Lettre de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, adressée au comité de suivi de la réforme du lycée général et technologique, en réponse à leurs propositions, Paris le 6 janvier 2020.

Lettre de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, adressée au comité de suivi de la réforme du lycée général et technologique, en réponse à leurs propositions, Paris le 6 janvier 2020. Jean-Michel Blanquer 6/01/2020 Lettre réforme du lycée général

Mesdames et Messieurs les membres du comité de suivi,


En ce début d'année, je tiens à vous présenter mes vœux de bonheur personnel et professionnel. Je souhaite aussi vous remercier pour le travail que vous avez commencé à réaliser dans le cadre du comité de suivi de la réforme du lycée général et technologique animé par Pierre Mathiot et Jean-Charles Ringard qui me tiennent en permanence informé de vos échanges.

La qualité du dialogue que nous menons est essentielle car les enjeux sont importants pour nos élèves, leur famille et pour notre pays. Comme vous le savez, les changements opérés dans nos lycées visent à permettre une meilleure réussite de nos élèves dans l'enseignement supérieur. Pour cela, nous avons souhaité leur offrir davantage d'accompagnement et de progressivité dans la conception de leur projet ainsi que davantage de temps pour approfondir ce qui les fera réussir après le baccalauréat.

Vous avez exprimé un certain nombre de propositions auxquelles je veux répondre.

En français, le nombre de textes à étudier et le renouvellement du programme par moitié chaque année ont pu susciter des inquiétudes. Comme l'ensemble des programmes du lycée, le programme de français a été conçu pour transmettre des savoirs disciplinaires et interdisciplinaires de qualité à nos élèves. Afin d'aider les professeurs à mener dans de bonnes conditions cet enseignement exigeant, le programme sera dorénavant renouvelé par quart chaque année et dès la présente année scolaire, les lycéens de première générale étudieront entre 20 et 24 textes au lieu des 24 initialement prévus, tandis que ceux de première technologique étudieront entre 13 et 16 textes au lieu des 16 prévus.

En anglais, il est apparu que l'enseignement de spécialité était trop tourné vers des débouchés littéraires et moins vers un usage appliqué aux différents contextes professionnels. C'est pourquoi nous offrons désormais aux élèves la possibilité de choisir entre « anglais » et « anglais, monde contemporain ». Cet enseignement fera notamment une place de choix à la lecture de la presse et à l'expression-la:ide. Celui-ci sera proposé en première et en terminale dès la rentrée de septembre 2020.

En mathématiques, vous avez relevé les difficultés de certains élèves à suivre le programme de spécialité. Il apparaît que c'est moins le programme qui est en question que l'hétérogénéité du niveau des élèves, et par conséquent des classes, La réponse est donc d'abord d'ordre pédagogique. C'est pourquoi, dans la perspective de la rentrée prochaine, nous allons travailler à renforcer la constitution des groupes de compétences. En outre, dans tous les lycées qui proposent l'enseignement de spécialités mathématiques, les élèves pourront suivre l'enseignement « mathématiques complémentaires » en terminale. Cet enseignement est particulièrement adapté aux élèves qui ont besoin des mathématiques pour leurs études supérieures futures sans en faire le cœur de leur projet. Ainsi, le nouveau lycée va-t-il offrir aux élèves des parcours mathématiques divers qui répondent à la diversité de leurs envies et de leurs projets.

Dans le cadre du comité de suivi, vous avez également souhaité, qu'une attention particulière soit portée à l'organisation des conseils de classe et au suivi des élèves par les professeurs principaux. Vous proposez ainsi l'adaptation de la composition et du fonctionnement du conseil de classe avec la possibilité d'organiser des conseils d'enseignement de spécialité. Vous suggérez aussi de proposer aux établissements qui le souhaitent de faire évoluer la fonction de professeur principal en l'envisageant dans une dimension de professeur référent d'un groupe d'élèves. Ces évolutions seraient l'occasion de renforcer rôle et la place des représentants des élèves comme des parents.

J'accueille favorablement ces propositions. C'est pourquoi, j'ai demandé aux services de proposer une évolution des textes en vigueur pour aller dans ce sens. Je propose que ces évolutions réglementaires soient examinées à l'occasion d'une de vos prochaines réunions.

Une fois encore, je tenais à vous témoigner tout l'intérêt que je porte à vos propositions et à vous remercier pour ces échanges que je souhaite riches et fructueux au cours des prochains comités de suivi.


Avec toute ma confiance.


Source https://www.education.gouv.fr, le 6 février 2020 
 

Lycée Lycee Conseil de la vie lyceenne Lycee professionnel Reforme Enseignement superieur Enseignement technologique Programme scolaire Scolarite 203000317

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France 2 le 7 novembre 2019, sur les conditions de travail des enseignants et le harcèlement scolaire.

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à France 2 le 7 novembre 2019, sur les conditions de travail des enseignants et le harcèlement scolaire. Jean-Michel Blanquer 7/11/2019 enseignants harcèlement scolaire

CAROLINE ROUX
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour.

CAROLINE ROUX
Nous allons parler naturellement ce matin de la Journée nationale contre le harcèlement à l'école. Mais d'abord un mot, ça se passe en ce moment même, l'évacuation d'un camp de migrants, de 1 200 personnes, c'est en cours, porte de la Chapelle. C'est la mise en application de la politique décidée et annoncée hier par le gouvernement, à savoir, la fermeté ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est à la fois de la fermeté et de l'humanité, puisque ces campements sont souhaitables pour personne, d'abord pour les principaux intéressés. Donc il est tout à fait normal d'en finir avec les campements, et de le faire avec humanité, mais de le faire en appliquant la loi, tout simplement.

CAROLINE ROUX
Les gens qui nous regardent ce matin se demandent peut-être ce que vont devenir ces 1 200 personnes. C'est ça le volet humanité, il faut qu'ils soient relogés ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr. D'abord il y a des capacités d'hébergement qui se sont développées ces dernières années. Chaque cas est un cas particulier. Il y a des personnes qui ont un droit à être là, et qui doivent être bien hébergées, d'autres qui n'ont pas de droit à rester sur le territoire français, qui seront accompagnées, mais de manière humaine, de manière préparée, et c'est ainsi que cette opération a été préparée par le préfet, et donc normal, ces campements aux abords des grandes villes sont des anomalies, c'est très mauvais pour les principaux intéressés, sur le plan sanitaire d'abord, sur plan de la sécurité, il y a parfois des enfants, enfin tout ça est évidemment négatif, il faut en finir et c'est justement ce qui se passe, mais qui se passe en bon ordre.

CAROLINE ROUX
Un chiffre qui est sur votre bureau depuis hier : 58, on en a parlé dans le journal de 07h30, 58 suicides l'an dernier dans l'Education nationale, avec un peu plus d'un mois celui de Christine RENON, elle était directrice d'une école maternelle à Pantin, elle dénonçait ses conditions de travail, elle était à 2 ans de la retraite. Juste une réaction, en tant qu'homme et en tant que ministre naturellement, quand ce chiffre arrive sur votre bureau, qu'est-ce que vous vous dites ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
D'abord, lorsque j'ai appris le suicide de la directrice, c'était déjà il y a plusieurs semaines, c'est évidemment une émotion très grande, puisque c'est un drame et en plus comme elle a écrit, on avait un petit peu les éléments qui permettent de voir cela. Ça nous renvoyait à toute une série de sujets qui ont trait un petit peu au bien-être au quotidien dans le travail, pour les directeurs d'écoles qui sont dans le système scolaire ceux qui concentrent le plus d'obligations et qui ont, on le sait, depuis de nombreuses années, besoin d'être aidés, c'est d'ailleurs un sujet qui est en cours de travail, justement, et donc en ce moment même nous y travaillons. Sur le chiffre qui a été donné hier, c'est un chiffre, chaque cas est évidemment un cas dramatique, par définition le suicide c'est à chaque fois un cas particulier, un cas dramatique. Ce qu'il faut quand même dire c'est que c'est très en-dessous de la moyenne nationale, il faut quand même le rappeler. Nous avons un million de personnels à l'Education nationale, il y a malheureusement un taux de suicide beaucoup trop élevé en France, c'est toujours trop élevé, mais nous avons un taux de suicides en France qui je crois est de l'ordre de 16 personnes pour 100 000 chaque année. Ça fait partie des grands sujets de santé publique…

CAROLINE ROUX
Ça veut dire que vous considérez qu'il n'y a pas de malaise particulier dans l'Education nationale.

JEAN-MICHEL BLANQUER
En matière de suicide, pas... Simplement, chaque cas est particulier bien entendu dans le cas de madame RENON on voit bien qu'il y a un sujet, même lié à sa vie professionnelle, ce n'est pas forcément le cas des autres. Et puis surtout, n'extrapolons pas sur des sujets aussi durs. En revanche, nous devons faire beaucoup plus…

CAROLINE ROUX
Non mais ça veut dire, c'est important ce que vous dites Jean-Michel BLANQUER, ça veut dire que vous n'en tirez pas de leçons particulières sur le bien-être des enseignants…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si, bien sûr. Non, je n'ai pas dit ça, non, je me faites pas dire…

CAROLINE ROUX
... à l'école. Il y a un sondage du SNES…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non mais je n'ai pas dit ça, j'ai dit le contraire. Je dis que, quand on parle de suicide, faisons attention à ne pas extrapoler…

CAROLINE ROUX
C'est justement pour ça que je vous précise.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ensuite, on a fait justement hier un Comité hygiène et sécurité pour traiter de ces questions-là, et il est évident qu'on peut faire, qu'on doit faire mieux, qu'on doit réussir à prévenir autant que possible, cela va de soi.

CAROLINE ROUX
Comment ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors c'est un des sujets de faiblesse qui vaut pour beaucoup d'institutions, publiques et privées, c'est que nous manquons de médecins de prévention et de médecins du travail, et donc on va faire particulièrement porter l'effort là-dessus, en lien avec le ministère de la Santé, pour bénéficier parfois de médecins de la médecine civile, et dans le cadre de la stratégie générale qui existe au ministère de la Santé, qui est de lutte contre le suicide en France, en général, pas seulement pour les professeurs, et puis on a des enjeux de bien-être au travail, sans même la question du suicide, on a tout simplement la question de faire en sorte que chacun aille en confiance à l'école, se sente bien, on a des enjeux de santé…

CAROLINE ROUX
Et là, qu'est-ce que vous pouvez faire par exemple ? Ce serait par exemple lever le pied sur les réformes, ce serait peut-être faire des réformes différemment, davantage en concertation ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, les réformes elles ne sont pas là pour embêter qui que ce soit, les réformes elles sont là pour améliorer le service public. Quand on fait une réforme, diviser par deux les classes de CP et de CE1, on fait du tort à personne. Il n'y a pas de... quand on fait la réforme du baccalauréat c'est pour que les élèves aient plus de choix. Donc il faut arrêter de mélanger des sujets qui franchement n'ont pas de rapport.

CAROLINE ROUX
C'est ce que disent certains enseignants.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non mais je pense qu'il faut, tous que l'on ait de la dignité dans notre manière de commenter ces questions-là. Par contre c'est très sérieux d'arriver à ce que le bien-être au travail et la gestion des ressources humaines, c'est-à-dire notre capacité notamment à écouter, trop souvent les professeurs et les personnels de l'Education nationale peuvent avoir le sentiment que l'institution est froide, parce qu'elle est grande, c'est un million de personnes, on manque d'interlocution, etc., c'est pourquoi en cette rentrée on a créé ce qu'on appelle la gestion des ressources humaines de proximité, ce qui fait qu'un un professeur peut avoir un interlocuteur à moins de 20 minutes de son travail. Donc ça c'est une mesure qui touche déjà un quart de nos personnels, et ce que je veux c'est une institution beaucoup plus humaine vis-à-vis de ces personnels, beaucoup plus humaine.

CAROLINE ROUX
Ce sondage du SNES, 18 % des enseignants interrogés sont satisfaits du travail accompli à la fin de la journée, ça ne fait pas beaucoup, 18 %, et 94 % estiment que leur charge de travail a augmenté et que leur salaire n'est pas à la hauteur de toutes leurs tâches.

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est pourquoi nous travaillons sur ces questions de salaire.

CAROLINE ROUX
Allez, on parle du harcèlement, c'est la Journée nationale contre le harcèlement, avec cette année une communication plus spécifique sur la dynamique de groupe. Est-ce que vous diriez ce matin que le phénomène a tendance à s'aggraver ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
La question du harcèlement c'est une question de société, dans toutes les sociétés d'ailleurs, pas seulement la France, c'est une situation qui s'est aggravée, parce que notamment les moyens techniques, Internet, les réseaux sociaux, ont d'une certaine façon décuplé le problème, on n'est plus seulement harcelé dans son établissement mais en dehors de l'établissement. Et ce n'est pas un petit sujet, ce n'est pas un sujet marginal, nous savons que ça peut toucher un élève sur 10, que ça peut gâcher une vie, que ça peut mener au suicide aussi, et donc il y a évidemment un travail à faire en la matière, que nous avons entamé très fortement ces dernières années, qui d'ailleurs…

CAROLINE ROUX
Qui porte ses fruits ou pas ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Qui porte des premiers fruits, parce qu'on a des indicateurs qui nous montrent qu'il y a un petit peu moins, mais c'était évidemment, il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment pour porter les valeurs de la République au quotidien dans les établissements, et avoir des actes concrets. Donc c'est par exemple notre plateforme 30 20 qui est accessible, y compris le soir, j'en profite pour le dire.

CAROLINE ROUX
Pour faire passer le message.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Pour faire passer le message, on mettra d'ailleurs dans les carnets de correspondance, de façon à ce que toute famille sache qu'elle peut appeler ce numéro de téléphone. On a aussi la lutte contre le cyber harcèlement, d'ailleurs un autre numéro qui s'appelle le 0 802 000 qui permet aussi de signaler le cyber harcèlement, parce que nous avons des accords avec les plates-formes de réseaux sociaux pour mettre fin à un harcèlement quand il a lieu sur ces réseaux. C'est un travail en profondeur. Et puis nous avons désigné des ambassadeurs contre le harcèlement, c'est-à-dire des élèves qui se responsabilisent dans les établissements, pour regarder ce qui ne va pas et le signaler et aider, et puis surtout changer de logique, puisque si vous voulez, ce que le harcèlement nous dit sur les mentalités, sur nos façons d'être au quotidien, dans le collectif, nous oblige à être à l'offensive et pas sur la défensive sur un tel sujet.

CAROLINE ROUX
Les filles et les garçons sont exposés de la même manière au harcèlement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, les filles sont plus exposées, c'est d'ailleurs pourquoi dans la précédente campagne on avait beaucoup insisté sur le harcèlement à connotation sexiste, et donc cela englobe si je puis dire notre politique égalité garçon-fille, et de respect des filles par les garçons.

CAROLINE ROUX
Ce week-end il y aura un collectif, il y a le Collectif contre l'islamophobie en France, qui organise une marche en présence notamment de Jean-Luc MELENCHON. Ils défileront contre l'islamophobie, ils dénoncent notamment la polémique sur le voile, les lois laïques en vigueur, disent-ils, dans une tribune publiée par Libération, liberticides, et ils parlent d'un racisme d'Etat dans notre pays. Que pensez-vous de ce rassemblement ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Que c'est lamentable, tout simplement, on le voit très bien, c'est une façon de lutter contre la laïcité, en utilisant des arguments qui ne valent pas. Evidemment on essaie de faire croire qu'il y aurait une... ce mot d'islamophobie d'ailleurs qui est tout à fait…

CAROLINE ROUX
Le mot dérange.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr il est très dérangeant, parce qu'il mélange les choses. Il peut y avoir du racisme, ça, ça existe, mais après la question de la relation aux religions, chacun est libre d'adhérer à une religion, de la critiquer, c'est justement ça aussi la laïcité.

CAROLINE ROUX
Ce n'est pas parce qu'on parle du voile que l'on est islamophobe, c'est ça que vous voulez dire.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr que... en effet, bien sûr. Vous pouvez, vous avez le droit de parler de ces sujets sans être immédiatement taxé de phobie, que ce soit de cette religion ou d'une autre d'ailleurs, il ne faut pas se focaliser uniquement sur l'islam. Donc il y a un socle extrêmement précieux de la société française qui est la laïcité, c'est un socle de liberté, qui nous permet justement d'exercer notre liberté de conscience, de foi ou pas et de faire ce que l'on veut, sans pression d'autrui. C'est très précieux, il faut que chaque citoyen français, quelle que soit sa confession, et je sais que j'ai derrière moi, quand je dis ça, la grande majorité des musulmans républicains de France, simplement il y a une petite minorité qui essaie de faire pression, sur des gens comme moi d'ailleurs, qui essaie de faire pression…

CAROLINE ROUX
Encore aujourd'hui, on fait pression sur vous ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Mais bien sûr, vous êtes menacé, vous êtes attaqué dès que vous défendez la laïcité aujourd'hui en France. C'est très grave.

CAROLINE ROUX
Là, vous êtes menacé Jean-Michel BLANQUER ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, tous les jours sur les réseaux sociaux en permanence vous l'êtes, dès que vous parlez de laïcité, dès avec vous... C'est très grave. Il faut donc désormais... là aussi la République doit être à l'offensive, c'est comme sur le sujet du harcèlement, et ne pas se laisser faire, parce qu'il y a des gens qui pratiquent l'intimidation sur cette question.

CAROLINE ROUX
Merci beaucoup Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 novembre 2019
 

Scolarité Scolarite Harcelement moral Conditions de travail Enseignant Reforme Systeme scolaire Laicite Immigration clandestine 193002351

Déclaration de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, sur l'école de la république, Paris le 5 novembre 2018.

Déclaration de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, sur l'école de la république, Paris le 5 novembre 2018. Jean-Michel Blanquer 18/10/2019 école de la république 89e Congrès de l'Assemblée des départements de France, à Bourges (Cher) du 16 au 18 octobre 2019

Je suis très heureux de m'exprimer devant vous car vous êtes les acteurs essentiels de notre démocratie, du dynamisme de nos territoires et de la réussite des élèves scolarisés dans les 7 000 collèges de France.

Le département est, avec la commune, un territoire politique qui est un repère essentiel pour les Français. Le département est un héritage révolutionnaire qui fut à la fois profondément modernisateur mais qui tint compte des réalités géographiques, historiques des territoires. Le département c'est la raison des Lumières qui s'incarne dans l'identité intime de nos citoyens.

Le département c'est l'espace vécu, c'est l'espace de vie, c'est l'espace du quotidien. C'est tout simplement l'échelle fondamentale de l'action publique au plus près de la vie des citoyens. C'est pourquoi, le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse est très attaché à son organisation départementale qui joue un rôle majeur dans le pilotage du système éducatif.

Pour toutes ces raisons les Français sont viscéralement attachés à leur département d'autant plus que nous vivons dans une période de bouleversements.

J'en vois trois :

- Un bouleversement géographique.
- Un bouleversement climatique.
- Un bouleversement numérique.

Dans ce monde qui change, les Français ont besoin plus que jamais de repères, de valeurs de boussoles.

Et le département est ce repère et cette boussole. Et l'ensemble des départements qui, le 14 juillet 1790, à la fête de la fédération, ont décidé de s'unir en un même corps politique est l'ossature même de la République.

La République, c'est ce qui nous unit. La République, c'est ce qui nous rassemble. La République est notre bien le plus précieux.

Et dans ce moment de doutes et de confusion, dans ce moment où la solidité de notre unité est parfois remise en cause, nous avons plus que jamais besoin d'une République sereine mais ferme sur ses principes.

La République est fille des Lumières et à ce titre porte fièrement les valeurs de progrès humain. La plus belle expression de ce progrès nous est donnée par notre devise : liberté, égalité, fraternité.

C'est valeur ne sont pas abstraites ; elles s'incarnent dans un projet : non pas une citoyenneté de sang mais une citoyenneté d'esprit. Est Français celui qui adhère à la culture universaliste de la France. Est Français celui qui souhaite de tout son coeur devenir Français. Car la République c'est l'amour de la terre de France transfigurée par l'amour des droits inaliénables de l'humanité.

La République, mesdames et messieurs les élus, est un acte de confiance absolu dans la nature humaine. C'est pourquoi la République, c'est bien sûr des institutions, c'est bien sûr un droit mais c'est aussi et surtout un principe spirituel qui nous élève tous au-dessus de nous- même et nous rassemble dans un projet collectif dont la finalité est l'émancipation et le bonheur de tous.

C'est pourquoi les notions de citoyenneté, d'égalité et laïcité sont consubstantiellement liés. L'un ne va pas sans l'autre. En 1789, le peuple souverain a décidé de mettre un terme aux privilèges de naissance, il a décidé de donner un état civil aux juifs, il a proclamé que l'appartenance à la nation était supérieure à tout. Et depuis ce jour, nous avons proclamé que ce qui nous rassemble doit toujours l'emporter sur ce qui nous divise.

Oui la République, c'est la droite à l'indifférence. L'indifférence de sa couleur de peau, l'indifférence de sa religion, l'indifférence de ses origines, l'indifférence de son sexualité. La République, c'est la communauté unie des citoyens égaux, libres et fraternels qui partagent une même loi, une même langue et un même respect pour la conscience de chacun.

On n'entre pas dans la citoyenneté par sa communauté ; on entre dans la citoyenneté par l'universel, c'est-à-dire ce qui nous rapproche, ce qui nous relie et qu'est-ce qui nous relie plus que la raison, la chose la mieux partagée pour reprendre les mots de Descartes.

Et la laïcité française c'est précisément de dire que l'espace public est un espace de raison où l'on doit échanger de manière rationnelle et argumentée entre citoyens égaux, femmes et hommes, qui se refusent à invoquer telle ou telle révélation, tel ou tel dogme.

Cela nécessite de nous tous un effort de discrétion. Et ce que l'on peut considérer de prime abord comme un renoncement à ce que l'on est, à ce que l'on croit, à ce que l'on pense est en réalité un espace fraternel, de respect d'autrui et d'amour de son frère en citoyenneté.

Pour toutes ces raisons, l'école est au coeur de la République. Sans école de la République il n'y a pas de République. Nous avons fait le choix que tous nos enfants suivent les mêmes enseignements et que tous nos maîtres soient payés par l'Etat. C'est un choix original à l'échelle du monde. Mais c'est pour cela que les Français sont si regardés, si admirés.

Et nous devons en être fiers. Nous nous ne devons d'être fiers de ce que nous sommes et nous ne devons jamais nous excuser d'être les héritiers de la Révolution française.

Notre esprit libéral, au coeur du projet républicain, nous pousse à convaincre plutôt qu'à contraindre. Et c'est très bien ainsi. La République ce n'est pas une église qui convertit par le fer et le sang ; la République s'adresse au coeur et à la raison pour convaincre de sa pertinence comme modèle de société.

Cette République de raison est confrontée, je l'ai dit, à de nombreux défis : l'individualisme grandissant, l'instrumentalisation des passions et du ressentiment, l'expression de la pensée malmenée par une langue qui n'est pas assez maîtrisée, le cynisme, l'avidité, la haine grégaire des réseaux sociaux, la violence entre les citoyens.

Ma conviction c'est que nous ne relèverons ces défis que par l'école. Il n'y a pas d'autres solutions. C'est par l'école qu'on peut construire une société sereine, apaisée, fraternelle

- où chacun se respecte
- où chacun a le droit de défendre ses idées
- où chacun a sa place parce qu'il a l'essentiel, des connaissances et des valeurs,
- où chacun éprouve le sentiment le plus élevé qui soit, la gratitude à l'égard de l'école de la République qui déjoue les fatalités de la naissance.

Mesdames et messieurs, vous n'êtes pas des maîtres d'ouvrage de bâtiments qui ont pour nom collège. Vous n'êtes pas ceux qui engagent des dépenses pour offrir aux élèves locaux d'étudier.
Non, vous êtes des bâtisseurs de la République.

Chaque euro dépensé contribue à cette oeuvre collective que nous partageons, celle d'élever le niveau de connaissances de nos élèves car nous savons que c'est le levier essentiel de justice sociale.

Et pour tout cela je suis venu vous dire merci. Merci pour cette oeuvre si essentielle. Merci pour tous les enfants de France qui, grâce à vous, dispose de lieux où ils viennent étudier avec plaisir, où ils se sentent bien où ils trouvent parfois ce qu'il n'y a pas chez eux, un livre ou tout simplement le regard attentif d'un adulte qui vous donne confiance en vous, confiance en votre destin.

Je suis venu vous dire que je souhaite que nous avancions ensemble, unis pour cette cause essentielle, la République.


Je vous remercie.


Source http://www.departements.fr, le 25 novembre 2019 
 

Scolarité Scolarite Democratie Vie scolaire Laicite Citoyennete Systeme scolaire Departement 193002467

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à LCI le 30 août 2019, sur la rentrée scolaire et la rémunération des enseignants.

Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à LCI le 30 août 2019, sur la rentrée scolaire et la rémunération des enseignants. Gabriel Attal 30/08//2019 rentrée scolaire rémunération des enseignants
  • Gabriel Attal - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être sur LCI. Je vais le redire dans l'ordre quand même, secrétaire d'Etat à l'Education nationale et à la Jeunesse, merci d'être sur LCI donc ce matin. 870.000 profs qui font leur rentrée aujourd'hui même vendredi, est-ce que vous pouvez nous rappeler combien gagne un professeur des écoles, ce qu'on appelait un instit ou une instit en début de carrière.

GABRIEL ATTAL
Professeur des écoles en début de carrière, il gagne autour de 1.300 euros…

ELIZABETH MARTICHOUX
Net ?

GABRIEL ATTAL
Net. Et je vois bien votre question, évidemment c'est de la rémunération des enseignants qui revient régulièrement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors c'est 2.060 euros brut quand on est titularisé pour être précis ; et après 20 ans d'ancienneté à votre avis ont passe à combien quand on a commencé à 2.000 bruts ?

GABRIEL ATTAL
Après 20 ans d'ancienneté, quand on a commencé à 2.000 brut, on est en dessous de 3.000 euros.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà ! 2.760, vous aviez presque juste. Pourquoi je vous en parle, ce n'est pas pour vous faire le coup du ticket de métro Gabriel ATTAL, c'est que cette situation elle vient de loin mais est-ce qu'elle est acceptable en 2019 ?

GABRIEL ATTAL
Non mais la question qui est posée, celle de la rémunération des enseignants, c'est une question qui revient régulièrement depuis plusieurs années et qui est une vraie question. Il y a des comparaisons qui sont faites au niveau des pays de l'OCDE, le choix qui a été fait, le nôtre, c'est d'aller vers une augmentation du pouvoir d'achat des enseignants. Un professeur qui commence sa carrière en 2022, il gagnera en moyenne 1.000 euros de plus qu'en 2017, que quand on est arrivé. Donc il y a une dynamique d'augmentation…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous parlez de tous les enseignants ou vous parlez de ceux qui aujourd'hui sont…

GABRIEL ATTAL
Je parle de tous les enseignants en moyenne.

ELIZABETH MARTICHOUX
Par exemple en zone prioritaire ?

GABRIEL ATTAL
Je parle de tous les enseignants en moyenne qui débutent leur carrière. Sur l'ensemble des mesures qu'on a prises, sur la trajectoire qui a été prévue, à la fin du quinquennat un professeur des écoles qui débute gagnera en moyenne 1.000 euros de plus qu'en début de quinquennat, parce qu'on prend des mesures. Evidemment ça coûte de l'argent, c'est un engagement budgétaire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que l'on ne peut pas… pardon Gabriel ATTAL, est-ce que vous n'avez pas tardé à entamer la revalorisation des enseignants, parce que dans le fond vous dites… maintenant vous donnez un horizon, mais depuis 2017, depuis 2 ans et demi que vous êtes au pouvoir, il n'y a pas eu beaucoup d'efforts de faits !

GABRIEL ATTAL
Si, il y a eu des efforts de faits…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce que vous n'avez pas tardé…

GABRIEL ATTAL
Non !

ELIZABETH MARTICHOUX
Bien sûr, vous allez me dire « on a fait par exemple en zone prioritaire », mais il y a beaucoup d'enseignants qui ont perdu du pouvoir d'achat.

GABRIEL ATTAL
Non, on n'a pas tardé parce que je vais vous dire, pour décider de l'augmentation des enseignants, vous avez rappelé le nombre d'enseignants qu'il y a en France qui font leur rentrée là, plus de 800.000, il y a un million de personnels dans l'éducation nationale. Quand vous décidez une augmentation, si vous voulez qu'elle soit significative et qu'elle soit perçue concrètement dans le pouvoir d'achat des enseignants, ça veut dire des masses financières importantes. Donc l'important ce n'est pas d'annoncer des augmentations, c'est de permettre de les réaliser. Jean-Michel BLANQUER a parlé de 300 euros supplémentaires à partir de l'année prochaine en moyenne pour tous les enseignants. Il fallait trouver les marges pour le faire, on les a trouvées…

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors je vous interromps une seconde parce que précisément, vous êtes en train de répondre sans le dire aux critiques qui ont été faites sur l'annonce de cette augmentation de 300 euros annuels. Regardez le tweet qu'a adressé au ministre Najat VALLAUD BELKACEM, la prédécesseuse, pardon pour ce barbarisme, Jean-Michel BLANQUER à l'Education nationale : rien ne m'étonne dans la communication du gouvernement, chacun aura compris que nous, nous avions adopté cette augmentation en 2016 et quelle avait été gelée par l'actuel gouvernement. Factuellement…

GABRIEL ATTAL
Mais vous voyez bien…

ELIZABETH MARTICHOUX
Factuellement c'est vrai, vous l'aviez gelée !

GABRIEL ATTAL
Vous voyez bien que Najat VALLAUD BELKACEM, elle dit tout dans son tweet, c'est une décision qui a été pris en 2016 à un moment où le précédent gouvernement savait qu'a priori il n'allait pas être reconduit, je suis bien placé pour le savoir, je travaillais dans un ministère à cette époque-là. Il n'y avait aucun budget pour mettre en oeuvre cette augmentation qui avait été annoncée. Donc nous, qu'est-ce qu'on a fait en arrivant ? On a trouvé des marges de manoeuvre pour permettre cette augmentation, c'est 300 millions d'euros qu'il faut trouver l'an prochain…

ELIZABETH MARTICHOUX
2 ans et demi…

GABRIEL ATTAL
Oui mais c'est difficile. Et ce que je veux dire, c'est que contrairement…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous auriez pu le faire plus tôt !

GABRIEL ATTAL
Contrairement à ce que vous disiez, c'est qu'on n'a pas attendu 2 ans avant d'agir sur la rémunération des enseignants. Dès 2017, parce qu'on a une priorité sur les REP et REP+, sur les quartiers difficiles on dédouble les classes pour permettre que les enfants étudient, apprennent dans de meilleures conditions. On a décidé de primes exceptionnelles pour les enseignants qui vont travailler en REP et REP+, c'est 4.500 euros par an de primes qui ont été décidées pour les enseignants qui vont en REP et REP+ pour les attirer aussi vers ces territoires dont on sait qu'ils sont plus difficiles. Donc on voit bien qu'on a commencé à agir, on continue à le faire et sans doute d'autres mesures interviendront ultérieurement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sans doute…

GABRIEL ATTAL
Sans doute oui…

ELIZABETH MARTICHOUX
Quand, quand ?

GABRIEL ATTAL
Jean-Michel BLANQUER a annoncé qu'un chantier était ouvert sur la question de la rémunération des enseignants, qui est par ailleurs liée à la réforme des retraites qui va intervenir…

ELIZABETH MARTICHOUX
Parce que les enseignants vont être parmi ceux qui vont être sérieusement pénalisés par l'universalisation des régimes de retraite !

GABRIEL ATTAL
Non, là vous parlez si des propositions qui ont été faites étaient mises en oeuvre telles quelles. Le président de la République lui-même dans son échange sur France 2 en début de semaine a indiqué que mécaniquement, si les propositions qui avaient été faites étaient appliquées telles quelles, oui ! Les enseignants faisaient partie d'une catégorie qui aurait été pénalisée. Et précisément, le président le dit et Jean-Michel BLANQUER le dis parce qu'on veut l'éviter. Et c'est pour ça qu'on va travailler sur ce chantier, la réforme des retraites elle ne sera pas mis en oeuvre demain, il faudra quelques années, ça nous laisse un peu de temps pour préparer…

ELIZABETH MARTICHOUX
Un an de concertation, c'est ce que vient d'annoncer Gérald DARMANIN ce matin.

GABRIEL ATTAL
On va entamer une concertation, je crois que c'est le Premier ministre qui annoncera la semaine prochaine la manière dont cette concertation va se faire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez dire que Gérald DARMANIN a grillé la politesse au Premier ministre qui aurait dû annoncer ce calendrier ?

GABRIEL ATTAL
Non, je ne dis pas ça, je dis que je ne peux pas confirmer la durée puisque je crois que l'annonce sera faite la semaine prochaine. Ce qui est important, c'est qu'il y aura une vraie concertation avec les partenaires sociaux et avec les Français. Et ça, ça me semble particulièrement important.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce qu'on entend quand même, c'est que vous allez prendre à bras-le-corps normalement la question des rémunérations, de toute façon c'est obligatoire pour qu'il y ait une forme de justice à l'égard des enseignants au moment de la réforme des retraites. Et ce qu'on sent aussi, c'est qu'il y a une volonté quand même d'apaisement aujourd'hui entre le ministre et les profs. Ecoutez d'ailleurs ce qu'en dit madame POPINEAU du syndicat SNUipp-FSU.

FRANCETTE POPINEAU
Il semblerait à cette rentrée qu'effectivement on aille vers plus de concertation, avec une réelle concertation, c'est-à-dire pas simplement le ministre nous reçoit, mais le ministre nous écoute et écoute ce que disent les professionnels de terrain et ce dont ils ont besoin pour faire réussir les élèves. Si nous avançons comme cela, on peut se dire qu'on pourra améliorer l'école.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà ce qu'elle dit : on nous entend enfin et même peut-être on nous écoute. C'est nouveau, c'est l'acte 2 du quinquennat ?

GABRIEL ATTAL
Ce qui est certain c'est que le président de la République l'a dit, il y a un acte 2 avec une méthode davantage tournée vers l'écoute, le dialogue et la concertation. On ne peut pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a une forme de réforme interne du gouvernement !

GABRIEL ATTAL
Oui, enfin il y a eu une forme de…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous vous réformez !

GABRIEL ATTAL
Il y a eu une forme de regard critique sur à notre action et notre méthode à la suite du mouvement des gilets jaunes. Mais là je ne dis rien de nouveau, le président de la République l'avait parfaitement assumé à l'occasion de sa conférence de presse. Maintenant il s'agit de le mettre en oeuvre et, donc, c'est vrai que cette volonté de dialogue sur la question de l'école que vous évoquez, notamment sur la réforme du lycée qui avait entraîné une mobilisation de certains professeurs avant l'été sur la correction des copies du bac, mais globalement qui pose des questions chez les enseignants. Jean-Michel BLANQUER a annoncé qu'on mettait en place un comité de suivi, ils en ont seront partie prenante pour regarder la manière dont la réforme du lycée se met en oeuvre et faire évoluer, faire des ajustements en fonction de ce qu'il aura été soulevé…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc il y a un nouveau climat, il y a un nouveau climat aujourd'hui entre l'éducation nationale et le corps enseignant, qui a vu effectivement Jean-Michel BLANQUER imposer un certain nombre de réformes d'en haut. C'est le temps de la concertation, on répare les morceaux !

GABRIEL ATTAL
Non, je rappelle quand même que la réforme du lycée, elle avait été travaillée avec eux. Pierre MATHIOT qui était en charge de cette réforme, que 50.000 lycéens – ce qui me tenait beaucoup à coeur – avaient contribué pour la définir cette réforme. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a globalement au niveau du gouvernement… oui, un nouveau climat, une nouvelle méthode davantage tournée vers le dialogue, l'écoute et la concertation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'Emmanuel MACRON sera présent au séminaire gouvernemental mercredi prochain ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez oui ! Je crois que le séminaire a lieu…

ELIZABETH MARTICHOUX
A l'Elysée ! D'accord, donc il va le présider et il va développer, irriguer, diffuser cette nouvelle méthode auprès de vous ?

GABRIEL ATTAL
Je pense, en tout cas ça sera…

ELIZABETH MARTICHOUX
Quel est le mot d'ordre de la rentrée pour vous ?

GABRIEL ATTAL
Le mot d'ordre de la rentrée, c'est bien ce que j'évoquais à l'instant, c'est-à-dire poursuivre les réformes mais le faire dans le dialogue, dans l'écoute, ne pas perdre le fil du dialogue avec les Français qui s'est ouvert au moment du grand débat national et, ça, dans chacun de nos chantiers, dans l'ensemble des mesures que l'on porte, c'est important de ne pas perdre ce fil-là. Il y a la question des retraites qu'on a évoquée où il va y avoir des vrais débats avec les Français...

ELIZABETH MARTICHOUX
Y compris d'ailleurs avec le président, il va redescendre ans l'arène ?

GABRIEL ATTAL
Ca, je n'en sais rien…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous le souhaitez ou pas, vous pensez que ce serait de bon aloi et surtout pertinent ?

GABRIEL ATTAL
On n'en est pas là et moi, je ne veux pas donner de consignes là-dessus ou dire ce que je pense. Mais l'important c'est que ce soit appliquée sur l'ensemble des champs gouvernementaux, il y a des réformes importantes qui sont engagées, il y avoir une loi sur l'économie circulaire qui là aussi site nécessite un vrai travail avec les Français, avec les collectivités locales, une loi sur l'engagement des maires qui est portée par Sébastien LECORNU. Voilà ! Sur ces chantiers-là, on porte une méthode nouvelle.

ELIZABETH MARTICHOUX
Gabriel ATTAL, que pensez-vous de l'idée de Gérald DARMANIN, ministre des Comptes publics et du Budget de donner un coup de pouce fiscal aux donations entre vivants, en particulier entre parents et enfants. Il a émis cette idée de défiscaliser davantage.

GABRIEL ATTAL
Oui, il l'a émise en disant qu'aujourd'hui, on n'avait pas tout à fait les marges pour le faire, mais que si à un moment on avait des marges supplémentaires, il serait favorable à ce qu'on puisse aller dans cette direction Moi aussi j'y suis favorable, je considère qu'il faut donner des marges à celles et ceux qui d'abord le peuvent et qui ont la chance de le pouvoir ; et qui veulent pouvoir donner à leurs descendants. On sait qu'aujourd'hui, on hérite en moyenne beaucoup plus tard qu'il y a maintenant quelques décennies, au début du siècle précédent et que ça a un impact sur l'économie puisque c'est des fonds, des moyens qui ne sont pas immédiatement utiles à l'économie. Donc moi évidemment, je suis favorable à ce qu'on regarde ce qu'il est possible de faire, d'être davantage sur les petits-enfants que sur les enfants. Moi je rencontre beaucoup de personnes qui aimeraient pouvoir donner davantage à leurs petits-enfants, aujourd'hui l'abattement fiscal est moins important pour les petits-enfants que pour les enfants. On rentre un peu dans du détail mais au global, il me semble important…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous dites « c'est une bonne idée, parlons-en, regardons les marges de manoeuvre ». Mais est-ce que vous êtes favorable à ce qu'il y ait des arbitrages en faveur de cette idée, vous vous dites : il faut attendre, on n'a pas les sous aujourd'hui, on verra ça plus tard.

GABRIEL ATTAL
Moi ce que je dis, c'est : on a une trajectoire qui vise à – à terme – retourner à l'équilibre, trouver des marges de manoeuvre financières. Si on trouve des marges de manoeuvre qui permettent des mesures nouvelles, c'est une idée que je trouve intéressante, en tout cas que je soutiendrai.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est une idée qui est critiquée et d'ailleurs c'est intéressant, sous une forme de philosophie de la fiscalité, elle est critiquée parce qu'elle favorise la reproduction sociale, c'est-à-dire que ceux qui ont et quand ils décèdent ou même de leur vivant donc peuvent donner à leurs enfants, donc qui bénéficient d'une forme de rente sans aucun mérite sinon celui d'être le fils ou la fille de monsieur ou madame. Est-ce que là-dessus, il n'y a pas un problème de justice ?

GABRIEL ATTAL
Moi j'entends ce discours mais c'est un discours qui revient à contester toute forme d'héritage. Et à partir de ce discours en tissant le fil, on pourrait considérer qu'il faut taxer à 100 % les héritages, ne plus permettre…

ELIZABETH MARTICHOUX
Par exemple les Anglo-saxons, les Américains le font !

GABRIEL ATTAL
Et ne plus permettre l'héritage. Moi je ne suis pas sur cette ligne-là, moi je considère que quand on a travaillé….

ELIZABETH MARTICHOUX
Pas touche à l'héritage, avait dit Emmanuel MACRON !

ELIZABETH MARTICHOUX
Moi je suis sur cette ligne, je considère que quand on a travaillé toute sa vie, qu'on a été taxé sur les fruits de son travail, on ne doit pas être à nouveau taxé de manière démesurée au moment de sa succession. Je travaille sur la question de l'héritage moi pour permettre à davantage de grandes fortunes de donner plus aux associations, sur la réserve héréditaire notamment, j'attends un rapport parlementaire pour l'automne avec Nicole BELLOUBET en ce sens. Voilà ! La question, je ne me la pose pas en fonction de ce qu'on pourrait taxer ou prendre, mais des libéralités, des marges de manoeuvre qu'on pourrait donner aux Français qui en ont les moyens et qui peuvent. Encore une fois, c'est bon pour l'économie quand de l'argent est transmis d'une génération à une autre plus tôt.

ELIZABETH MARTICHOUX
Enfin, vous posez des questions aussi pour prendre, parce que vous venez d'annoncer un coup de rabot sur l'avantage fiscal dont bénéficient les très grandes entreprises quand elles font du mécénat, pourquoi ? Vous voulez le passer de 60 à 40 % quand on fait un don de plus de 2 millions, sauf quand c'est dans le domaine de l'aide aux plus démunis.

GABRIEL ATTAL
Alors il n'y a pas de coup de rabot, effectivement il y a une mesure qui a été annoncée pour les entreprises qui donnent plus de 2 millions d'euros, qui sont 78, où là ça passera de 60 à 40 %. Mais de l'autre côté, je rappelle que depuis cette année, on a augmenté justement la défiscalisation à laquelle ont droit les PME et les TPE, pour donner aux associations pour faire du mécénat. Donc si on voulait faire des économies… si on n'avait que les économies pour boussole et qu'on voulait faire du rabot…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous allez en faire quand même…

GABRIEL ATTAL
On n'aurait pas pris cette mesure. Elle produira des économies évidemment, mais ce que je veux dire c'est que le sens de nos décisions sur le mécénat, ce n'est pas d'aller chercher des économies, sinon on n'aurait pas augmenté la défiscalisation pour les PME TPE qui va coûter aussi de l'argent. L'objectif…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais quel est le sens parce que… est-ce qu'il y avait des abus, on a beaucoup parlé au moment de Notre-Dame parce que c'est vrai que ça a été assez controversé, LVMH, PINAULT qui donnaient des sommes extravagantes, il y en a beaucoup qui disent : c'est une fausse générosité, en fait c'est pour récupérer une exonération fiscale.

GABRIEL ATTAL
Non, moi je ne suis pas du tout sur ce débat…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est ça votre état d'esprit ?

GABRIEL ATTAL
Sur le débat sur Notre-Dame, non. Il y a des abus qui ont été constatés mais c'est moins au moment de Notre-Dame que depuis quelques années. Moi je ne suis pas là pour faire du name and shame, citer des entreprises mais on a vu la Cour des comptes produire des rapports, vous les avez peut être consultés, avec des abus qui ont été mis en lumière, avec des dons très importants qui étaient faits par une entreprise, pour créer une fondation culturelle ou une fondation d'une manière générale, avec des retours notamment en termes de publicité pour l'entreprise qui étaient tellement importants, qu'on se demande si on est encore dans du mécénat ou si on est dans du sponsoring. Ca paraît technique, mais la question c'est de savoir si la solidarité…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ou de l'optimisation fiscale !

GABRIEL ATTAL
Voilà, si la solidarité doit financer ce type d'opération. Et donc moi ma préoccupation, c'est que le mécénat dans son principe ne soit pas remis en question. Et donc si on laisse des abus être pointés du doigt par la Cour des comptes, par des parlementaires, par des médias aussi qui avaient produit des articles, à la fin le risque c'est que le mécénat soit contestée dans son principe. Et moi, je ne le souhaite pas parce que le mécénat c'est extrêmement positif pour le lien entre les entreprises…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous essayez de garder les…

GABRIEL ATTAL
Donc il faut mettre un cadre, c'est ça que je veux dire, il faut mettre un cadre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Gabriel ATTAL, le grand bazar est annoncé au rayon de la République En Marche à Paris ?

GABRIEL ATTAL
Je ne crois pas.

ELIZABETH MARTICHOUX
Cédric VILLANI, déçu, candidat déçu à l'investiture de la République En Marche pour la Mairie de Paris, devrait annoncer très vraisemblablement mercredi prochain, sa candidature. Vous le redoutez ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, moi, pour l'instant il n'y a pas de candidature qui est annoncé. Ce que moi je souhaite…

ELIZABETH MARTICHOUX
On va on va parler clairement, il a très vraisemblablement l'intention d'annoncer sa candidature mercredi prochain. Benjamin GRIVEAUX est le candidat investi, est-ce que vous redoutez cette annonce ?

GABRIEL ATTAL
Moi, j'ai parfaitement confiance dans la capacité de Benjamin GRIVEAUX à l'emporter, à devenir Maire de Paris. Donc, moi ce que je redoute…

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors ça c'est une énorme langue de bois, parce qu'à partir du moment où Cédric VILLANI…

GABRIEL ATTAL
Non…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pardon, et vous le savez bien, Cédric VILLANI aura annoncé sa candidature, éventuellement, c'est une candidature qui peut empêcher Benjamin GRIVEAUX d'accéder au poste dont vous dites qu'il lui est…

GABRIEL ATTAL
Je vais vous dire, moi je ne peux pas imaginer que Cédric VILLANI puisse souhaiter ou de prendre des décisions qui conduiraient à ce que l'on empêche la République En Marche de gagner la Mairie de Paris.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, s'il le fait mercredi prochain, vous l'interprétez comment ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien j'en serais très déçu. Je ne peux pas vous dire autre chose, mais encore une fois, vous savez Benjamin GRIVEAUX il a été investi par la Commission nationale d'investiture, il a commencé tout un travail de rassemblement, hier ou avant hier la maire du Ixème arrondissement, qui vient des Républicains, Delphine BURKLI, a annoncé qu'elle soutenait la candidature de Benjamin GRIVEAUX. Donc on voit bien, il y a ce travail-là…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il fait des alliances, il fait des alliances d'appareils, Cédric VILLANI, lui, va se lancer avec ça sa liberté. Est-ce que le président va recevoir, à votre avis, Cédric VILLANI ? Est-ce qu'il va intervenir pour essayer d'empêcher ce crash au sein de la majorité ?

GABRIEL ATTAL
Je vais vous dire, le président de la République, on l'a vu encore le week-end dernier au moment du G7, il pèse sur des équilibres qui sont très important dans le monde…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez dire qu'il ne s'intéresse pas à la situation parisienne ?

GABRIEL ATTAL
Je ne dis pas ça, je dis que le président de la République ce n'est pas lui qui a décidé le l'investiture de Benjamin GRIVEAUX. Il y a une Commission nationale d'investiture, on a un mouvement politique, il y a des instances…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'il n'aurait pas dû le faire pour éviter cette situation ?

GABRIEL ATTAL
Non, enfin, ce n'est pas le rôle du président de la République, on a un mouvement politique, on a des instances politiques. Certes on est un mouvement nouveau, certes c'est les premières investitures pour des municipales qu'on a à faire, oui c'est sûr, mais si on considère toujours qu'il faut aller chercher ailleurs la décision, à la fin ça ne sert à rien d'avoir un mouvement politique.

ELIZABETH MARTICHOUX
On en reparlera plus tard, ne vous en faites pas la candidature de Benjamin GRIVEAUX, mais quand même, vous ne pouvez pas me dire c'est une situation rêvée.

GABRIEL ATTAL
Mais ce n'est précisément pas ce que je vous dis.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est même une situation très très ennuyeuse est embarrassante pour En Marche à Paris, cette double candidature probable.

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je vous ai dit, moi je ne souhaite pas qu'on aille vers plusieurs candidatures qui nous empêcheraient de gagner la Mairie de Paris. Encore une fois il y a sans doute des discussions qui doivent se tenir. Moi je connais Cédric VILLANI, on a été parlementaires ensemble à l'Assemblée nationale…

ELIZABETH MARTICHOUX
Qu'est-ce que vous lui dites ce matin ?

GABRIEL ATTAL
Je ne vais pas m'adresser à lui par voie de presse.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi pas ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien parce que ce n'est pas comme ça que ça se fait.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous l'avez appelé au moins ?

GABRIEL ATTAL
Je le connais, c'est quelqu'un qui est d'abord très intelligent, qui est par ailleurs convaincu par ce qu'on fait, qui est un soutien des premiers jours du président de la République, de la majorité, donc je n'imagine pas qu'il puisse prendre des décisions qui nous fassent perdre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et il serait exclu s'il se présentait ?

GABRIEL ATTAL
Là je ne peux pas vous le dire, moi.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous connaissez très bien le parti, vous connaissez très bien la majorité. Il sera exclu logiquement ?

GABRIEL ATTAL
Mais, posez la question aux responsables du parti, moi je ne suis pas responsable du mouvement En Marche.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce serait logique.

GABRIEL ATTAL
Je ne peux pas vous dire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce serait logique.

GABRIEL ATTAL
Je ne peux pas vous dire, ce qui est certain c'est que…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ah ben si, vous pouvez dire : c'est logique ou pas.

GABRIEL ATTAL
Un candidat qui se présente en dissidence contre un candidat investi par la République En Marche, de facto il se met en dehors des instances.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord.

GABRIEL ATTAL
Alors, après qu'il y ait une exclusion ou pas, ça, ce n'est pas à moi de le dire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il ne faut peut-être pas insulter l'avenir, c'est ce que vous dites, exclusion ou pas, il pourra toujours essayer de rattraper Cédric VILLANI plus tard, si la mayonnaise prend autour de sa candidature. Très très vite, le président de la Communauté d'agglomération de Bourg-en-Bresse en appelle à Marlène SCHIAPPA. Figurez-vous qu'il a une amende de 90 000 €, on en a parlé sur LCI, parce qu'il a mis trop de femmes dans une instance de l'agglomération.

GABRIEL ATTAL
J'ai vu ça sur les réseaux sociaux en arrivant dans le studio, effectivement ça paraît curieux, on voit bien que c'est des règles qui sans doute visent à faire en sorte qu'il y ait une parité et à favoriser l'accès des femmes aux responsabilités politiques, et qui dans certains cas peuvent donner des décisions un peu…très curieux comme celle-ci.

ELIZABETH MARTICHOUX
Absurde même.

GABRIEL ATTAL
Absurde, il faut regarder s'il y a eu la possibilité de faire des recours avant et si on se retrouve dans cette situation comme ça d'un coup, ou si des choses auraient pu être évitées. D'une manière générale, évidemment on souhaite faire en sorte qu'il y ait le plus possible de femmes qui soient aux responsabilités dans les municipalités, c'est d'ailleurs un nos objectifs sur les municipales, on travaille beaucoup avec le Bureau exécutif, la Commission d'investiture, dans cette direction.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et le préfet de l'Aude aurait mieux valu féliciter ce maire plutôt que de le pénaliser, donc.

GABRIEL ATTAL
La difficulté c'est que vous savez, quand il y a des règles, même si parfois c'est absurde, sans doute ça donne des applications comme celle-ci, mais c'est peut-être des occasions de regarder si on ne peut pas changer la règle pour que ce type de cas ne se reproduise pas.

ELIZABETH MARTICHOUX
De situation absurde, dites-vous, se produise. Merci beaucoup Gabriel ATTAL d'avoir été avec nous ce matin sur LCI.

GABRIEL ATTAL
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 septembre 2019 
 

Scolarité Rentree scolaire Scolarite Enseignant Retraite 193001777

Enfance protégée : restitution de la Concertation nationale - Groupe de travail n° 4 : Promouvoir l'ambition scolaire pour les enfants protégés

Enfance protégée : restitution de la Concertation nationale - Groupe de travail n° 4 : Promouvoir l'ambition scolaire pour les enfants protégés Protection enfance ambition scolaire pour les enfants protégés

Auteur(s) : Marie-Christine Cavecchi - Valérie Cabuil

Ministère des Solidarités et de la Santé pdf Gratuit - 2.66 Mo (nouvelle fenêtre) Protection des mineurs Enfant Scolarite Vie scolaire Droits de l'enfant Aide a l'enfance Aide sociale Politique sociale

Le 27 mars 2019, le Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé a lancé une concertation sur la prise en charge des enfants au titre de l’aide sociale à l’enfance. Six groupes de travail coprésidés par des présidents de conseils départementaux et composés d’une grande variété professionnels et d’anciens enfants placés ont travaillé pendant trois mois pour faire des recommandations afin d’améliorer le fonctionnement de cette politique publique. Le thème de ce rapport est la promotion de l’ambition scolaire pour les enfants protégés. Les cinq autres thèmes abordés sont : la sécurisation des parcours en protection de l’enfance, le développement de l’accueil familial, l’amélioration de l’accompagnement des enfants en situation de handicap, la diffusion d’une culture de la transparence et de la qualité dans les lieux d’accueil et le renforcement du pilotage de la politique publique de protection de l’enfance.

Le parcours scolaire des enfants protégés

Plan d’actions proposé par le groupe de travail en faveur d’une ambition scolaire pour les enfants protégés

1 – Développer une culture de l’ambition scolaire

2 – S’appuyer sur le projet pour l’enfant (PPE) pour porter une ambition scolaire tenant compte des aptitudes, des ressources et des souhaits de chaque enfant

3 – Prévenir et accompagner les périodes de déscolarisation

4 – Développer l’ambition d’un projet scolaire choisi vers une insertion professionnelle ou la poursuite d’études supérieures pour les jeunes protégés

 

Rapport officiel 13 Ministère des solidarités et de la santé 194000662