Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à RTL le 27 septembre 2019, sur le parcours de Jacques Chirac et sa place dans la vie politique de la Cinquième République.

Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à RTL le 27 septembre 2019, sur le parcours de Jacques Chirac et sa place dans la vie politique de la Cinquième République. Edouard Philippe 27/09/2019 Jacques Chirac Décès de Jacques Chirac le 26 septembre 2019

YVES CALVI
Alba VENTURA, vous recevez ce matin le Premier ministre Edouard PHILIPPE.

ALBA VENTURA
Bonjour Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour Alba VENTURA.

ALBA VENTURA
Est-ce qu'on peut dire que vous avez grandi politiquement dans les jupes de Jacques CHIRAC. J'entends par là qu'Alain JUPPE, votre mentor, était le fils préféré et Antoine RUFENACHT, l'ancien maire du Havre, Chiraquien parmi les Chiraquiens, auquel vous avez succédé. Est-ce qu'on peut dire ça ?

EDOUARD PHILIPPE
On peut dire que… Oui, on peut dire sans se tromper que, comme tous les Français de mon âge, Jacques CHIRAC a été une forme de… Un personnage qui était là et qui comptait. Qui était dans la vie politique, qui était dans la vie française. Certains l'admiraient et l'aimaient, c'était mon cas ; d'autres ne l'aimaient pas du tout mais enfin il était là.

ALBA VENTURA
Et je rappelle, voilà, vous êtes né en 1970.

EDOUARD PHILIPPE
Oui.

ALBA VENTURA
Donc en fait, vous l'avez connu enfant, adolescent.

EDOUARD PHILIPPE
Oui, oui. Enfin, connu comme tout le monde, pas connu personnellement quand j'étais enfant ni adolescent mais il était dans le paysage français et il comptait dans le paysage. C'est vrai que comme il comptait beaucoup comme Antoine RUFENACHT qui était mon prédécesseur au Havre et Alain JUPPE, et que moi j'ai eu le plaisir et l'honneur de rentrer en politique et d'apprendre la politique avec Antoine RUFENACHT et Alain JUPPE, il comptait peut-être encore un peu plus pour moi. Donc oui, et c'est ce qu'on ressent aujourd'hui. On ressent le départ de quelqu'un qui, quel que soit le rapport qu'on a eu avec lui - certains ont eu un rapport intime avec lui, d'autres un rapport bien plus distant - mais on ressent le départ de quelqu'un qui a compté, qui a pesé dans la vie. Une forme d'ombre tutélaire qui n'est plus là.

ALBA VENTURA
Mais hier, vous dites : « Je suis ému et un peu nostalgique. »

EDOUARD PHILIPPE
Oui, c'est vrai.

ALBA VENTURA
C'est quoi cette nostalgie ?

EDOUARD PHILIPPE
Emu parce que j'ai été très ému quand j'ai appris la nouvelle hier, et un peu nostalgique parce que c'est une partie d'une France qui passe et, sans être un coutumier de la nostalgie et en sachant que c'est la nature des choses, que les gens passent, que la France continue, oui j'éprouve une certaine forme de nostalgie.

ALBA VENTURA
Votre première rencontre avec Jacques CHIRAC, c'était quand ? Vous aviez quel âge ? C'était où ?

EDOUARD PHILIPPE
J'avais vingt-quatre ans, c'était à New York. Il venait d'être élu président de la République et moi j'étais jeune stagiaire à la représentation permanente de la France à New York.

ALBA VENTURA
C'était le stage de l'ENA, c'est ça ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est ça. Et comme j'étais le stagiaire, j'étais la dernière roue du carrosse dans cette organisation.

ALBA VENTURA
Vous serviez les cafés, quoi. Pardon.

EDOUARD PHILIPPE
Oui, oui, parfois. Enfin, parfois un peu plus mais parfois c'était ça. Et puis, c'était comme ça et c'est comme ça qu'on apprend après tout. Et donc comme il avait… Son premier déplacement s'était passé en Allemagne, comme c'est la coutume, et puis ensuite il partait à Halifax. Il devait y avoir, je ne sais pas, un G7 ou un G8, je ne sais plus. Et en passant par Halifax au Canada, et donc en passant il avait décidé de venir à l'ONU à New York parce qu'il avait déjà annoncé la reprise des essais nucléaires, parce qu'il voulait… Puis on était dans la guerre de l'ex-Yougoslavie. Bon, bref il passait et on m'avait demandé de participer à l'organisation du déplacement et moi j'étais quand même un peu… D'abord j'étais stagiaire et il ne fallait pas que je me plante et puis, ensuite, c'était quand même le président de la République puis c'était Jacques CHIRAC. Et je l'ai croisé au début et à la fin de sa visite qui a duré quelques heures. Et au début, il a été très… Il avait cette capacité en vous serrant la main, en vous regardant et au moment où vous vous présentiez à vous faire sentir que vous étiez là. Il était là pour vous et vous étiez là pour lui.

ALBA VENTURA
Vous vous êtes senti important.

EDOUARD PHILIPPE
J'ai senti qu'il se passait quelque chose entre nous. Alors rien de plus que ça mais tout ça. Et puis à la fin, le déplacement s'était bien passé, il a eu ces quelques mots qui sont à la fois, pas grand-chose mais qui comptent beaucoup quand on est un jeune homme qui aime la vie politique, qui aime la vie publique et qui a le président de la République en face de soi, qui étaient des mots d'encouragement, qui étaient des mots très bienveillants et il faisait ça très bien.

ALBA VENTURA
Et ça vous a rendu fier ?

EDOUARD PHILIPPE
Oui, sans doute, oui. Sans doute, sans doute.

ALBA VENTURA
Vous retenez quoi de Jacques CHIRAC ? Plutôt le bon vivant, amateur de tête de veau, la marionnette des Guignols, je sais que ça vous a beaucoup marqué ? Ou l'homme cultivé, curieux, passionné d'Histoire ?

EDOUARD PHILIPPE
J'essaye de retenir tout et dans Jacques CHIRAC, il y a tout. Des côtés absolument remarquables : sympathique, truculent, chaleureux, visionnaire, exigeant, et puis des côtés plus compliqués, plus sombres parce que je crois vraiment ça. Jacques CHIRAC c'était un Français, un Français au plein sens du terme, avec ses aspirations, ses contradictions, ses ambitions, ses moments de, peut-être à certains égards, de génie, en tout cas de génie national. Et puis aussi des phases plus compliquées, des hésitations, parfois des renoncements.

ALBA VENTURA
Des contradictions.

EDOUARD PHILIPPE
Des contradictions et c'est normal.

ALBA VENTURA
On va en reparler. Je vous ai lu, vous avez dit : « J'ai une tendresse particulière pour Jacques CHIRAC mais ce qui est vrai, c'est qu'il est plus méchant et plus cultivé que l'image qu'il a voulu donner. »

EDOUARD PHILIPPE
Oui, mais je crois que tous les gens s'accordent à le dire…

ALBA VENTURA
C'est-à-dire un homme raffiné mais aussi sans pitié.

EDOUARD PHILIPPE
Il a traversé la vie politique française pendant longtemps et en d'occupant les postes, et en atteignant les postes les plus exigeants. Ça dit quelque chose à la fois de son ambition et de sa force et de son énergie que chacun constate et que tout le monde célèbre aujourd'hui. Ça dit aussi quelque chose de sa dureté d'une certaine façon, et de sa capacité à faire des choix, à écarter, à surmonter les difficultés et c'est aussi ça, Jacques CHIRAC. Un homme à la résilience incroyable qui agoni d'injures, cerné de toutes parts, traçait son chemin parfois vivement et parfois rudement. Et je trouve que, au fond, lui rendre hommage comme nous le faisons aujourd'hui à juste titre, c'est aussi décrire l'homme dans toute sa complexité, dans ses contradictions car il y en avait.

ALBA VENTURA
Mais voilà, comme vous le dites, avec ses bons et ses mauvais côtés. Nicolas SARKOZY l'avait qualifié de roi fainéant. Vous diriez que Jacques CHIRAC c'est l'homme des réformes avortées ? Parce que, pardon Monsieur le Premier ministre, la réforme de la Sécu il a calé…

EDOUARD PHILIPPE
Non, non, non.

ALBA VENTURA
La réforme des retraites qui non seulement a fait tomber Alain JUPPE vous a été quand même léguée aujourd'hui, on en parle aujourd'hui, c'est l'actualité d'aujourd'hui. C'est aussi l'homme des réformes avortées ?

EDOUARD PHILIPPE
Non. Enfin, je ne dirais pas que c'est l'homme des réformes avortées. D'abord un certain nombre de réformes ont eu lieu. Vous voyez par exemple, je trouve que c'est… Je suis très surpris que depuis hier, on parle très peu de la réforme du service national. Il a pris la décision de supprimer le service national, pas pour le supprimer…

ALBA VENTURA
Bien sûr, on en a parlé. Mais ça, c'était courageux sans doute.

EDOUARD PHILIPPE
Pourquoi ? Pas pour supprimer le service national en tant que tel : pour adapter l'armée de 1995 au siècle qui venait et aux usages dont il pensait qu'on aurait à faire de l'armée aujourd'hui.

ALBA VENTURA
Il y a eu les morts sur les routes aussi.

EDOUARD PHILIPPE
Et il a réussi ça. Non mais je voudrais le dire, parce que parfois on présente Jacques CHIRAC comme vous venez de le faire : l'homme des réformes avortées ou celui qui aurait renoncé face à la difficulté.

ALBA VENTURA
Mais parce que c'est aussi Jacques CHIRAC et aujourd'hui…

EDOUARD PHILIPPE
Sa réforme était visionnaire en la matière.

ALBA VENTURA
Aujourd'hui, pardon mais vous êtes plus au courant que nous, je pensais Jacques CHIRAC sur la réforme des retraites, c'est ce que vous êtes en train de traiter aujourd'hui. Permettez-moi d'insister. C'est une réforme qui n'a pas été faite.

EDOUARD PHILIPPE
Il est comme tous les responsables politiques. Il ne peut pas dire et il ne pouvait pas dire au terme de l'exercice de ses mandats qu'il avait tout fait.

ALBA VENTURA
Mais vous diriez qu'il a manqué de courage par moment ?

EDOUARD PHILIPPE
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce n'est pas le seul, ça arrivera à d'autres et ça m'arrivera à moi. On ne peut pas tout faire. Il y a des choses qui sont des réussites, il y a des choses qui sont des réussites qu'on oublie et puis il y a des choses qui n'ont pas été faites. C'est vrai.

ALBA VENTURA
Jacques CHIRAC avait pour habitude de dire, pour justifier sa prudence en matière de fiscalité : « Dans chaque niche, il y a un chien qui aboie », les niches fiscales. Vous êtes bien payé pour le savoir d'ailleurs, je pense à l'exonération des aides à domicile pour les plus de soixante-dix ans.

EDOUARD PHILIPPE
La formule dit quelque chose de très juste.

ALBA VENTURA
Volontarisme et prudence, en fait c'était ça Jacques CHIRAC.

EDOUARD PHILIPPE
Volontarisme sans doute, sans aucun doute. Prudence parce que je crois qu'il savait, qu'il mesurait que notre vieille nation était à la fois parfois capable de s'unir dans le meilleur mais toujours traversée par des forces qui la divisent et qui l'emmène vers la chicaya, vers la division, vers la controverse. Alors je ne crois pas qu'il avait peur de la controverse, pas du tout, mais je pense qu'il savait, comme d'ailleurs le savent les présidents, que la France est un pays qui doit toujours revenir à la question de son unité.

ALBA VENTURA
Monsieur le Premier ministre, un hommage sera rendu lundi en l'église Saint-Sulpice, donc jour de deuil national. Est-ce que le président va prendre la parole ce jour-là, à ce moment-là ?

EDOUARD PHILIPPE
Ça, je ne sais pas s'il va prendre la parole. Je sais que la cérémonie aura lieu à Saint-Sulpice mais je ne sais pas qui prendra la parole.

ALBA VENTURA
Est-ce qu'il y aura un hommage national aux Invalides ?

EDOUARD PHILIPPE
Les modalités de la journée de lundi et de ce qui précédera sont en train d'être déterminées je crois en bonne intelligence entre la famille du président CHIRAC et la présidence de la République. On pourra communiquer, je pense, dans la journée sur un certain nombre de…

ALBA VENTURA
Sur des funérailles nationales par exemple ?

EDOUARD PHILIPPE
Sur la cérémonie d'hommage qui aura lieu lundi à Saint-Sulpice et sur, voilà, et sur la façon dont on accompagnera et les Français pourront accompagner cette cérémonie

ALBA VENTURA
Jacques CHIRAC, quand il était Premier ministre, quand il était à Matignon, il avait planté un pommier dans le jardin.

EDOUARD PHILIPPE
C'est moi qui ai planté un pommier.

ALBA VENTURA
C'est vous le premier ?

EDOUARD PHILIPPE
Oui.

ALBA VENTURA
En hommage aux pommes de Jacques CHIRAC.

EDOUARD PHILIPPE
Notamment. La tradition veut que les Premiers ministres plantent des arbres dans le parc de Matignon. Et chacun plante un arbre et chacun choisit l'endroit où il le plante, et moi j'ai choisi de planter un pommier pour deux raisons. D'abord parce que c'est un arbre normand et que j'aime la Normandie. Et aussi parce qu'au moment où je l'ai planté et on m'a posé la question de savoir pourquoi est-ce que je plantais ce pommier, j'ai indiqué qu'il fallait toujours manger des pommes, reprenant la formule célèbre de sa campagne de 95.

ALBA VENTURA
Il existe toujours ce pommier ?

EDOUARD PHILIPPE
Evidemment et il donne des pommes. Et, croyez-moi, la prochaine fois que j'en mangerai une, je penserai à Jacques CHIRAC.

ALBA VENTURA
J'ai deux petites questions. Vous êtes d'accord avec cette autre phrase de Jacques CHIRAC qui disait : « Les merdes, ça vole toujours en escadrille » ? C'est ce que vous vous dites tous les jours en entrant à Matignon ?

EDOUARD PHILIPPE
Il savait de quoi il parlait et l'observation est assez juste.

ALBA VENTURA
Une note plus gaie, Edouard PHILIPPE. J'ai entendu dire que vous appréciez la Corona, la bière. Est-ce que c'est le président Jacques CHIRAC qui vous avait initié ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, il ne m'avait pas initié mais je le constate a posteriori que nous avons cette passion commune.

ALBA VENTURA
Merci beaucoup Monsieur le Premier ministre.

EDOUARD PHILIPPE
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 septembre 2019 
 

Président de la République Chirac Jacques Vie politique Personnalite politique Deces Hommage 193001929

Interview de Mme Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, à LCI le 27 février 2019, sur le Grand débat national et sur la collectivité européenne d'Alsace.

Interview de Mme Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, à LCI le 27 février 2019, sur le Grand débat national et sur la collectivité européenne d'Alsace. Jacqueline Gourault 27/02/2019 Grand débat national Europe Alsace
  • Jacqueline Gourault - Ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Bonjour à tous. Mon invitée ce matin est un la ministre de la Cohésion des territoires, chargée de la Relation avec les collectivités territoriales. Bonjour Jacqueline GOURAULT.

JACQUELINE GOURAULT
Bonjour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci d'être avec nous ce matin. Vous avez fait l'évènement ce week-end, il faut le dire, parce que vous avez dit ce que vous pensiez, et après tout, tous les Français pendant le Grand débat, ont le droit de dire ce qu'ils pensent, pas vous parce que vous êtes ministre, vous avez quand même dit que ça serait bien que tout le monde paie l'impôt sur le revenu, ne serait-ce que de manière symbolique, pour que chacun ait conscience, effectivement, de contribuer au financement de tout ce que l'on reçoit de l'Etat. Ce n'est pas une mauvaise idée.

JACQUELINE GOURAULT
J'ai exprimé une idée, qui est depuis longtemps une idée de la famille politique à laquelle…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais beaucoup de Français le disent dans le Grand débat, vous le savez ça.

JACQUELINE GOURAULT
Oui, et je l'entends, dans le Grand débat. Voilà, donc j'ai exprimé une, comment dire, un sentiment politique, ça n'était pas une proposition, bien sûr, c'est là où il y a eu peut-être confusion, mais c'est un sujet qui a été, depuis longtemps, débattu dans ma famille politique, à savoir le MoDem.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on vous a répondu : oui mais tous les Français paient des impôts, la TVA, la CSG, mais vous, évidemment, ce dont vous parliez, c'est la valeur symbolique de cet impôt sur le revenu.

JACQUELINE GOURAULT
C'est ça, c'est le lien entre un citoyen et l'impôt, et donc l'appartenance à la communauté, à la Nation, si je puis dire, française. Et naturellement que la TVA, pardon... oui, la TVA, je dis bien, ou la CSG, sont des impôts payés par tous, mais je parlais de l'impôt sur le revenu, et c'est la perception du lien avec l‘impôt et la clarification au fond peut être nécessaire du lien à l'impôt.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais vous avez raison. Et quand on est ministre, donc, maintenant, on n'a pas le droit de dire ce qu'on pense.

JACQUELINE GOURAULT
Non non, on a le droit de dire ce qu'on pense, d'ailleurs si vous exprimez ce que Matignon a dit, Matignon a dit que j'étais légitime puisque c'est une idée qu'on trouvait beaucoup dans les débats, légitime à l'exprimer, simplement Matignon a précisé que ce n'était pas un sujet sur la table de la part du gouvernement. Voilà.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et c'est curieux, parce que je vais vous faire écouter ce que dit le Premier ministre sur les droits et les devoirs, quand on a des prestations, il y a des contreparties, c'est un peu la même philosophie, écoutez le Premier ministre à l'Assemblée nationale.

EDOUARD PHILIPPE, PREMIER MINISTRE – ASSEMBLEE NATIONALE LE 19 FEVRIER
Vous pouvez appeler, et je l'ai fait, ces droits et ces devoirs, des contreparties, et je pense que fondamentalement, dans notre pays, se poser la question des contreparties au versement lié à l'aide sociale, est une bonne question. Lorsque l'Etat crée des systèmes de solidarité ou d'accompagnement ou d'encouragement, la logique de droits et de devoirs est impérative.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Bon, mais ça ne sera pas l'impôt sur le revenu, comme contrepartie, mais bon.

JACQUELINE GOURAULT
D'ailleurs, dans l'interview dont vous parlez…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Au JDD, dimanche.

JACQUELINE GOURAULT
Au JDD, j'ai exprimé aussi ma solidarité naturelle je dirais avec le Premier ministre, car je crois que l'insertion est quelque chose d'absolument fondamental. Bien sûr il faut aider ceux qui sont loin de travail, les plus démunis, etc. mais il ne faut pas les laisser au bord de la route, il faut sans cesse chercher à les insérer par le travail dans la société, car le travail c'est une manière de s'insérer dans la société.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Au fond, demander des contreparties, ce n'est pas punir ceux qui reçoivent des allocations, mais c'est les aider, comme vous le dites, à retrouver leur place, à la fois dans la société, et aussi d'une certaine manière dans le travail.

JACQUELINE GOURAULT
Oui, c'est cela, parce qu'on sait trop les dégâts qu'il y a dans les familles, quand un père ne sort plus de la maison, ne se lève plus le matin pour aller travailler, ou une mère d'ailleurs, et le travail est une manière, je dirais, d'être reconnu dans la société et membre à part entière dans la société. Donc je pense que le travail contre l'exclusion est un devoir de la Nation.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors on va en parler dans quelques instants parce qu'on va parler de l'Alsace, mais c'est vrai qu'un département comme le Bas-Rhin expérimente justement cette contrepartie de travaux d'intérêt général, et le Conseil d'Etat a décidé que ça pouvait être généralisé, donc on va voir des départements où effectivement la contrepartie au RSA, ça sera quelques heures au service de l'intérêt général par exemple.

JACQUELINE GOURAULT
Oui bien sûr, c'est une expérimentation, Frédéric BIERRY d'ailleurs a remis au Premier ministre d'un rapport sur l'insertion, il y a d'autres départements qui ont réussi aussi à créer, je vois dans mon département ça s'appelle de Job 41, c'est-à-dire avec l'ensemble des entreprises etc., le département a réussi à faire retourner vers l'emploi beaucoup de gens qui étaient au RSA. Tout cela ce sont des réussites et qu'il faut multiplier sur le territoire.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, comment on sort de ce Grand débat ? Pour l'instant c'est un succès en termes de contributions, plus d'un million de Français, 1,1 million je crois, sont allés sur le site pour donner leurs idées. Le risque, Jacqueline GOURAULT, c'est qu'ils soient déçus ces millions de Français, par ce qu'il va en sortir. Comment est-ce que vous sentez le président ? Est-ce que le président sait déjà ce qu'il va proposer ou est-ce qu'il n'arrête pas de réfléchir, vous poser des questions, de vous tester ?

JACQUELINE GOURAULT
Ah non, je crois qu'il y a une réflexion permanente, une construction des réponses qui devront être apportées, d'abord parce que le Grand débat n'est pas terminé, il y a eu plus de 6 000 réunions déjà tenues en France, et il y en a encore 3 000 de programmées, donc il y aura encore beaucoup de contributions qui seront données, y compris les contributions sur le site du Grand débat et tout cela, et c'est très important, va être, comment dire, compilé, va être redonné aux Français, parce que c'est une période importante et j'écoutais les garants l'autre jour qui ont été nommés pour s'assurer en fait que la restitution sera un moment comment dire…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Fidèle à la réalité.

JACQUELINE GOURAULT
Fidèle à la réalité, transparent, exhaustif, et c'est quelque chose de très important. Et après, eh bien le gouvernement et le président de la République prendront leur décision sur les propositions qui seront annoncées. Alors bien évidemment, tout ne se fera pas en une fois tout cela demandera un certain nombre de…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
De lois…

JACQUELINE GOURAULT
De décisions, si je puis dire, alors ça peut être du réglementaire, ça peut être des lois bien sûr.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Du référendum aussi ?

JACQUELINE GOURAULT
Ça peut être une réforme constitutionnelle qui était déjà prévue et qui va revenir. Elle peut être modifiée par rapport à ce qui était prévu, et puis il y a des outils, vous avez cité le référendum, c'est un outil, on verra si le président de la République, et la décision appartient au président de la République.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Qu'est-ce qu'il doit faire le président à la fin du Grand débat ? Il doit parler à la télé, aller devant le Congrès ? Il doit va faire quoi ?

JACQUELINE GOURAULT
Il choisira. Je ne sais pas quel sera son choix, quel sera le mode d'expression qu'il choisira, en tout cas ce qu'on peut dire, c'est qu'il est déjà beaucoup sur le terrain, qu'il va à la rencontre des Français, dans de nombreuses réunions, et je crois que cela a été quelque chose d'extrêmement salutaire pour, je dirais la sortie de crise et aussi pour ressouder les liens entre le président de la République et la Nation.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que le Premier ministre ne va pas un peu vite en besogne ? Depuis plusieurs jours il sème ses petits cailloux blancs, comme un comme le petit Poucet, on vient de dire : contreparties aux aides sociales, plafonnement des indemnités de chômage des cadres, il ne faut pas que les revenus de l'assistanat soient supérieurs aux revenus du travail, a-t-il dit encore quand il y a 10 jours. Est-ce qu'en fait la sortie du Grand débat c'est cap à droite ?

JACQUELINE GOURAULT
Ah, je ne suis pas sûre que tout ce que vous venez de dire soit symbolique de la droite.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En tout cas c'est la rigueur.

JACQUELINE GOURAULT
Ce que j'entends dans les Grands débats, à travers de multiples expressions, par exemple l'idée que le travail doit être bien rémunéré et que le travail doit rapporter, est quelque chose qui est fondamentalement ancré dans les idées des Français. Ce que ne supportent pas les Français c'est d'être des travailleurs, parfois des travailleurs je dirais avec des métiers difficiles, et d'avoir à côté, des gens qui touchent des allocations, à juste titre, mais qui parfois ont une somme très peu différente de celui qui travaille, et ça c'est quelque chose qui est ressenti par les Français comme une injustice, il faut le dire, et donc il faut récompenser le travail tout en maintenant la solidarité à ceux qui en ont besoin, c'est quelque chose de très important. Et je ne crois pas que ce soit forcément une idée de droite.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On voit encore tous les samedis une partie des Gilets jaunes, ils se mobilisent sur fond de violence. Le président de la République a haussé le ton hier, on l'écoute.

EMMANUEL MACRON, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
C'est un miracle qu'après autant de samedis, avec cette violence à certains moments et dans certains endroits, il n'y ait eu aucun mort à déplorer, de la part justement des forces de l'ordre. Et il faut maintenant dire que lorsque l'on va le samedi, dans des manifestations violentes, on est complice du pire.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
« Quand on va manifester, on est complice du pire », ça veut dire qu'il ne faut plus aller manifester le samedi ?

JACQUELINE GOURAULT
Mais en tout cas on sait ce qu'il se passe tous les samedis, à Paris mais dans d'autres grandes villes de France, on sait que les violences sont très importantes, donc ce que veut dire le président de la République, c'est que quand on va manifester maintenant, à l'heure où les samedis qui vont venir, eh bien on prend ses responsabilités, c'est-à-dire qu'on on est, au fond, je ne dirais dans une situation où on sait que la violence à coup sûr va se développer. Donc au fond, ce que le président de la République dit, c'est : il faut choisir, soit vous êtes contre la violence, soit vous y allez et vous pensez que la violence fait partie des choses qui se développent tous les samedis. Et moi je voudrais à ce moment, dire qu'il faut remercier les policiers, parce que ce que le président de la République a dit, à l'instant, c'est qu'il n'y a eu aucun blessé, je dirais, de la part, enfin, aucun mort si je puis dire de la part de la police, il n'y a pas eu de victimes, c'est cela que je veux dire exactement, et c'est un miracle, parce que des violences il y en a eu beaucoup. Alors il y a eu des blessés, côté police ou côté manifestants, mais il n'y a pas une mort et c'est vraiment un miracle.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En tout cas on voit que le gouvernement veut que ça s'arrête. Depuis hier soir sur les réseaux sociaux il y a ce clip vidéo du gouvernement qui dit : manifester c'est un droit mais pas celui de systématiquement aller vers des actes de violence. Vous verrez, on va avoir derrière nous cette vidéo qui passe effectivement, ce n'est pas casser, avec les images notamment, la dégradation de magasins, de l'Arc de Triomphe, donc en fait le gouvernement a envie que ça s'arrête là je crois.

JACQUELINE GOURAULT
C'est-à-dire que le gouvernement fait la différence entre ceux qui ont eu des revendications légitimes, qui étaient pacifiques, et ceux qui aujourd'hui ne pensent qu'à casser, à mettre la violence, et les Français en ont assez, et les commerçants en ont assez, et les touristes en ont assez, et les clients qui habitent les villes où il y a des risques de violence, en ont assez.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que quand même il n'y a pas un excès de confiance, soudainement, de la part du président et du Premier ministre, on voit leur cote de popularité remonter dans notre sondage Harris Interactive pour LCI, on voit que les cotes d'Emmanuel MACRON + 4 points à 39 %, celle d'Edouard PHILIPPE 38 % + 6 points, il ne faudrait pas quand même qu'ils aient un peu la grosse tête tout d'un coup tous les deux.

JACQUELINE GOURAULT
Je ne crois pas qu'ils aient la grosse tête, je crois simplement, ça prouve je pense que le Grand débat a été une très bonne idée, que les Français avaient besoin de s'exprimer, que les Français avaient besoin de débattre et qu'ils sont au fond reconnaissants au gouvernement et au chef de l'Etat d'avoir permis ce Grand débat.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
La crise est terminée, Jacqueline GOURAULT ?

JACQUELINE GOURAULT
Ah, je ne dirais pas forcément cela, parce que je pense qu'il y aura peut-être encore des soubresauts, le moins longtemps possible je l'espère, car le pays a besoin de retrouver de la tranquillité, les Français ont besoin de se retrouver dans des milieux sécurisés, si je puis dire, que la violence, ont besoin que la violence s'arrête, pour parler de choses sérieuses.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on va parler de votre actualité d'aujourd'hui, puisqu'en Conseil des ministres vous aller proposer une loi pour réunifier l'Alsace, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, département unique. Qu'est-ce que c'est que cette collectivité unique ? Est-ce que c'est la Corse avant l'heure ?

JACQUELINE GOURAULT
Ah non, pas du tout.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ah bon.

JACQUELINE GOURAULT
La Communauté européenne, la Collectivité, pardon, européenne d'Alsace, c'est d'une collectivité qui réunit effectivement deux départements en un seul, donc c'est une collectivité qui aura les compétences des départements, mais qui aura quelques compétences supplémentaires, la loi le permet, le Conseil constitutionnel le permet, quand il y a des caractéristiques spécifiques à un territoire, et là, la caractéristique spécifique, c'est : c'est un territoire frontalier, et à ce titre nous avons pu confier à l'Alsace, nouvelle, des compétences, soit de l'Etat, soit par accord de la région vers l'Etat, de la région vers la que la collectivité, pardon, et ceci fait que cette collectivité reste dans le droit commun, même si elle a des compétences particulières.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Dites-moi, je ne suis pas un spécialiste, mais il me semble quand même qu'en 2013 il y a eu un référendum pour la réunification des deux départements, la fusion en fait des deux départements et de la région à l'époque, quand même globalement c'était un nom, même si c'est une question de quorum et de niveau de participation. On n'est pas en train de refaire le coup de 2005, ou après un référendum perdu on fait une loi ?

JACQUELINE GOURAULT
Ah non, ça n'a rien à voir puisque je peux vous dire que le désir d'Alsace, selon l'expression de dans le rapport du préfet Jean-Luc MARX, est très fort, et ce désir d'Alsace est très attendu, et je crois que nous avons en fait, le gouvernement a accompagné une volonté locale. Alors la différence…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Avec le référendum.

JACQUELINE GOURAULT
Avec le référendum, c'est qu'on est passé par des délibérations des Conseils départementaux. Je voudrais préciser que dans le Haut-Rhin ça a été à l'unanimité, et dans le Bas-Rhin à une très large majorité, puisqu'il y a eu seulement 6 voix contre, qui était plus une posture je pense politique qu'autre chose. Donc il y a, nous répondons, et ça c'est quelque chose que le président de la République avait annoncé depuis longtemps, depuis le début de son quinquennat, qu'on accompagnerait les volontés locales à partir du moment où il y avait entente locale pour modifier un territoire et pour lui donner un certain nombre de compétences. On pourrait dire quand même, si vous permettez, qu'on préfigure avec l'Alsace, le droit à la différenciation.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et est-ce que vous préfigurez, parce qu'il y a beaucoup de Corses qui nous regardent aussi, ce qui va se passer pour la Corse ?

JACQUELINE GOURAULT
Ah mais non, mais la Corse c'est autre chose, la Corse ils sont déjà une collectivité à statut particulier.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, mais ils demandent d'autres dérogations.

JACQUELINE GOURAULT
Oui mais il y aura... Comment dire, la Corse va être inscrite dans la Constitution, c'est déjà quelque chose de très important. Pourquoi ? Parce que l'on va sanctuariser au fond la collectivité de Corse, qui est une collectivité, pour le coup, à statut particulier, et je dirai simplement qu'il y a déjà beaucoup de compétences, il n'y a aucune collectivité territoriale en France qui n'ait autant de compétences que la Corse. Ce qu'il faut maintenant c'est appliquer, et appliquer les compétences par la collectivité, sur le territoire de la Corse.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Je voudrais avoir votre avis en tant que ministre et en tant que femme, de cette polémique qui a duré quelques heures hier, DECATHLON hier matin proposait, commercialisait sur son site un hidjab de course, en disant, et en expliquant d'ailleurs dans un communiqué, que c'est une manière de contribuer à l'émancipation des femmes musulmanes qui voulaient faire du sport. Et puis polémique, le soir, DECATHLON, le groupe français décide finalement qu'ils ne commercialiseront pas ce hidjab en France. Est-ce qu'ils ont bien fait ?

JACQUELINE GOURAULT
Je crois qu'ils ont bien fait. Moi, quand j'ai vu cette histoire, si je puis dire, j'ai pensé à toutes les femmes qui se battent dans le monde pour ne pas porter le voile, pour ne pas porter des habits traditionnels et pour s'émanciper. Donc je crois que c'est une bonne idée qu'ils ont eue de retirer ce vêtement.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Autre polémique aussi, François RUFFIN, député de la France insoumise, sort un livre ou il interpelle Emmanuel MACRON, c'est son droit, il est en désaccord politique, mais il n'est pas seulement en désaccord politique, il explique dans ce livre que le physique d'Emmanuel MACRON, le dérange, d'ailleurs il s'en excuse, et il dit quand même : voilà, votre visage lisse, votre nez, votre visage sorti d'un catalogue des 3 Suisses, la peau lisse, la mâchoire carrée, c'est très mal, c'est viscéral, je ne m'en vante pas, mais ce rejet nous sommes des milliers à l'éprouver. Ça vous choque ?

JACQUELINE GOURAULT
C'est plus que ça, c'est inadmissible, c'est du délit de faciès, et c'est d'une violence absolument inouïe. Je ne suis pas très étonnée. Voilà, et je crois…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Pourquoi vous n'êtes pas étonnée ?

JACQUELINE GOURAULT
Parce que j'entends souvent des propos, ou je ne les entends pas, de la part de la France insoumise, quand il y a des moments où on doit se raccrocher aux grands principes républicains. Je n'en dirai pas plus.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Hier soir, Alexandre BENALLA et Vincent CRASE sont sortis donc de prison, une décision de justice. Qu'est-ce qui va se passer avec le Sénat ? D'ici un mois les sénateurs doivent dire s'ils transmettent au procureur les éléments à la fois sur Alexandre BENALLA, mais aussi sur certains très proches du chef de l'Etat, comme le secrétaire général de l'Elysée Alexis KOHLER. Est-ce que vous pensez que dans leur rapport les sénateurs sont allés trop loin ? Je rappelle que vous êtes à l'origine sénatrice, est-ce que vous croyez qu'ils iront jusqu'au bout ? Est-ce que Gérard LARCHER va aller jusqu'à saisir le procureur sur Alexis KOHLER ?

JACQUELINE GOURAULT
Ce que je sais, c'est que l'amalgame qui est fait dans ce rapport entre quelqu'un, voilà, qui est dans les mains de la justice, si je puis dire…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alexandre BENALLA.

JACQUELINE GOURAULT
Voilà, et des Hauts fonctionnaires, et de l'entourage du président de la République, est pour moi assez inadmissible.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous mettez en garde le Sénat ?

JACQUELINE GOURAULT
Je pense que je n'ai pas besoin de le mettre en garde, parce que pour avoir eu des contacts avec plusieurs d'entre eux, je crois qu'un certain nombre d'entre eux ont compris que là le rapport, était allé un peu loin.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc Gérard LARCHER sera raisonnable le 21 mars.

JACQUELINE GOURAULT
Je pense. Gérard LARCHER est un républicain, c'est le deuxième personnage de l'Etat, il sait qu'il ne faut pas tout confondre.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci beaucoup Jacqueline GOURAULT d'avoir être notre invitée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 février 2019 
 

Situation sociale Situation sociale Vie politique Insertion professionnelle Manifestation Violence 193000442

Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, à BFMTV le 11 février 2019, sur l'impact négatif des manifestations de "Gilets jaunes" sur les commerces.

Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, à BFMTV le 11 février 2019, sur l'impact négatif des manifestations de "Gilets jaunes" sur les commerces. Agnès Pannier-Runacher 11/02/2019 Gilets jaunes commerces

ADELINE FRANÇOIS
Nous sommes dans « Focus Première », avec Agnès PANNIER-RUNACHER, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des finances pour en parler. Bonjour et merci d'être avec nous. D'abord, nous allons aller à Saint-Etienne, puisque nous sommes en duplex avec le maire Les Républicains de Saint-Etienne.

/// Intervention de Gaël PERDRIAU, maire (LR) de Saint-Etienne ///

CHRISTOPHE DELAY
Alors deux dossiers, alors un qui vous concerne directement et l'autre, un peu moins, le maintien de l'ordre, alors c'est vrai que les samedis se succèdent, et encore une fois, il y a eu de nouveaux incidents, la loi anticasseurs n'a pas été encore totalement votée, elle va aller au Sénat, elle ne peut pas être appliquée. Alors la sécurité, d'abord…

AGNES PANNIER-RUNACHER
La sécurité, moi, je partage avec monsieur PERDRIAU le fait que c'est quelque chose d'absolument majeur et indispensable, et c'est insupportable ce que nous vivons ces dernières semaines, et je suis contente qu'on commence à s'en rendre compte et que ce n'est pas juste des propos en l'air pour essayer d'affoler les Français en disant que les commerçants subissent, depuis 13 semaines maintenant, une pression insoutenable, en particulier dans certains centres villes qui sont un peu étroits, et donc faciles à bloquer, c'est ça qui se passe. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que je voudrais dire à monsieur PERDRIAU que le gouvernement, ça fait depuis le 26 novembre qu'il est mobilisé auprès des commerçants, depuis le 26 novembre, nous avons activé la cellule de continuité économique, depuis le 26 novembre, nous finançons le chômage partiel, c'est aujourd'hui 35 millions d'euros qui ont été financés auprès des commerçants et 66.000 personnes qui sont concernées en France, depuis le 26 novembre, nous décalons les échéances fiscales et sociales, et nous avons prolongé le dispositif encore de trois mois. Et depuis le 26 novembre, nous accompagnons effectivement auprès des banques et auprès des assurances les commerçants, de façon à ce qu'ils puissent bénéficier de facilités de trésorerie et être remboursés plus rapidement…

CHRISTOPHE DELAY
Est-ce qu'ils utilisent tous les dispositifs ?

ADELINE FRANÇOIS
A ce jour, c'est un petit peu le problème, c'est qu'ils ne les utilisent pas suffisamment, j'étais vendredi sur le terrain, à Paris, j'ai rencontré des commerçants qui en avaient bénéficié, qui en étaient très contents parce qu'ils se sont aperçus que c'était très rapide, mais effectivement, ce qui se passe, semble-t-il, c'est que les commerçants ont été très concentrés sur la fin du mois de décembre, et c'est logique parce qu'ils espéraient pouvoir rattraper les pertes de chiffre d'affaires auxquelles ils faisaient face avec les fêtes, et c'est vrai que la semaine du 24, enfin juste avant le 24 décembre, a plutôt été une bonne semaine, et maintenant, ils essaient de se rattraper sur les soldes, mais, moi, mon message aux commerçants, il est très simple : appelez les services de l'Etat, appelez les Chambres de commerce et d'industrie, elles vous attendent, moi, j'ai écrit…

ADELINE FRANÇOIS
Gaël PERDRIAU, ce n'est pas la première chose à faire justement pour les commerçants de votre ville de leur dire : réclamez les aides d'accompagnement auxquelles vous avez droit.

///

CHRISTOPHE DELAY
Est-ce qu'il faudrait par exemple exonérer totalement de paiement d'impôts et de charges les commerces concernés par cette dégradation, comme le suggère Jean-Luc MOUDENC, le maire de Toulouse ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, aujourd'hui, ça, c'est possible dans des cas spécifiques, c'est-à-dire que les commerçants, c'est justement un autre dispositif que nous avons activé début janvier avec Olivier DUSSOPT, pour le ministère des Comptes publics, qui permet aux commerçants qui traversent une situation de trésorerie particulièrement difficile, d'étaler, là, c'est sur 20 mois, voire d'abandonner…

CHRISTOPHE DELAY
Mais pas d'exonérer totalement…

AGNES PANNIER-RUNACHER
D'abandonner, ce qui revient à la même chose, d'abandonner des échéances fiscales et sociales, donc ça existe, mais on fait du cas par cas, pourquoi on fait du cas par cas, parce que la situation, elle est extrêmement hétérogène sur le terrain, d'une rue à l'autre, vous n'avez pas la même pression, parce que ça dépend où se passent les manifestations, ça dépend quelle partie du territoire est bloquée, et c'est pour ça qu'une disposition qui serait pour tout le monde, ça ne fonctionnerait pas.

CHRISTOPHE DELAY
Merci beaucoup d'être venue nous voir, Agnès PANNIER-RUNACHER.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 février 2019 

Commerce Commerce Vie politique Ordre public Manifestation 193000324

Interview de M. Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, à Radio Classique le 28 janvier 2019, sur la politique de sécurité routière, le Grand débat national et le maintien de l'ordre lors des manifestations de Gilets jaunes.

Interview de M. Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, à Radio Classique le 28 janvier 2019, sur la politique de sécurité routière, le Grand débat national et le maintien de l'ordre lors des manifestations de Gilets jaunes. Marc Fesneau 28/01/2019 Grand débat national Gilets jaunes
  • Marc Fesneau - Ministre chargé des relations avec le Parlement

GUILLAUME DURAND
Bonjour, bienvenue, nous n'allons pas perdre de temps. Sur RTL, il y a quelques… en juillet dernier Edouard PHILIPPE parlait de 80 km/h, on l'écoute.

EDOUARD PHILIPPE
Pourquoi est-ce que vous pensez une seconde que mon objectif ce serait d'emmerder l'automobiliste qui le matin prend sa voiture pour aller travailler ? Il n'en n'est rien. Vous avez, l'année dernière, 3600 personnes qui sont mortes en France, cette mesure va sauver des vies et éviter des blessés.

GUILLAUME DURAND
Voilà. Donc, vous êtes ministre, mais vous avez été élu en province. Bonjour d'abord, bienvenue.

MARC FESNEAU
Bonjour.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous avez l'impression que ce matin, ce qu'on vient d'entendre n'a plus aucun sens ?

MARC FESNEAU
Non, je crois que l'objectif de la mesure il était annoncé par le Premier ministre, j'ajoute d'ailleurs qu'il avait dit qu'on évaluerait la mesure en cours de route pour voir si elle avait produit son efficacité, l'objectif de cette mesure, comme l'a dit le Premier ministre, n'était pas d'emmerder les Français, l'objectif de la mesure c'était de réduire le nombre de morts sur les routes. Reconnaissons que chaque mesure de ce type qui ont été prises depuis les 20 ou 30 dernières années, je pense aux plans qu'avait lancés le président CHIRAC, mais d'autres mesures avaient été prises avant, n'ont jamais été populaires. Ce qu'il faudra c'est évaluer la mesure et voir éventuellement s'il y a besoin d'adapter.

GUILLAUME DURAND
Non, mais ce matin il y a une question politique, Marc FESNEAU…

MARC FESNEAU
J'ai bien entendu qu'il y avait une question politique.

GUILLAUME DURAND
Il va se présenter, donc ces chiffres, qui sont sur les trois derniers trimestres, bons, est-ce que pour des raisons politiques, à cause de la rencontre d'Emmanuel MACRON avec les gens qui vivent dans la ruralité, qui ont besoin des voitures, est-ce qu'on va mettre ça sous la table définitivement ou est-ce qu'on va territorialiser les limites de vitesse, d'après vous ?

MARC FESNEAU
Peut-être qu'on regardera si on peut territorialiser, mais en tout cas si les chiffres sont bons et qu'il y a plusieurs centaines de morts en moins, ça veut dire que cette mesure était utile, et faire de la politique c'est aussi poser des actes politiques, parfois contre l'opinion, et montrer et démontrer leur utilité.

GUILLAUME DURAND
Et donc maintenir ?

MARC FESNEAU
On va regarder, on va regarder le résultat et on va regarder par rapport à la généralisation de la mesure, quels sont les endroits où manifestement cette mesure a produit ses effets, et peut-être qu'il faudra territorialiser. Mais moi je pense que, au fond, le sens premier de la mesure c'est un sens pour économiser des vies et donc c'est ça qu'il faut regarder d'abord, et après…

GUILLAUME DURAND
Donc il n'est pas question, dans les 48 heures qui viennent, que, d'une certaine manière, je ne sais pas sous quelle forme, on abroge les 80 km/h ?

MARC FESNEAU
Vous vous rendez compte ce que serait l'effet…

GUILLAUME DURAND
Non, je vous pose la question.

MARC FESNEAU
Mais je la repose par forme d'interrogation, vous vous rendez compte quel serait l'effet, y compris dans l'opinion, que de dire finalement la mesure elle est efficace puisqu'il y a quelques centaines - et quand on dit quelques centaines de morts, c'est des vies, des familles, des vies qui ne sont pas brisées ! – que la première conclusion qu'on tirerait de cette mesure si elle s'avérait efficace, ça serait de la retirer ? Non. Peut-être qu'on peut l'adapter, peut-être qu'on peut regarder territorialement là où elle a produit ses effets et là où manifestement elle n'a pas son utilité. Mais au fond, la mesure qui avait été prise par le Premier ministre, je sais qu'elle est impopulaire, mais parfois il faut savoir être impopulaire quand il s'agit de vies humaines.

GUILLAUME DURAND
Elle a été impopulaire au sein même du gouvernement, parce qu'il y a des gens qui ont dit, à l'époque c'était COLLOMB…

MARC FESNEAU
Mais je mesure très bien ce que ça a pu produire chez un certain nombre d'automobilistes, comme un trop plein, de normes, de règles, de contraintes…

GUILLAUME DURAND
Ceux qui vivent dans les montagnes, à la campagne, très loin…

MARC FESNEAU
…A la campagne, moi je vis à 30 kilomètres de la première ville importante, et je vois très bien ce que ça peut produire comme effet, et peut-être qu'il faut regarder les adaptations, mais en même temps ne pas oublier l'objectif qui était celui d'économiser des vies.

GUILLAUME DURAND
Alors, vous allez être une sorte d'égyptologue, une sorte de Champollion politique pour nous, Marc FESNEAU nous sommes en direct. Le président de la République est donc au Caire, il assimile la crise française à une crise générale, parce qu'il a parlé à des journalistes qu'on trouve en Angleterre, en Italie, un petit peu partout en Europe, peut-être que c'est une manière de botter en touche, mais en tout cas il y a un mot, ou deux mots qui font évidemment couler beaucoup d'encre ce matin, c'est quand il dit, je le cite, « qu'il tirera les conséquences profondes de cette crise. » D'après vous, ça veut dire quoi, en tant que Champollion du président ?

MARC FESNEAU
Dès lors que… je ne sais pas si je suis Champollion du président, mais en essayant de déchiffrer les choses, on voit bien que la crise qui est devant nous, ou qu'on a eu à connaître depuis le mois de novembre, c'est une crise liée à la fois, au démarrage, à une affaire de carburants, mais profondément à des choses et à des causes qui sont plus élevées et plus importantes encore, qui sont la question de l'abandon d'un certain nombre de territoires, la question de la dégradation des services publics, la question du délabrement économique d'un certain nombre de territoires, la question aussi de la relation à la démocratie. C'est une crise du politique qui s'est exprimée là, et elle ne vient pas d'il y a 18 mois, ce n'est pas parce qu'elle ne vient pas d'il y a 18 mois qu'on n'a pas la responsabilité…

GUILLAUME DURAND
Ça c'est une description de ce qui se passe…

MARC FESNEAU
Oui, mais c'est pour vous dire qu'elle est profonde.

GUILLAUME DURAND
La question que je vous pose c'est, d'accord, on a décrit, et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?

MARC FESNEAU
Ça veut dire que, à l'issue du grand débat, laissons se dérouler le grand débat, ça fait 15 jours simplement qu'il prospère, et c'est heureux que les Français aient choisi… et moi j'en étais sûr que ce serait le choix que feraient les Français, ils ont un choix de dialogue et de se mettre autour de la table, comme l'a dit Guillaume TABARD, de faire en sorte que nous confrontions nos différences, mais que nous les confrontions de manière pacifique et par le dialogue, et par la voie du dialogue. Laissons donc faire ce débat et nous verrons les conclusions qui… on voit bien qu'il y a quelques champs importants, il y a le champ économique et fiscal avec une demande de justice criante, manifestement, il y a le champ territorial, et je pense que le rapport aux collectivités, la simplification d'un certain nombre de choses, la proximité qu'il faut retrouver avec les citoyens, est une chose essentielle, et troisièmement il y a le champ démocratique. C'est-à-dire qu'il faudra que nous produisions, au-delà de ce débat, un certain nombre de réformes qui améliorent la démocratie représentative, mais aussi la démocratie délibérative.

GUILLAUME DURAND
Pour avoir lu sur toutes les plateformes, je vous donne des exemples. L'ISF, parce que ça revient quand même tout le temps cette affaire-là, Nicolas BOUZOU l'économiste dit « c'est la passion triste française de la jalousie à l'égard de l'argent, tout le monde sait » - ce n'est pas moi qui parle, c'est BOUZOU…

MARC FESNEAU
Oui, oui, j'entends…

GUILLAUME DURAND
« Que l'ISF n'a strictement aucun rapport avec la pauvreté en France, ce n'est pas parce qu'on va remettre l'ISF qu'on diminuera… »

MARC FESNEAU
Que les gens seront moins pauvres.

GUILLAUME DURAND
« Que les gens seront moins pauvres. » C'est partout sur les sites, vous allez en tenir compte ça ?

MARC FESNEAU
Il faudra tenir compte de ce besoin, moi je pense qu'il faut le regarder globalement, l'affaire de l'ISF. L'ISF, on a fait le choix de supprimer, une partie de l'ISF d'ailleurs, puisqu'il reste l'impôt sur la fortune immobilière…

GUILLAUME DURAND
Oui, mais vous savez très bien que vous allez faire partir le capital.

MARC FESNEAU
Avec l'idée, avec l'idée justement, qu'il fallait faire revenir le capital. Peut-être qu'il y a d'autres mesures, on va regarder l'ISF, mais peut-être… d'abord il faut évaluer l'ISF, on va regarder les effets que ça a pu produire, manifestement l'investissement est au rendez-vous en France, c'est une bonne nouvelle, et donc c'est bien le capital qui est au rendez-vous, le fait qu'un certain nombre de gens qui ont de l'argent investissent dans l'économie française.

GUILLAUME DURAND
Et donc tant mieux, surtout qu'on est dans une période de révolution numérique fondamentale, il va falloir la financer.

MARC FESNEAU
On a besoin d'investissements lourds en France, donc on est bien d'accord…

GUILLAUME DURAND
Alors je ne sais même pas pourquoi on y a réfléchit à cette question.

MARC FESNEAU
Non, ce que ça pose comme question plus profondément, les gens ont le droit d'exprimer ce qu'ils ont le droit d'exprimer sur l'ISF, ce que je crois que les gens expriment, au fond, c'est la question de la justice, est-ce que chacun contribue selon ses ressources, et ce n'est pas seulement l'ISF qui est un outil, c'est peut-être globalement les choses qu'il faut remettre à plat. Mais l'ISF, d'abord nous sommes le seul pays du monde, je crois, qui ait encore l'ISF…

GUILLAUME DURAND
C'est une anomalie française.

MARC FESNEAU
C'est une espèce d'anomalie française, c'est un espèce de totem aussi, pour un certain nombre de gens, ce n'est pas péjoratif, je pense qu'il faut regarder globalement la question de la fiscalité, voir si chacun contribue selon ses capacités, comme on dit, et à partir de là reposer les termes du débat, mais je ne crois pas que ce soit l'ISF qui soit le centre du sujet. Et peut-être assumons aussi l'idée que ce ne soit pas seulement le sujet.

GUILLAUME DURAND
Je vous donne un autre exemple, on retrouve, par exemple sur beaucoup de plateformes, l'idée d'une TVA à taux zéro pour les produits de première nécessité, c'est acceptable ça, pour un gouvernement ? La TVA c'est ce qui rapporte le plus.

MARC FESNEAU
C'est ce qui rapporte le plus. Alors, reconnaissons aussi que la TVA sur les produits de première nécessité est déjà très basse, parce qu'elle est à 5,5 si j'ai bonne mémoire, que certains veuillent encore la baisser… alors après il faut regarder les affaires budgétaires, parce que ce qui est parfois à regarder avec bienveillance, mais en même temps regarder avec un oeil concret et sérieux, c'est de voir un certain nombre de mesures qui alignent des dépenses et qui n'alignent aucune recettes en face. Or il y aura besoin, comme vous le dites, la TVA est un outil important de la fiscalité française, c'est même un outil assez principal, si jamais on est sur cette voie-là il faudra regarder à retrouver des ressources, donc il y a une question de responsabilisation collective.

GUILLAUME DURAND
C'est pour ça que je vous pose cette question et que je reviens à Nicolas BOUZOU, puisqu'il a donné dans Le Figaro ce week-end un grand article, sur le thème, au fond, si on prend tout ce qui est proposé dans les plateformes ça va avoir deux conséquences immédiates, c'est une imposition majorée en France, alors qu'on est déjà les champions d'Europe de la fiscalité…

MARC FESNEAU
Oui, or s'est exprimé aussi sur les plateformes, ou sur les ronds-points, la volonté de baisser la fiscalité, il s'est même avéré que sur la plateforme d'un certain nombre de gilets jaunes c'était de plafonner à 25 %, ce qui était quand même très audacieux puisqu'on taxe de façon plus importante les gens qui ont plus de moyens, que 25 %. Et donc il y a besoin, en responsabilité, de dire : voilà les dépenses, où sont les recettes, qu'est-ce qu'on peut faire et qu'est-ce qu'on ne peut pas faire. Parce que, la dette et le déficit c'est un mal français aussi, et laisser de la dette et du déficit c'est remettre sous le tapis un problème qui est celui du déséquilibre de nos finances publiques, et il faut qu'on équilibre nos finances publiques.

GUILLAUME DURAND
Jérôme RODRIGUES sur BFM hier, vous savez que c'est cet homme qui a été donc, vidéaste très proche d'Eric DROUET, qui a été blessé, lui il dit « je n'ai pas été blessé, j'ai été visé. »

JEROME RODRIGUES
Je me prends une grenade au bas des pieds, et l'impact du LBD tout de suite après derrière dans l'oeil. D'autres vues montrent le tir de LBD et la flamme qui sort du pistolet à ce moment-là, donc j'ai été visé, quoi qu'il arrive, délibérément, je suis une figure du mouvement, du moins à l'échelle de la manifestation parisienne, et j'ai été plusieurs fois pointé du doigt par la police sur d'autres manifestations, donc je pense qu'ils savaient très bien sur qui ils tiraient.

GUILLAUME DURAND
Voilà. Donc, réponse du secrétaire d'Etat Laurent NUNEZ hier sur LCI, « il n'y a aucun élément qui permet de dire qu'il y a eu un usage d'un LBD qui aurait touché Monsieur RODRIGUES. »

MARC FESNEAU
Ecoutez…

GUILLAUME DURAND
Il y a deux versions !

MARC FESNEAU
Oui, il y a deux versions, il y a l'IGPN qui est saisie, moi je fais confiance à la justice de mon pays et donc par habitude je n'interfère pas dans les procédures qui sont en cours, l'IGPN fait une enquête, il appartiendra à l'IGPN de dire s'il y a eu utilisation ou non…

GUILLAUME DURAND
Est-ce qu'on est trop répressif, c'est ça la question.

MARC FESNEAU
Oui, enfin, il faut regarder aussi la situation dans laquelle on est depuis le mois de novembre, avec un certain nombre d'actes – je ne parle pas de Monsieur RODRIGUES, je crois qu'il est plutôt à prôner le pacifisme si j'ai bien compris – mais il y a un certain nombre d'actes violents qui sont commis, encore ce week-end, à Bordeaux, à Toulouse…

GUILLAUME DURAND
Et qui pourraient justifier que…

MARC FESNEAU
Et qui justifient quand même, non, qui ne justifient jamais une blessure, mais qui pourraient justifier qu'on utilise un certain nombre d'outils et de moyens qui sont à notre disposition, dans le champ démocratique quand même, dans le champ de l'Etat de droit, pour faire en sorte qu'on ne soit pas débordé. Il faut aussi penser aux policiers et aux gendarmes qui, tous les week-ends font face à des gens, je répète, sans doute pas ce Monsieur, mais qui font face à des gens qui sont extrêmement violents, et donc il faut doser. Et puis s'il y a besoin de faire des enquêtes et regarder si un acte, qui n'était pas conforme aux mesures qui étaient prévues par la police, est commis, à ce moment-là l'IGPN est saisie et elle donnera ses conclusions.

GUILLAUME DURAND
J'ai quatre questions pratiques pour terminer, qui sont des questions de politique politicienne. Un, est-ce que François BAYROU – que vous connaissez bien – pourrait devenir Premier ministre, dans un contexte de changement ?

MARC FESNEAU
Je crois que ce n'est pas l'idée de François BAYROU, l'idée de François BAYROU c'est d'être utile, après personne ne décide comme ça d'être Premier ministre, je ne pense pas que ce soit le sujet pour lui, le sujet pour lui c'est d'être utile. Il a mené un débat hier, après-hier, dans son propre département, à Pau, et je pense que…

GUILLAUME DURAND
Non mais là vous tournez un peu autour du pot !

MARC FESNEAU
Non, je ne tourne pas autour du pot, je pense…

GUILLAUME DURAND
Si on lui propose, il y va ou alors il est à la retraite ?

MARC FESNEAU
Vous lui poserez la question, ce n'est pas la question d'être à la retraite, François BAYROU…

GUILLAUME DURAND
A la retraite…

MARC FESNEAU
Oui, nationale, j'ai bien compris ce que vous voulez dire, mais je crois qu'il a envie d'être utile, et il sera utile à la place que les uns et les autres choisiront, mais je crois qu'il est très utile aussi à Pau.

GUILLAUME DURAND
Du côté des Républicains on a maintenant la tête de liste, donc vous avez la tête de liste du côté du Front national, Rassemblement national, est des Républicains, il s'agit du philosophe François-Xavier BELLAMY. Vous en pensez quoi ? On attend toujours celle de La République en marche !

MARC FESNEAU
Oui, ça viendra dans le mois de février. Moi je n'ai pas d'avis particulier, sauf que Monsieur BELLAMY a pu avoir un certain nombre d'expressions, c'est son droit, sur un certain nombre de sujets, je pense en particulier à l'IVG. Qu'il ait une expression personnelle et qu'il pense un certain nombre de choses, c'est son droit, après il faudra qu'il nous explique, s'il était élu européen, quelles seront les positions qu'il prendra au nom de son groupe et au nom de son mouvement, s'il était en situation au Parlement européen. Il y a souvent des motions, il y a souvent un certain nombre de choses qui sont votées au Parlement européen, ça serait intéressant, sur ces sujets-là, de l'interroger et de savoir ce qu'il veut. Parce que, au fond, quand on envoie des parlementaires au Parlement européen, c'est à la fois la vision qu'ils portent sur l'Europe et puis la vision qu'ils portent sur un certain nombre de choses en France, et c'est sur ça qu'il serait intéressant d'avoir un débat avec lui.

GUILLAUME DURAND
Madame LEVAVASSEUR est l'objet de menaces de la part d'autres gilets jaunes, maintenant qu'il y a une liste des gilets jaunes, qui sont quand même assez, comment peut-on dire, multiples, violentes et inquiétantes…

MARC FESNEAU
Effrayantes.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous les condamnez ce matin ?

MARC FESNEAU
Je condamne absolument toutes formes de violences, je l'ai fait depuis le début…

GUILLAUME DURAND
Non, mais là je vous parle de Madame LEVAVASSEUR.

MARC FESNEAU
Evidemment, je condamne les violences sur Madame LEVAVASSEUR, ce n'est pas la première, d'ailleurs Jacline MOURAUD elle-même avait été menacée quand elle avait simplement fait le choix d'aller voir, ou de proposer d'aller voir le Premier ministre. On est dans une démocratie qui est malade, parce que si la démocratie ça consiste à empêcher ceux qui ne pensent pas comme vous de s'exprimer, les journalistes, les parlementaires, les ministres, je pense à ma collègue Marlène SCHIAPPA qui a été à plusieurs reprises menacée ou insultée, je trouve qu'on n'est pas en démocratie, parce que c'est la loi du plus fort qui s'impose, c'est celui qui a les plus gros bras qui décide de la loi pour les autres, et donc quand on est dans une démocratie, où au sein d'un mouvement des gens estiment qu'ils ont lieu de s'organiser et de monter une liste, et qu'on les menace, moi j'avais débattu avec cette dame sur une chaîne d'information, et je trouvais qu'elle portait quelque chose, donc après tout elle a bien le droit de faire une liste, et qu'on se retrouve dans une situation tout à fait paradoxale, que ceux qui l'ont portée, viennent maintenant la menacer, y compris physiquement, ça veut dire que la démocratie est très malade et qu'il faudra aussi apprendre à ces gens, ceux qui se comportent ainsi, ce que c'est qu'une démocratie apaisée.

GUILLAUME DURAND
Merci Marc FESNEAU, je rappelle que vous êtes ministre chargé des Relations avec le Parlement.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 février 2019 
 

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Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à Sud Radio le 24 janvier 2019, sur le Grand débat national, les élections européennes et sur la réforme de la fonction publique.

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à Sud Radio le 24 janvier 2019, sur le Grand débat national, les élections européennes et sur la réforme de la fonction publique. Olivier Dussopt 24/01/2019 Grand débat national élections
  • Olivier Dussopt - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics

CECILE DE MENIBUS
C'est le « Petit déjeuner politique » d'Olivier DUSSOPT, qui est secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics

PATRICK ROGER
Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PATRICK ROGER
Vous êtes l'un des hommes du jour, parce que vous discutez cette semaine avec les syndicats de fonctionnaires, on va en parler dans un instant, et puis vous partez dans quelques minutes accompagner Emmanuel MACRON pour le troisième Grand débat. C'est dans la Drôme, quasiment chez vous, l'homme de l'Ardèche. Alors, ça va se dérouler à huis-clos, qui est-ce qui est convié tout à l'heure, comment ça va se passer ?

OLIVIER DUSSOPT
Le président de la République a souhaité aujourd'hui rencontrer des présidents d'associations d'élus, le président de l'Association des maires de l'Ardèche, de la Drôme, de tous les départements d'Auvergne-Rhône-Alpes, les présidents des maires ruraux aussi, pour représenter les communes de plus petite taille, et puis les préfets et un certain nombre d'élus, comme le maire de Valence, la présidente du département de la Drôme ou le président de la région. L'objectif est…

PATRICK ROGER
Mais là, ça ne sera pas un grand meeting. Je dis « grand meeting » volontairement, parce que c'est ce que certains dans l'opposition dénoncent, ils disent « des meetings de campagne ».

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas parce que l'opposition le dit que c'est vrai.

PATRICK ROGER
Non.

OLIVIER DUSSOPT
C'est même le moins que l'on puisse dire. Par contre il s'agit…

PATRICK ROGER
Mais ça ressemblait quand même à des meetings, vous êtes d'accord Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Non, il s'agit de rencontres avec les maires, avec plusieurs centaines de maires à chaque fois, qui avaient des questions et des interpellations. Après deux rencontres dans un format assez conséquent avec 500, 600 maires, le président a souhaité, à l'occasion de cette journée, avoir l'occasion d'un peu plus de temps pour des questions, non pas plus précises, mais qui méritent quelques développement et nous sommes, nous serons pardon, dans un format, lors de ce déjeuner, qui permet des échanges plus approfondis.

PATRICK ROGER
Ah ben oui, lors de ce déjeuner, il y aura un certain Laurent WAUQUIEZ qui est élu de votre région. Ça va être leur première rencontre, qu'est-ce que vous en attendez, vous ? Parce que Laurent WAUQUIEZ il avait quand même sonné l'alerte sur le 80 km/h et puis le pouvoir d'achat, à l'automne dernier.

OLIVIER DUSSOPT
C'est à Laurent WAUQUIEZ de dire ce qu'il voudra dire au président de la République. Il aurait pu lui dire avant, il aurait pu dire avant, puisque tant le président de la République…

PATRICK ROGER
Mais il l'avait dit lors d'interviews…

OLIVIER DUSSOPT
Vous avez dit vous-même à l'instant que c'était leur première rencontre…

PATRICK ROGER
Oui, c'est vrai.

OLIVIER DUSSOPT
Et tant le président de la République que le Premier ministre ont organisé extrêmement régulièrement des rencontres avec les présidents de région et jusqu'à présent il est vrai qu'il n'y participait pas.

PATRICK ROGER
Il ne voulait pas ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est à lui qu'il faut poser la question, mais en tout cas il n'était jamais là, et donc il a fait le choix, et c'est très bien, d'être présent lors du déjeuner, ça sera l'occasion d'un échange entre eux, un échange républicain, puisque le président de la République a cette particularité c'est qu'il respecte tous les élus de ce pays, tous les Français de manière générale, et ce sera l'occasion d'un échange avec tous.

PATRICK ROGER
Il a vraiment du respect pour Laurent WAUQUIEZ ?

OLIVIER DUSSOPT
Il a du respect pour tous les Français.

PATRICK ROGER
Moi, quand j'ai vu les interviews du président de la République, et puis de Laurent WAUQUIEZ, ils n'ont pas l'air de s'apprécier plus que ça quand même.

OLIVIER DUSSOPT
Ils ne sont pas toujours d'accord et visiblement tout le monde le sait, Laurent WAUQUIEZ défend des positions qui sont très souvent minoritaires, et donc ça implique du clivage, ça implique du débat, il a aussi ce caractère qui est extrêmement clivant et parfois même isolant pour lui.

PATRICK ROGER
A propos de Laurent WAUQUIEZ, et du coup des européennes puisqu'il est en train aussi de composer sa liste, il y aura une liste des Gilets jaunes, on l'a appris hier soir. C'est une bonne chose ou pas selon vous ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est d'abord la démocratie et nous sommes plusieurs à avoir dit depuis le début de ce mouvement, que lorsque des hommes et des femmes dans ce pays ont des revendications, veulent porter un projet pour le pays, la meilleure façon de l'exprimer c'est de participer aux élections. J'ai vu comme tout le monde l'initiative prise par certains Gilets jaunes hier soir d'annoncer une liste, j'ai aussi vu dans la soirée encore ce matin que ça ne faisait visiblement pas l'unanimité parmi eux, y compris sur la ligne défendue et sur ce qu'on pourrait appeler le casting. Ce n'est pas la première fois que des figures émergent et qu'elles se font maigrir sinon marginaliser en tout cas taper dessus.

PATRICK ROGER
Olivier DUSSOPT, vous en tant que ministre, vous trouvez que c'est plutôt une bonne chose, quoi, pour la démocratie…

OLIVIER DUSSOPT
Pour la démocratie et si ça permet l'expression d'une conviction à l'occasion d'un moment démocratique, parce que ça permet aussi de rappeler et de souligner que nous avons l'immense chance d'être dans un pays démocratique, dans une République qui autorise chacune et chacun à porter ses idées et à les défendre dans le meilleur cadre qui soit, c'est-à-dire les élections, parce que les élections c'est avant tout un moment de confrontation mais au sens le plus noble du terme, sans la violence, sans les invectives, c'est simplement un débat et c'est très bien comme cela.

PATRICK ROGER
Quand on regarde aussi les européennes et des intentions de vote, vos anciens amis du PS, vous avez vu, ils sont au fond du trou, quel regard vous portez ?

OLIVIER DUSSOPT
Un regard à la fois triste et sans surprise, mais moi ce qui m'intéresse aujourd'hui c'est de faire en sorte que dans cette élection européenne, la voix des progressistes et la voix de la France soient défendues. La voix des progressistes elle est incarnée par Emmanuel MACRON, elle est incarnée par la majorité présidentielle. La voix de la France elle sera portée efficacement par la majorité présidentielle, c'est la seule chose qui me préoccupe.

PATRICK ROGER
Et dans ce cadre-là, est-ce qu'il doit y avoir d'autres républicains qui doivent vous rejoindre ? Parce qu'on sait qu'ils sont un petit peu déchirés entre dans cette famille.

OLIVIER DUSSOPT
Toutes les familles politiques, que ce soit à droite ou à gauche de l'échiquier politique, depuis l'élection présidentielle de 2007, toutes les familles politiques ont explosé. Ce qui démontre l'importance à en termes de refondation politique, de recomposition de la scène politique, de cette élection de 2017. Le Premier ministre dit parfois que la poutre n'a pas fini de travailler, et cette élection européenne le montre encore.

PATRICK ROGER
Donc vous pensez qu'il y aura d'autres…

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que…

PATRICK ROGER
Vous lancez des appels, vous par exemple, à ces… est-ce que vous solliciter d'anciens socialistes ou des socialistes actuels pour leur dire : vous revenez avec nous ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est plutôt l'inverse qui se passe.

PATRICK ROGER
Ah bon ? C'est-à-dire ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est plutôt l'inverse qui se passe, parce que j'ai effectivement des contacts dans un certain nombre de partis politiques et certains disent leur intérêt. Au-delà d'une question purement électorale, parce que là nous parlons d'une élection, nous parlons de listes, et il y a des interrogations qui traversent toute la scène politique, avec de plus en plus d'hommes et de femmes de bonne volonté, attachés à la réussite du pays qui disent aussi il faut que le président de la République réussisse et toutes celles et ceux qui veulent participer à la réussite du président de la République, et donc à la réussite de la France, sont les bienvenus je crois.

PATRICK ROGER
Bon, Olivier DUSSOPT, vous êtes en charge des Comptes publics, à ce titre vous négociez aussi avec les syndicats de fonctionnaires. Sur cette réforme de la Fonction publique, on avait annoncé la suppression de 120 000 postes là vous discutez avec eux, vous ne craignez pas une fronde de fonctionnaires qui vont venir se rajouter à celle des Gilets jaunes, et même de la CGT qui annonce une grève générale au mois de février ?

OLIVIER DUSSOPT
Pardonnez-moi, mais vous faites une erreur que tout le monde fait. La réforme que je porte n'est pas une réforme de quantité. Dans le texte que j'aurai l'occasion de présenter devant le Parlement, il n'y a pas X milliers de postes qu'il faudrait supprimer ou autres. La réforme que je porte…

PATRICK ROGER
Non mais ça c'est un objectif que j'ai cru comprendre dans la campagne électorale d'Emmanuel MACRON.

OLIVIER DUSSOPT
Je vous le confirme, c'est un objectif à échelle du quinquennat, avec un souci permanent qui est de conserver, d'améliorer la qualité des services, partout sur le territoire. Nous le faisons à notre rythme, sans coupes brutales comme ça a pu être le cas par le passé, et puis par ailleurs nous travaillons pour améliorer à la fois la gestion de la Fonction publique et la carrière des agents publics. Il s'agit de donner plus de liberté, à la fois aux employeurs dans les modes de recrutement, mais aussi aux agents publics, dans leur parcours et dans leur carrière, de leur donner de nouveaux droits, nous allons par exemple intégrer dans ce projet de loi toutes les dispositions du protocole qui a été signé par sept syndicats sur neuf, et par les employeurs publics pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Nous allons faire en sorte de donner plus d'accès à la formation, plus de possibilités d'évolution professionnelle, et donc c'est important d'avoir dans cette réforme, à la fois des assouplissements qui sont nécessaires dans le cadre et en maintenant le statut de la Fonction publique, pour répondre aux besoins…

PATRICK ROGER
Parce que vous avez vu que c'est au coeur des revendications des Gilets jaunes, beaucoup, mais c'est contradictoire d'ailleurs sur les fonctionnaires.

OLIVIER DUSSOPT
Ce qui est au coeur des revendications des Gilets jaunes et des Français, parce qu'il ne suffit pas de porter un gilet jaune pour être entendu, tous les Français ont un avis.

PATRICK ROGER
Bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas la question de la gestion de la Fonction publique.

PATRICK ROGER
D'autant qu'il y a toujours 58 % de soutien, selon un sondage IFOP FIDUCIA ce matin.

OLIVIER DUSSOPT
Ce qui est au coeur des revendications et de la priorité des Français, c'est l'accès aux services publics, c'est le maintien des hôpitaux, nous y travaillons, c'est le maintien des classes, c'est l'accès à des services publics partout sur le territoire. Nous, notre responsabilité, c'est de garantir cet accès et c'est de faire en sorte que les hommes et les femmes fonctionnaires ou contractuels, qui occupent le poste, qui rendent le service public, qui sont au service de leurs concitoyens, avec nous et au service d'une politique que nous mettons en place soient mieux considérés, mieux accompagnés, et que globalement nous puissions mieux gérer tout cela.

PATRICK ROGER
Oui mais alors, Olivier DUSSOPT est-ce que vous allez prendre des décisions avant la fin du Grand débat ou est-ce que vous attendez quand même aussi la fin du Grand débat pour prendre des décisions, notamment sur la Fonction publique ?

OLIVIER DUSSOPT
Cela a été précisé hier lors du Conseil des ministres. Nous allons présenter un avant-projet de loi aux instances…

PATRICK ROGER
Au mois de mars.

OLIVIER DUSSOPT
Nous allons le présenter avant aux instances de représentation, dans lesquelles siègent des syndicats qui ont été renouvelés, puisqu'il y a eu des élections internes à la Fonction publique, le 6 décembre dernier. Parallèlement il y a un grand débat et ensuite, fin mars, le texte sera examiné par le Conseil des ministres, ce qui nous laisse le temps, si c'est nécessaire…

PATRICK ROGER
Eh bien oui, mais fin mars, ce sera à peine terminé le Grand débat.

OLIVIER DUSSOPT
Oui, mais nous en…

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il ne faudrait pas retarder un petit peu ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas, pour deux raisons. La première, c'est que nous travaillons avec…

PATRICK ROGER
Imaginez qu'il y ait un grand référendum autour de la Fonction publique par exemple.

OLIVIER DUSSOPT
Nous travaillons avec les organisations syndicales depuis février 2018, cela fait un an avec tous les syndicats, avec des points d'accord et des points de désaccord. Il y a un grand débat, si au cours du Grand débat des questions apparaissent sur la gestion de la Fonction publique, nous aurons le temps de les intégrer dans le texte qui sera présenté au Conseil des ministres du 27 mars. Mais je reviens à ce que vous avez dit il y a un instant. Ce qui va je pense mobiliser les Français dans le Grand débat, c'est l'accès au service public, et je le disais, les écoles, les hôpitaux. Je ne suis pas convaincu, mais peut-être que je me trompe, que les questions relatives à la compétence des commissions administratives paritaires, aux moyens et aux outils juridiques pour encadrer la mobilité ou la promotion dans telle ou telle catégorie d'agents de la Fonction publique, soit au coeur des débat, non pas que ça ne soit pas important, c'est fondamental pour la gestion et pour la vie des 5,5 millions d'agents publics. Mais je crois véritablement que nous avons se débat avec les agents publics, avec les employeurs publics, il avance, nous y travaillons, je ne suis pas convaincu que dans les priorités des Français à l'occasion du Grand débat nous soyons sur des considérations de gestion des ressources humaines, nous serons sur des considérations d'accès au service public.

PATRICK ROGER
D'accès au service public. Mais l'objectif de suppression sur le quinquennat de 120 000 postes est toujours en cours ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est un objectif que nous poursuivons, qui a été fixé par le président de la République, nous le faisons progressivement, et de deux manières, à la fois au sein des services de l'Etat…

PATRICK ROGER
Mais est-ce que vous allez réussir à le tenir, là ?

OLIVIER DUSSOPT
A la fois au sein des services de l'Etat…

PATRICK ROGER
Il y a beaucoup de gens qui se demandent, parce que beaucoup de réformes sont en stand-by.

OLIVIER DUSSOPT
Mais vous savez, il y a beaucoup de gens, notamment dans les oppositions, qui ne se posent pas de questions, qui souhaitent jusque que nous échouions. Et nous, nous travaillons à réussir. Il y a un 'objectif fixés par le président de la République, qui concerne la Fonction publique d'Etat, nous y travaillons au rythme des réorganisations, en mettant en oeuvre à la fois des réorganisations et des modernisations, pour nous permettre de dégager des marges. Les collectivités y participent, parce que nous connaissons les comptes des collectivités, notamment pour 2018, et les efforts que les collectivités locales ont fait en matière de dépenses de fonctionnement…

PATRICK ROGER
Elles doivent encore en faire les collectivités.

OLIVIER DUSSOPT
Attendez, elles en font déjà beaucoup et les objectifs que nous leur avions donnés et que nous voulions partager avec elles, ont été largement tenus en 2018, il faut s'en féliciter, le reconnaître et leur dire. Ça se traduit aussi par des diminutions de postes. Il y a un aspect, un secteur, dans lequel nous ne voulons pas une réduction de postes, c'est le secteur hospitalier, parce que dans la Fonction publique hospitalière les rythmes sont tels qu'il faut accompagner les agents, les protéger, et c'est ce à quoi s'emploie Agnès BUZYN, ma collègue de la santé.

PATRICK ROGER
Alors, il y a la bombe des 35 heures, avec les heures cumulées.

OLIVIER DUSSOPT
Ça n'est pas un problème nouveau, il y a énormément d'heures cumulées, c'est le cas aussi dans la police, ça fait partie des choses que nous devons aborder, traiter, parce que ça prend du temps, c'est complexe, mais c'est un droit et un devoir vis-à-vis des agents.

PATRICK ROGER
Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, le mot de la fin avec Cécile de MENIBUS.

CECILE DE MENIBUS
Vous êtes calme, discret, sans éclats de voix, comparé à Marlène SCHIAPPA qui s'est fait entendre par exemple…

PATRICK ROGER
Ou d'autres.

CECILE DE MENIBUS
J'ai dit « par exemple ». Pas trop compliqué d'exister et de faire émerger vos actions dans ce brouhaha ?

OLIVIER DUSSOPT
Absolument pas, parce que je pense que quand une société est en crise, quand une société est traversée par des tensions comme celles que nous pouvons connaître, quand parfois il y a une forme d'emballement de manière générale, qu'on peut qualifier de médiatique, de politique, etc. Je pense que la meilleure façon de se faire entendre, la meilleure façon d'être compris et d'emmener avec nous les gens les principaux concernés, c'est justement d'être calme, et que parfois le calme et la précision ça fait du bien. Nous avons la chance au gouvernement d'avoir des profils différents, des parcours différents, mais nous avons tous un seul et même objectif, c'est la réussite du président et qu'il tienne, que nous tenions avec lui les engagements pris devant les Français.

PATRICK ROGER
Et Marlène SCHIAPPA, elle a raison d'aller comme ça, coanimer une émission ?

OLIVIER DUSSOPT
Elle a fait ce choix-là, je n'aurais pas été capable de le faire, parce que je n'ai pas le talent qu'elle a pour animer sur ce type d'émission, mais c'est justement parce que nous sommes différents qu'on peut faire des choses aussi extrêmement différentes et variées.

CECILE DE MENIBUS
Mais si, il y a une bête en vous, vous ne le savez même pas ! Et vous avez un invité surprise.

DANY MAURO, IMITANT REGIS LASPALES
Salut Olivier, c'est Régis LASPALES, agent à la SNCF. Au sujet du Grand débat national, tu as déclaré : « Nous espérons des milliers de réunions ». Nous aussi à la SNCF on adore faire des réunions, une réunion pour décider s'il faut faire grève, une réunion pour voter la date de la prochaine grève, on fait même des réunions pour décider si on doit faire d'autres réunions. Il ne faut pas croire, faire des réunions c'est du boulot ; Alors voici ma question : selon toi, une émission chez HANOUNA avec Marlène SCHIAPPA, ça équivaut à combien de réunions ?

OLIVIER DUSSOPT
Ah c'est peut-être à vous qu'il faut envoyer la question.

DANY MAURO, IMITANT REGIS LASPALES
Oui, mais il y en a qui ont essayé de ne pas répondre, ils ont eu des problèmes.

OLIVIER DUSSOPT
La dernière fois que je vous ai rencontré, vous aviez imité François HOLLANDE, et au ton de votre voix à cet instant, j'ai cru que vous aviez recommencé.

DANY MAURO, IMITANT REGIS LASPALES
Ah d'accord. Non, ce n'est pas le même.

CECILE DE MENIBUS
Ce n'est pas le même.

DANY MAURO, IMITANT REGIS LASPALES
C'est ça la surprise. Du coup il n'a pas répondu, t'as vu ?

CECILE DE MENIBUS
Ah il est fort !

DANY MAURO, IMITANT REGIS LASPALES
Ah il est malin !

CECILE DE MENIBUS
Ah il est malin. Il y en a qui ont eu des problèmes.

PATRICK ROGER
Bon, on va le laisser prendre le train, justement, pour aller à Valence, dans la Drôme. Une petite surprise de prévue pour le chef de l'Etat ? Non, parce qu'on sait qu'avec Emmanuel MACRON…

CECILE DE MENIBUS
Tout peut arriver.

PATRICK ROGER
Tout peut arriver, il y a une réunion de prévue et il peut aller ailleurs, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons une rencontre avec les maires, nous avons aussi, nous irons avec lui visiter une structure d'accueil de personnes âgées, qui accueille des Services civiques, et je pense que ça sera dans ces deux moments l'occasion de belles rencontres pour le président de la République.

PATRICK ROGER
Et de rencontres avec pourquoi pas des citoyens, en direct.

OLIVIER DUSSOPT
Tout le monde est citoyen, et je pense que dans la structure que nous allons visiter, ils le sont tous effectivement.

PATRICK ROGER
Merci Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, était l'invité ce matin de Sud Radio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 février 2019 
 

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