Texte intégral
Le Monde : Depuis quelques mois, le système monétaire européen est en crise. Le franc est attaqué. Cette nervosité n'est-elle pas due à l'ambiguïté de la position de l'opposition ?
Édouard Balladur : Les principaux responsables de l'opposition ont pris position pour le maintien de la parité entre le franc et le deutschemark, et c'est vrai notamment de Jacques Chirac. Ce n'est pas l'opposition qui est responsable des difficultés que rencontre actuellement la monnaie de notre pays.
La vérité est que ce qui est en cause aujourd'hui, ce n'est non pas le perfectionnement de l'Europe, son progrès, mais c'est simplement la défense de ce qui est acquis depuis plusieurs dizaines d'années. C'est là que l'affaire du système monétaire européen prend valeur de symbole.
Pendant quarante ans, pourquoi a-t-on bâti l'Europe de l'Ouest ? On l'a fait essentiellement pour faire pièce aux Soviétiques, pour organiser cette moitié d'Europe face à cette autre moitié qui apparaissait comme conquérante et dangereuse. Depuis l'effondrement soviétique, ce motif-là a disparu. Il y en a un autre aujourd'hui, le plus important, me semble-t-il, c'est que, face aux États-Unis, il est indispensable que l'Europe affirme sa personnalité économique, commerciale, monétaire et militaire.
C'est pourquoi le maintien du système monétaire européen est une affaire extrêmement importante.
Du point de vue français, il y a une seule question à se poser. Comment la France est-elle la plus forte ? En restant seule, ou en étant associée à d'autres ? Je réponds sans l'ombre d'une hésitation que c'est en s'associant aux autres nations européennes que la France peut être plus forte. C'est pour des raisons d'intérêt national que je défends la sauvegarde de ce qui a été acquis en matière de coopération européenne. L'affaire du SME en est l'illustration. Que se passerait-il s'il éclatait ? Il y aurait toujours un mark fort, il y aurait un dollar, fort ou pas fort, selon les circonstances, mais qui s'impose comme la monnaie du monde et le franc français serait marginalisé quelque part entre la zone dollar et la zone mark. Je ne trouve pas que ce soit une position enviable pour l'avenir. Ayant dit cela, ayant affirmé que depuis 1986 et la libération des prix, l'évolution de l'inflation en France ne justifie pas un réalignement de la parité franc-deutschemark, je ne suis que plus à l'aise pour dire que pour consolider cette situation, il faut que Français et Allemands fassent un effort.
Du côté français, c'est de donner une beaucoup plus grande autonomie à la Banque de France, ce qui serait pour l'ensemble du marché un signal de confiance en soi-même ; et du côté allemand, cela suppose qu'il y ait un mouvement significatif et important de baisse des taux d'intérêt, mouvement qui est réclamé de plus en plus, notamment par les milieux économiques allemands. Enfin, cela suppose qu'il y ait entre les deux banques centrales une coopération beaucoup plus étroite que celle qui existe actuellement.
Le Monde : L'opposition avait promis avant 1988 de donner une plus grande autonomie à la Banque de France, elle ne l'a pas fait...
Édouard Balladur : Effectivement, je ne l'ai pas fait entre 1986 et 1988, parce qu'il m'avait semblé que j'avais des choses plus urgentes à faire, parce qu'il y avait aussi des divergences traditionnelles entre la Banque de France et la direction du Trésor, qui n'ont pas du rôle de la Banque de France la même conception, comme on peut l'imaginer aisément. Mais sans doute n'ai-je pas eu raison et avais-je sous-estimé la valeur symbolique qu'aurait eue une modification du statut de la Banque de France. Aujourd'hui, cela correspond pour moi à une volonté tout à fait claire, un engagement si vous voulez.
Le Monde : On parle beaucoup d'une initiative franco-allemande pour maintenir un noyau monétaire solide à l'intérieur de l'Europe. Seriez-vous partisan d'une accélération de l'union monétaire entre la France et l'Allemagne ?
Édouard Balladur : Si on fait la réforme de la Banque de France que je souhaite, ce sera une accélération. Si on définit entre la Banque de France et la Bundesbank des modalités de coopération plus étroites, ce sera également une accélération. Mais je ne voudrais pas aller au-delà pour l'instant ; il y a actuellement de grandes divergences dans la politique économique, budgétaire et financière menée entre les pays européens. La première des choses à faire, c'est qu'ils fassent chacun l'effort de se rapprocher les uns des autres. C'est notamment un effort que doivent faire les Allemands, dont la gestion budgétaire est pour partie la cause de la hausse actuelle des taux d'intérêt en Allemagne. Si vous demandez si je suis partisan d'un resserrement des marges de fluctuation, si c'était cela votre question, aussi longtemps qu'on n'aura pas modifié les modalités de coopération entre les deux banques centrales, je n'en vois pas l'intérêt, car cela consisterait en fait à remettre la gestion monétaire entre les mains de la seule banque centrale allemande.
Le Monde : L'Europe, dit-on parfois, serait la cible d'un establishment financier anglo-saxon, américain notamment. Partagez-vous une talle analyse ?
Édouard Balladur : Ce qui est en cause dans cette affaire, c'est de savoir si on va retrouver un flottement généralisé des monnaies qu'on a connu dans les années 70 et qui avait fait des ravages, ou si on va préserver, voire renforcer, des flots de stabilité monétaire tels que le SME. C'est très bien de créer un grand marché européen, mais s'il y a des distorsions monétaires et des flottements monétaires à l'intérieur de ce marché, on perturbe les courants commerciaux. On l'a dit surabondamment, sur le GATT : « Ce n'est pas la peine de discuter des accords commerciaux si le dollar monte et baisse de 15 à 20 % en six mois. » C'est donc cela qui est en cause. Est-ce que nous devons retrouver un flottement généralisé des monnaies dont nous avons vu, dans l'ensemble européen pour commencer – nous y avons réussi – mais aussi à l'échelon du monde ?
Je ne sais pas s'il y a un « complot », si des gens se sont réunis pour faire l'analyse suivante : 1. Nous avons intérêt au flottement des monnaies. 2. Il y a des empêcheurs de tourner en rond qui empêchent les monnaies de flotter. 3. Nous allons leur casser les reins. Je ne sais pas si c'est aussi sophistiqué et élaboré que cela. Il est probable que, dans le monde financier, il y a de très nombreux adversaires de la stabilité des taux de change. C'est ce qui est fort dangereux. Car je ne crois pas que nous puissions avoir un monde équilibré et en progrès économiquement si nous avons une instabilité monétaire permanente. Et c'est cela qui est en cause dans l'affaire du SME, la stabilité des changes d'un ensemble économique qui est l'un des trois grands ensembles mondiaux de production et d'échange. Le deuxième est constitué des États-Unis, du Mexique, du Canada, fondé sur le dollar. Le troisième, c'est, autour du Japon, le yen. C'est stable aussi. Est-ce que nous, Européens, nous allons faire moins bien que ceux qui participent à la zone américaine dollar stricto sensu ? Nous devrions faire au moins aussi bien, sinon mieux. Ensuite, il y aurait à organiser, comme on l'avait tenté lors des accords du Louvre, et mon Dieu, cela avait réussi un certain temps, un minimum de stabilité entre les trois grandes zones monétaires du monde (l'Europe, les États-Unis, le Japon).
Le Monde : Certains, dans l'opposition proposent, pour lutter contre le chômage, de décrocher le franc et de retrouver ainsi des marges de manœuvre.
Édouard Balladur : Je crois que cela repose sur une analyse inexacte ou du moins incomplète. Pourquoi les taux d'intérêt français sont-ils élevés ? D'une part, parce que les Français épargnent peu ou pas assez, et d'autre part parce que l'État emprunte beaucoup parce qu'il dépense beaucoup, qu'il est très endetté. C'est cela la véritable cause du niveau élevé des taux d'intérêt français. Je dirai la principale. Les remèdes, quels sont-ils ?
Pour reprendre ce que je disais tout à l'heure, j'en vois trois. D'abord, tout ce que je vous ai dit sur la discussion avec les Allemands, sur l'évolution du statut de notre banque centrale, sur la coopération entre les deux banques centrales, sur la nécessaire baisse des taux en Allemagne. Premier point. Deuxième point : il faut absolument mener une politique de désendettement de l'État, c'est-à-dire de résorption progressive, ce sera fort difficile d'ailleurs, du déficit budgétaire parce que l'État prélève trop sur les marchés financiers, si bien que particuliers et entreprises ont du mal à se procurer de l'argent et se le procurent cher. Et troisièmement, il faut que les Français soient en mesure d'épargner davantage, ce qui suppose sans doute des mécanismes d'incitation fiscale et ce qui suppose là aussi que les prélèvements collectifs commencent à reculer. Ce ne sera pas non plus possible tout de suite. Je crois que ce sont les trois grandes causes du niveau élevé des taux français. Il y a effectivement l'Allemagne, il y a la dette française, il y a l'insuffisance d'épargne française. Donc privilégier l'une de ces trois causes au détriment des deux autres, dont je pense qu'elles sont plus importantes, est à mon avis une erreur d'appréciation. Personne ne doit nourrir d'illusions.
Si la parité actuelle était modifiée, cela susciterait à nouveau la méfiance envers notre pays. Les taux des prêts à long terme, qui financent l'investissement, monteraient encore, et le taux à court terme, qui sert à financer la trésorerie des entreprises, après une baisse provisoire, risquerait de se retrouver au niveau actuel. Nous aurions perdu sur tous les tableaux.
Le Monde : Avez-vous le sentiment que la programme du RPR, qui ne brille pas par son originalité, est susceptible d'emporter l'adhésion de l'électorat ?
Édouard Balladur : Lorsqu'on élabore des programmes à la veille des élections – en général, d'ailleurs, c'est à la veille des élections qu'on les fait – on est soumis à une double critique : ou bien ils sont trop ambitieux, chimériques, on fait rêver les citoyens de façon irresponsable ; ou bien, au contraire, on se montre prudent et avisé, et alors là on ne les fait plus rêver du tout, on ne les entraîne pas. Nous avons choisi délibérément – et j'approuve tout à fait Alain Juppé – une attitude responsable, c'est-à-dire celle qui consiste à dire que tout ne sera pas possible à la fois. Pourquoi ? Parce qu'il faut bien reconnaître que la situation de nos finances publiques et de nos finances sociales est désastreuse. Je crois que le mot n'est pas trop fort. Chacun sait aussi que la situation sociale, avec le nombre de chômeurs, plus le nombre d'exclus, le total avoisinant les cinq millions, est extrêmement préoccupante. Il faudra donc mettre de l'ordre dans les affaires du pays, dans ses affaires financières, économiques et sociales.
Or, nous sommes dans une période d'expansion très faible. Quel est l'objectif ? C'est de tenter de retrouver la croissance, avec davantage d'investissements et davantage de consommation. Si vous commencez par prélever davantage pour boucher les trous du budget, vous risquez de restreindre la consommation et de restreindre l'investissement. Cette première voie est donc difficile. Deuxième voie : on peut se dire : « C'est très bien, on va s'accommoder d'un déficit budgétaire maintenu, voire aggravé. J'observe que tous les bons experts fixent à 250 milliards, sinon même plus, le déficit de 1993. 250 milliards, si je sais bien compter, c'est beaucoup plus de 3 % du PIB. Je ne crois pas que l'on puisse avoir pour objectif d'aller encore au-delà, surtout si vous vous rappelez, comme je l'ai dit tout à l'heure, que l'endettement de l'État est une cause essentielle de l'augmentation des taux d'intérêt.
Nous avons choisi une voie moyenne qui consiste à dire : 1. Nous nous faisons fort de faire 15 à 20 milliards d'économies tout de suite, dès le printemps 1993, sur le budget 1993. 2. Ces 15 à 20 milliards ne serviront pas à résorber le déficit. Dans un premier temps, pour faire repartir la machine, ils serviront à abaisser un certain nombre de charges, celles des entreprises ou celles des ménages, ou celles pesant sur le secteur immobilier, qui est en crise profonde. 3. Si nous voyons juste et que nous arrivions à relancer la croissance, pas de façon forcément extrêmement importante tout de suite, mais progressivement, surtout si une reprise mondiale venait se confirmer dans la deuxième moitié de 1993, alors les rentrées fiscales, comme on l'a vu de 1986 à 1988, recommenceraient à s'élever et on pourrait réamorcer la pompe et commencer à résorber le déficit. Autrement dit, je préférerais que les économies que nous ferions fussent consacrées à abaisser un certain nombre de charges pour réamorcer la pompe et relancer la mécanique de la croissance.
Le Monde : Une des critiques les plus fortes qu'on entend à votre endroit consiste à dire, comme Philippe Séguin, qu'à nouveau l'opposition se lance dans un programme qui n'est pas assez social.
Édouard Balladur : Je n'aperçois pas le moyen de faire une politique sociale qui ne soit pas fondée sur une économie remise en bon état de marche, faute de quoi on serait condamné, non seulement au maintien, mais à l'aggravation de la situation actuelle, avec toutes les inégalités qu'elle comporte.
Le Monde : Dix-huit mois, est-ce suffisant ?
Édouard Balladur : Pour changer fondamentalement, non. Notre action doit s'inscrire dans un programme de plus large portée. Mais on peut obtenir des résultats significatifs : il faut faire redémarrer l'économie qui est en panne. Deuxième point : notre objectif, c'est la réduction du chômage, en commençant par en stopper l'aggravation, puisqu'il y aura des centaines de milliers de chômeurs de plus en 1993. On y parviendra par toute une série d'actions qui portent sur le coût du travail, sur le développement du travail à temps partiel, sur la formation professionnelle, etc. N'est-ce pas un objectif social ?
En troisième lieu, il faut sauver les régimes sociaux, qui sont actuellement gravement menacés. Que je sache, sauver les régimes sociaux pour maintenir le système de protection collective qui est le nôtre, c'est un objectif social aussi. En quatrième lieu, j'ai proposé, depuis plusieurs années, qu'une partie du produit des privatisations fût affectée au logement social et à sa rénovation. C'est également un objectif social. Alors, je veux bien qu'on discute tant qu'on voudra sur ce qui est ou ce qui n'est pas social. Je constate simplement qu'il faut mener de pair une politique de redressement économique et financier et une politique qui permette de sauvegarder les situations individuelles, voire de les améliorer. Et lorsque je dis améliorer, je vous rappelle, par exemple, que lorsque je propose que les cotisations familiales soient transférées progressivement du budget des entreprises au budget de l'État, c'est pour augmenter le salaire direct en laissant la liberté aux salariés de se constituer des retraites complémentaires en épargnant davantage, ou, au contraire, de consommer immédiatement ce surplus. Cette opposition entre une politique qui serait sociale et une autre qui ne le serait pas est, à mes yeux, artificielle et superficielle.
Le Monde : La Président de la République soupçonne l'opposition de vouloir remettre en cause les acquis sociaux. Par exemple, en matière de retraites, on dit que vous préconisez un développement de la retraite par capitalisation, ce qui est souvent perçu dans l'opinion comme une remise en cause du régime de retraite par répartition...
Édouard Balladur : Je ne peux que répéter ce que j'ai dit cent fois : il faut maintenir les régimes par répartition. Nous ne proposons en rien de supprimer ou de restreindre la répartition. Mais simplement qu'on laisse aux salariés la liberté, grâce à un supplément de salaire qui leur serait octroyé, de choisir entre consommer ou épargner, ce qui serait aussi un facteur de relance de la croissance et de l'investissement. Quant aux acquis sociaux, parlons-en ! En 1981, les Français payaient 20 milliards d'impôts pour assurer le service de la dette de l'État ; aujourd'hui, ils en paient 200 ! En 1981, quand un salarié percevait 100 F, il payait moins de 11 F de cotisations sociales personnelles, et il lui restait presque 90 F. Aujourd'hui, il en paie 20 et il ne lui en reste plus que 80 et non plus 90. Voilà le bilan des acquis sociaux de cette décennie !
Le Monde : Certains problèmes, économiques ou non, divisent non seulement – ce qui est normal – opposition et majorité, mais également l'opposition elle-même...
Édouard Balladur : Il y a beaucoup de faux problèmes. Tout le monde est pour la baisse des taux d'intérêt, mais la question est de savoir si on l'obtient plus facilement par la dévaluation que par la baisse de la dette publique et l'augmentation de l'épargne des Français. Je suis, vous le savez, pour la deuxième solution. On tente d'opposer politique économique et politique sociale, cela n'a aucun sens.
Un véritable progrès social solide, durable, ne peut être bâti que sur la prospérité économique. On nous parle d'Europe. Or nous sommes entrés, depuis quelques jours, dans le grand marché européen et la France souffre toujours du même handicap, aggravé encore depuis dix ans : son économie supporte des charges collectives beaucoup plus lourdes que celles des autres.
On débat sur la question de savoir si la liberté doit être sans contrôle ou si l'État doit être tout puissant. Là aussi c'est un faux problème. J'ai toujours été partisan d'une liberté soumise à des règles du jeu qui assurent notamment la protection des faibles.
Autre faux problème : faut-il être pour l'indépendance de la France ou pour la construction de l'Europe ? Mais comment imaginer que la France serait plus forte si elle ne coopérait pas étroitement avec ses voisins, qu'elle serait plus entendue lors des négociations commerciales, que sa monnaie serait mieux préservée si le franc était isolé entre le mark et le dollar ?
Dernier faux débat : deux ans, n'est-ce pas trop court ? Est-ce suffisant ? Il est évident que le redressement de la France requerra un effort de longue haleine, un programme portant sur de nombreuses années. Il est non moins évident qu'il faut commencer tout de suite les réformes indispensables sans attendre et que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre deux années de plus, faute de quoi le chômage s'aggraverait encore. Les charges doivent être abaissées, les dépenses publiques maîtrisées, la formation en entreprise très vigoureusement développée, l'investissement favorisé, en particulier dans le domaine du logement social ; la sécurité sociale sauvegardée, la sécurité des personnes et des biens mieux assurée.
C'est en trois mois que les Français doivent pouvoir se rendre compte qu'ils ont eu raison de nous soutenir. C'est en trois mois que nous devons rendre l'espoir à la France. Je suis persuadé que la nouvelle majorité tout entière s'y attachera. Un changement politique radical est indispensable. Une autre politique est possible. Nous ne sommes pas condamnés à la répétition de la même politique, et ce que nous proposons est profondément différent de ce que font les socialistes sur le plan économique, sur le plan budgétaire, sur le plan fiscal, sur le plan social, sur le plan de l'autorité de l'État et sur celui de l'immigration, et sur bien d'autres encore. C'est l'enjeu des prochaines élections.
Notre pays ne peut pas attendre plus longtemps les réformes indispensables pour sortir de l'impasse et des graves difficultés dans lesquelles il se trouve, et pour prendre un nouvel élan. Ces réformes, les Français les appellent de leurs vœux. Ils savent qu'elles sont nécessaires, qu'elles visent tous les secteurs de la vie de la nation. Les structures du pays doivent changer pour que la société soit plus juste, les hommes plus libres, la nation plus assurée d'elle-même. C'est le grand enjeu de la décennie qui vient. »