vis-à-vis de ses alliés et à la position de la France vis-à-vis de ceux qui ne sont pas ses alliés.
Redonner du crédit pour défendre notre souveraineté, pour vivre de la façon dont nous souhaitons vivre, ça peut sembler des grands mots et dans le brouhaha permanent de l'actualité en continu, pardon, on perd parfois le fil des choses essentielles, mais lorsqu'on sert l'Etat on doit d'abord servir ce projet, cette idée. Alors, quelques, non pas leçons, je ne suis pas du tout à même de pouvoir vous en donner mais quelques conseils si vous m'y autorisez en tout cas quelques enseignements que j'ai moi-même retirés de ma courte vie administrative. D'abord, je pense qu'on peut tout à fait et je pense même qu'on doit tout à fait lorsqu'on est un serviteur de l'Etat ou un haut fonctionnaire territorial et d'ailleurs simplement lorsqu'on est quelqu'un, lorsqu'on est soi-même, on doit toujours pouvoir faire en sorte d'être sérieux sans se prendre trop au sérieux et je vous encourage vivement à concevoir le service de l'Etat exactement de cette façon.
Servir l'Etat est un honneur, il faut prendre très au sérieux ce que vous faites, très au sérieux mais ce n'est pas la peine de vous prendre, vous, au sérieux. Ça, vraiment, ce n'est pas la peine d'abord parce que ça ne sert à rien, ça ne vous rend pas plus intelligent, ça ne vous rend pas plus audible, ça ne vous rend pas plus convaincant, en revanche, ça peut vous nuire. Mais ce que vous faites, la mission qui est la vôtre, alors celle-là doit être prise au sérieux et je sais parfaitement parce que vous le vivez, on le vivait déjà à mon époque, peut-être le vivait-on 20 ans avant que je devienne élève de cette école, je sais très bien le bruit de fond critique sur les énarques, je sais très bien le bruit de fond critique sur ceux qui par le travail, par les concours s'élèvent et que l'on balaie d'un revers de main en disant qu'ils constitueraient l'élite et qu'à ce titre, ils seraient comptable de toutes les mauvaises décisions qui ont été prises avant eux et de tous les échecs après eux qui surviendraient. Je connais ce bruit de fond, vous l'avez dit, Monsieur le Directeur, le fait que le Premier ministre qui en droit n'est pas simplement un tuteur, est-ce que j'ai la tête d'un tuteur moi ?, mais qui est le chef du gouvernement et qui, au terme de la Constitution dispose de l'administration et qui est donc le patron de cette école. Le fait que les Premiers ministres ne viennent pas indiquer ce qu'ils veulent faire, à ceux qui d'une façon ou d'une autre va permettre la transformation de l'action publique, est, me semble-t-il, une forme de renoncement à laquelle il ne faut pas céder.
Il faut donc que vous soyez fiers de ce que vous faites, sans vous prendre au sérieux mais fiers de ce que vous faites parce que si vous ne l'êtes pas, vous ne ferez pas bien. Pardon de dire des choses qui vous paraissent sans doute évidentes mais enfin, les évidences il y a parfois des moments où c'est utile de les rappeler.
Deuxième chose qui me semble évidente, essayer dans toute la mesure du possible de faire et si vous pouvez de privilégier plutôt les activités de production et d'action que les activités de contrôle et d'analyse. C'est très important le contrôle et c'est un type qui a commencé sa vie administrative au Conseil d'Etat qui vous dit ça. Mais il y a beaucoup plus de satisfaction dans l'administration à faire qu'à contrôler, beaucoup plus d'intérêt même, dans le faire que dans le contrôler. Et on a, je vous le dis comme je le pense dans l'administration d'Etat un besoin considérable de gens qui savent faire, de gens qui sont capables d'être des maîtres d'ouvrage, des chefs de projets, pas simplement de gens qui savent élaborer une norme, vous voyez. Oui, je sais qu'il y a un examen de logistique cet après-midi !
Voilà, je vous encourage à le passer sérieusement parce que c'est important et je vous encourage aussi à privilégier la capacité à faire. Je voudrais vous faire part d'une expérience qui a été la mienne lorsque j'ai commencé mon engagement politique au Havre. J'étais fonctionnaire d'Etat et comme trop souvent, c'était à mettre sur le compte de ma jeunesse et de mon inexpérience mais comme trop souvent, les fonctionnaires d'Etat et parfois les hauts fonctionnaires de l'Etat, j'avais à l'égard des administrateurs territoriaux un sentiment qui n'était pas à la hauteur de ce qu'il aurait dû être. Et je vous le dis à vous qui allez servir l'Etat, il y a dans les collectivités territoriales des fonctionnaires qui n'ont pas le même métier que vous, mais qui font les choses, qui ont la maîtrise d'ouvrage des projets qui transforment la France, qui savent des choses que l'Etat parfois ne sait plus faire. Et donc je crois véritablement que nous gagnerons collectivement si nous faisons en sorte de faire descendre les capacités de décision là où les décisions devraient être prises, et si nous mettons en place des mécanismes qui vous permettent de faire plutôt que de contrôler ou de produire des normes.
Une partie de ça dépend des décisions du gouvernement, j'en suis parfaitement conscient, mais une partie de ça dépend aussi d'une certaine façon de vous et des décisions que vous prendrez. Il ne vous a pas échappé que le gouvernement avait pris la décision de faire en sorte que ceux qui, et c'est bien légitime, choisissent les corps comme on dit d'inspection et de contrôle puissent très rapidement après leur entrée en fonction être envoyés sur des missions qui sont jugées prioritaires par le gouvernement, totalement opérationnelles et sur lesquelles on aura besoin de matière grise et qui vos apprendront beaucoup et dans lesquelles vous pourrez offrir beaucoup, que ce soit dans les territoires ou les collectivités territoriales d'outre-mer, que ce soit sur des missions de transformation de l'administration publique, que ce soit sur des priorités à la complexité technique redoutable, nous avons besoin que, très tôt dans leur carrière, les fonctionnaires et les hauts fonctionnaires de l'Etat puissent venir en soutien des vrais projets opérationnels où ça peut faire une différence. Et ceux de la promotion Churchill seront bientôt missionnés en fonction des missions qui ont été définies comme prioritaires par le gouvernement pour apporter une contribution qui sera utile à la transformation de l'action publique.
Troisième conseil, leçon ou en tout cas élément que moi je retire de ma courte vie administrative et de ma vie politique, sortez des silos au maximum. On a trop, beaucoup trop souvent l'impression, et quand on est dans cette école, c'est parfois pire, que l'action administrative, et même la vie professionnelle, serait constituée de silos qui auraient leur cohérence et qui seraient finalement destinés à perdurer quoi qu'il arrive. On monterait en fonction d'une direction très linéaire les échelons successifs d'une carrière. Au maximum, sortez des silos. A l'intérieur de l'administration, vous aurez de multiples opportunités, certains en auront beaucoup, d'autres en auront moins, mais saisissez-les. A l'intérieur des administrations, allez voir dans les collectivités territoriales, vraiment, allez exercer des fonctions dans une commune, dans une métropole, dans un département, dans une région. Vous y apprendrez énormément de choses, vous y serez utiles et si vous revenez dans la fonction publique d'Etat, ce que je souhaite, vous apporterez une contribution considérable à l'amélioration du fonctionnement de l'administration d'Etat. Je vous le dis tel que je pense. Sortez des silos des administrations pour aller ailleurs, exercez des responsabilités professionnelles dans des associations, dans des entreprises, bien entendu les allers retours de la fonction publique vers les entreprises posent des questions d'éthique ou de conflits d'intérêts qu'il faut évidemment prévenir, évidemment, mais elles n'invalident pas le principe selon lequel on peut apprendre énormément en sortant de l'administration et lui redonner énormément en y revenant et là encore, je vous invite vivement à ne pas envisager la vie professionnelle qui est devant vous comme une espèce de voilà, de grand tube donc on ne pourrait pas sortir. C'est vraiment important pour vous, sans doute, mais ça, vous ferez ce que vous voudrez, mais c'est important pour l'ensemble et pour la vie de l'administration. C'est la raison pour laquelle nous avons préparé des dispositions qui permettront ces allers retours, ces sorties, ces entrées de façon plus souple, plus rapide et qui vous permettront d'une certaine façon de prendre plus de risques.
Voilà des choses très simples que je voulais vous dire. Je ne sais pas si elles sont très simples d'ailleurs mais enfin en tout cas, je voulais vous les dire.
Vous avez dit, Monsieur le Directeur, que j'étais sérieux et joyeux quand j'étais étudiant, je suis toujours sérieux et je crois être demeuré assez joyeux. Il y a une chose que j'ai découvert le lendemain de ma sortie de l'ENA, quand je suis arrivé au Conseil, c'est que ce que j'avais appris à l'ENA n'avait pas beaucoup d'intérêt. Pas beaucoup. En revanche j'avais appris une chose exceptionnellement utile, exceptionnellement utile, c'est que j'avais appris à travailler vite et à apprendre et c'est ça l'essentiel, bien entendu. Ce n'est pas le contenu technique de tel ou tel cours qui est la plus important, vous l'avez parfaitement compris, vous le savez et ça, ça c'est important, car l'agilité intellectuelle, la capacité à travailler en commun, la capacité à s'exprimer, la capacité à définir des objectifs, à des mettre en oeuvre, l'Etat en a sérieusement besoin aujourd'hui et dans les années qui viennent.
Merci des choix que vous avez faits et bon courage pour la suite on a besoin de vous. »
source https://www.gouvernement.fr, le 18 juin 2018
Enseignement supérieur Fonction publique ENA Scolarite Concours Classification professionnelle Carriere professionnelle Mobilite professionnelle Haut fonctionnaire 183001289

Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la Semaine des ambassadeurs, à Paris le 30 août 2016.

Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la Semaine des ambassadeurs, à Paris le 30 août 2016. Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et Semaine des ambassadeurs - Finale du concours d'éloquence , à Paris le 30 août 2016 La semaine des ambassadeurs a lieu tous les ans. Cette année plus de 200 de nos représentants dans le monde entier sont présents. La France a l'un des réseaux diplomatique les plus anciens et les plus denses au monde. Nous en sommes très fiers mais il faut vraiment beaucoup travailler pour garder notre cap, pour garder la qualité de notre représentation à l'échelle du monde. La France est attendue, la France est espérée parce que nous représentons quelque chose : une histoire, des valeurs et des combats. Mais, rien n'est jamais acquis, il faut sans cesse relever le défi pour rester au niveau de notre histoire et de ce que nous représentons.
C'est une semaine d'intense travail que nous abordons avec conviction et modestie, mais aussi avec détermination pour être à la hauteur de l'attente de nos concitoyens, en France et dans les pays qui nous regardent. Certains de ces pays traversent des épreuves terribles et le rôle de la diplomatie française est de travailler à chercher des solutions, de travailler à la paix. Pour cela, nous avons besoin d'ambassadrices et d'ambassadeurs motivés, professionnels et convaincus qui viennent, pendant une semaine, réfléchir, échanger, se ressourcer, pour repartir avec une ligne directrice fixée par le président de la République et par le gouvernement. Vendredi, je tirerai les conclusions de cette semaine.
Comme chaque année, en préparant ce moment, nous avons voulu innover un peu en sortant du cadre traditionnel de l'administration. Hier, il y avait une journée tout à fait intéressante que l'on appelle «speed dating» consacrée à l'accueil des petites et moyennes entreprises, voire des très petites entreprises, qui sont très nombreuses dans notre pays à vouloir exporter. L'an dernier, ce sont 125.000 PME qui ont exporté. Mais, une petite entreprise avec peu de moyens financiers a du mal à accéder aux informations et un grand groupe international n'a pas vraiment besoin de nous. Parmi les missions des ambassadeurs aujourd'hui, il y a donc l'accueil et l'accompagnement des entreprises à l'export. Les ambassadeurs passent environ 40% de leur temps à accueillir les entreprises. Comme je le disais, l'année dernière, 125.000 petites entreprises se sont lancées dans un projet d'export. Les entrepreneurs se sont donc inscrits en ligne à ce rendez-vous d'hier et les ambassadeurs, travaillant dans des grands et des petits pays, étaient là et très motivés. Ils étaient réunis par régions et occupaient tout ce centre de conférences du ministère des affaires étrangères où nous sommes réunis ce soir. Chaque chef d'entreprise s'exprimait un quart d'heure. Les ambassadeurs avaient pris connaissance à l'avance de leurs dossiers. Le dialogue a pu ainsi facilement se nouer. Puis il y avait un gong et on passait à un autre chef d'entreprise. Il y en a eu plusieurs centaines toute la journée, 500 entreprises sont venues. C'est formidable. Ce sont des projets de personnes qui ont des idées extrêmement précises. Ils veulent qu'on les aide à ouvrir les portes, qu'on les accompagne. C'était une innovation qui avait commencé l'année dernière et qui, cette année, est en train de trouver son rythme de croisière.
Et puis, il y a une autre innovation, c'est d'ouvrir les portes au public. 2.000 personnes se sont inscrites pour participer à cette journée que l'on pourrait considérer comme une Journée «portes ouvertes» du ministère des affaires étrangères. Il y a eu trois tables rondes où les ambassadeurs, avec le public, ont abordé trois thèmes très importants, trois thèmes difficiles qui mobilisent notre diplomatie.
- Diplomatie et les migrations,
- Diplomatie et le fait religieux,
- Diplomatie et la lutte contre le terrorisme.
Il y a eu beaucoup de questions, beaucoup d'interventions et de points de vue parfois dérangeants qui se sont exprimés mais - j'en ai parlé avec les ambassadeurs et nous aurons encore le temps d'en parler d'ici à la fin de la semaine avant de tirer des conclusions - les ambassadeurs sont très motivés par ce qu'ils ont entendu. Certains propos les ont parfois bousculés, mais ils repartiront rassurés sur les convictions des Français de toutes générations, dont surtout beaucoup de jeunes, qui ont envie de connaître le sens des choses, qui ont envie d'y croire. Ils ont des exigences et des attentes mais ils ont envie de trouver le sens de notre histoire collective. Le savoir est important pour nous. On s'en doutait mais cette journée «porte ouverte» nous aura encore davantage convaincus.
Il y a également eu des rencontres avec douze ambassadeurs qui se sont portés volontaires et qui, pendant toute la journée, ont présenté leur métier. Il y avait beaucoup de monde, c'est donc que cela intéresse.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir inventé les concours d'éloquence, cela existe ailleurs depuis longtemps, mais c'est la première fois qu'il se déroule à l'occasion de la semaine des ambassadeurs. Là aussi, il y a eu des inscriptions en ligne, 80 personnes se sont inscrites, il y a eu une pré-sélection, une demi-finale avec dix personnes qui sont restées. Maintenant, c'est la finale, et la finale c'est vous. Je ne vais pas faire une appréciation du jury sur chacune et chacun d'entre vous, mais Myriam, Aurore, Paul, Nattapat et Vianney, je voudrais tout d'abord vous remercier d'avoir participé avec beaucoup de coeur à ce concours d'éloquence. Beaucoup de coeur et beaucoup de talent pour chacun d'entre vous. Vous n'êtes videmment pas arrivés par hasard. On voit que vous y avez cru et que vous avez pris cela au sérieux, sans vous prendre au sérieux. Vous nous avez fait beaucoup rire d'ailleurs, mais pas seulement. On aurait pu parfois pleurer en vous écoutant, pleurer positivement parce que nous étions émus de vous voir faire quelque chose en quoi vous croyez, au-delà de votre exercice oratoire. C'est toujours une épreuve bien sûr, si on veut réussir un tel exercice, il faut donner de sa personne, de son intelligence, de son coeur et il faut donner physiquement, pour que ceux qui vous écoutent soient attentifs jusqu'au bout et que vous puissiez leur faire passer un message. Chacune et chacun d'entre vous l'avez réussi. Merci pour tout cela.
Notre jury a donc délibéré, il faut choisir et c'est difficile. Mais ce n'est pas injuste car vous êtes tous vainqueurs de cette épreuve. Mais, l'un ou l'une d'entre vous terminera premier ou première. Qui est-ce ? Nous avons échangé et nous avons choisi Aurore. Aurore, vous nous avez beaucoup touchés les uns et les autres. Pendant quelques instants, vous vous êtes mise dans la peau du ministre des affaires étrangères, vous avez habilement et astucieusement mis en scène le message que vous vouliez faire passer, car il y a un message dans ce que vous nous avez dit. Il y a un message personnel, une histoire vécue, avec des moments de joie, d'enthousiasme et aussi de souffrance, mais en aucun cas de résignation. C'est un message d'espoir que vous nous avez transmis, un message de confiance. Ceux qui se sont exprimés l'ont fait aussi, mais vous l'avez peut-être fait encore mieux que les autres. Et surtout, nous qui venons de délibérer, nous n'avons pas beaucoup hésité car nous nous sommes sentis concernés.
Lilian Thuram a été le grand témoin de cette journée et je le remercie tout particulièrement parce qu'il n'est pas engagé qu'aujourd'hui. Il est tout le temps en direction des jeunes. Il pourrait d'ailleurs parler beaucoup mieux que moi, et avec beaucoup plus d'éloquence que moi, de tout ce qu'il rencontre comme attente, comme espérance, comme exigence, comme talent, comme capacité chez les jeunes. Ce que nous avons partagé avec Lilian et avec les ambassadeurs, c'est aussi une certaine idée de notre pays et de ce qu'il représente dans le monde. Vous nous avez fait passer un message pour que nous gardions cette intelligence de l'optimisme et de la volonté, c'est-à-dire de ne jamais renoncer aux valeurs de la France, quelles que soient les circonstances, de ne jamais nous résigner.
C'est donc un message d'espoir que vous nous avez adressé, un espoir de mobilisation, pas seulement à nous, le jury, mais à tous ceux qui sont venus ici, et au-delà de nous-mêmes et j'espère aussi aux Français. Pour tout cela, Aurore, un grand merci.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 19 septembre 2016
Politique étrangère Diplomatie Exportation Ambassadeur Concours 163002574

Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le prix image Sergent Vermeille, un concours photographique témoignage de l’implication des hommes et des femmes de la Défense, à Paris le 9 février 201

Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le prix image Sergent Vermeille, un concours photographique témoignage de l’implication des hommes et des femmes de la Défense, à Paris le 9 février 2016. Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens co Remise du prix image Sergent Vermeille, à Paris le 9 février 2016
Permettez-moi en tout premier lieu de saluer les membres de la famille du Sergent Sébastien Vermeille et tout particulièrement ses enfants avec qui je remettrai tout à l'heure les prix,
Monsieur le Directeur de la Délégation à l'Information et à la Communication de la Défense, cher Pierre,
Monsieur le président de l'association Terre Fraternité, mon général,
Monsieur le Directeur de l'Etablissement de Communication et de Production audiovisuelle,
Messieurs les chefs et représentants des sirpa d'armées,
Monsieur Patrick Chauvel, président du jury et je salue à travers lui l'ensemble des membres du jury,
Messieurs les photographes, reporters, journalistes, soldats de l'image,
Mesdames et Messieurs,
Il y a encore quelques mois, j'aurais eu plaisir à apprécier ces photos pour leur qualité technique et artistique, tel un visiteur qui découvre une exposition.
Aujourd'hui, après 15 mois dans mes fonctions de Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la défense, c'est avec émotion et une certaine admiration à l'égard des photographes primés que j'observe ces clichés.
Admiration pour les artistes que vous avez toujours été bien sûr. Admiration surtout pour les hommes engagés, solidaires et courageux que vous êtes.
J'ai eu l'occasion depuis ma prise de fonctions de me rendre en République centrafricaine, au Liban, en Outre-mer, ou encore au plus près des soldats engagés sur le territoire national dans l'opération Sentinelle.
J'ai pu mesurer au contact de ces femmes et de ces hommes leur sens du devoir, la foi en la France et l'esprit de sacrifice qui les animent. Et toutes ces qualités, je les retrouve aujourd'hui à l'aune de vos clichés.
Un geste de solidarité, un moment d'échanges, un regard bienveillant, un temps de partage, un acte courageux, un instant où tout peut basculer. Tous ces moments capturés, arrachés à nos soldats qui accomplissent leur devoir au service de la France et de leurs concitoyens, sont voués à devenir notre histoire.
Ils fondent la mémoire de demain et nous avons la responsabilité de la préserver, de la faire vivre et de la valoriser.
Ces photographies seront d'ailleurs exposées prochainement à Balard, là où vit désormais, réunie, la communauté de défense.
C'est aussi dans cette démarche que j'ai engagé avec la mairie de Paris le projet d'ériger, dans le parc André Citroën, un monument rendant hommage aux soldats morts pour la France dans les opérations extérieures.
Je me tourne à présent vers les 8 lauréats du prix « Sergent Vermeille 2015 » présents ou représentés : Edouard Elias, Thomas Goisque, Guillaume Chauvin, Alain Ernoult, l'adjudant Mathieu Lamouliatte, l'adjudant-chef Arnaud Karaghezian, l'adjudant-chef Jean-Raphaël Drahi et le sergent-chef Loïc Marzin.
A vous tous, civils et militaires, travaillant ou non au sein de ce ministère, je vous adresse mes très sincères félicitations.
Mesdames et messieurs, il était essentiel que ce prix soit pérennisé.
Je remercie très sincèrement tous ceux à qui nous le devons, à commencer par la famille du sergent Vermeille – et je sais à quel point vous teniez à cette cérémonie, la Délégation à l'Information et à la Communication de Défense, son directeur, Pierre Bayle et toute son équipe, l'ensemble des membres du jury et bien sûr l'ensemble des photographes ayant concouru.
Je me félicite de constater que nous sommes à la deuxième édition du prix et que ce concours a suscité en 2014/2015 un engouement plus important encore que l'année précédente puisque 58 photographes ont participé au total et ont envoyé 75 images.
75 images et autant de témoignages de la réalité de l'engagement de ces femmes et de ces hommes. Une réalité que vous avez partagée, en encourant les mêmes risques, en faisant face aux mêmes menaces et imprévisibilités.
75 images et autant de témoignages de reconnaissance à l'égard de celles et ceux qui ont fait le choix, au péril de leur vie, de veiller sur la Nation française. Qui nous imposent respect et humilité.
75 images et autant d'hommages rendus aux milliers de soldats engagés aujourd'hui sur les théâtres d'opérations extérieures : au Liban, au Mali, en Centrafrique, en Irak et ailleurs où la France et son président de la République François Hollande, ont su répondre avec réactivité et professionnalisme aux crises qui s'installaient.
Mais aussi des soldats engagés sur le territoire national, en métropole et à l'Outre-mer, notamment dans le cadre de Sentinelle. Et l'année 2015 que nous venons de traverser, par la gravité des menaces et par l'ampleur des réponses qu'il fallut y apporter, nous fait prendre conscience combien ces hommes risquent aussi leur vie ici, en France, où notre République peut être touchée en plein cœur.
Ces images dévoilées aujourd'hui sont aussi des hommages rendus à un homme, celui dont le nom, le parcours et le destin tragique nous rassemblent aujourd'hui : Sébastien Vermeille.
Elles témoignent que le monde de la Défense est une famille dans laquelle la perte de l'un des siens touche la communauté dans son ensemble.
Professionnels et soldats de l'image, vous avez été au plus près de ces femmes et de ces hommes, dépeignant leurs émotions, témoignant de leurs doutes et de leurs craintes, mettant en lumière leur humanité.
C'est votre première vocation.
Votre mission est aussi d'informer et de valoriser l'action de nos soldats engagés.
C'est l'une des missions prioritaires de l'Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense, de la DICoD et des sirpas d'armées.
Ces images témoignent enfin que la Défense est partout où les défis et les circonstances l'appellent : dans les rues de France, dans le désert du Sahel, dans les villes libanaises et centrafricaines, dans le ciel syrien. Partout, la France répond présente, bien que le risque soit aussi grand que l'enjeu.
Nous ne pouvons que croire en la réussite et à la poursuite de cet engagement.
C'est sûrement la force et l'authenticité qui se dégagent de ces photographies qui nous y autorisent et pour lesquelles je veux une dernière fois remercier et féliciter les lauréats.
Je vous remercie.
Source http://www.defense.gouv.fr, le 17 février 2016
Art Photographie Concours Militaire 163000445