Taux de pauvreté et inégalités en hausse en 2018 selon l’INSEE

En 2018, le taux de pauvreté de la population augmenterait de 0,6 point et les inégalités de niveau de vie connaîtraient la plus forte hausse depuis 2010. C’est ce que révèle l’étude publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) le 16 octobre 2019.

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Cette statistique, obtenue par une méthode de calcul basée sur la microsimulation et réalisée, en 2017, auprès d’un échantillon représentatif de 52 000 ménages, porte à 14,7%, soit 9,3 millions d’individus, la part de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté en 2018. Ce seuil de pauvreté est fixé par convention à 60% du niveau de vie médian (1 041 euros mensuels pour une personne seule).
 

Des causes multiples

Les causes majeures de cette augmentation du taux de pauvreté et des inégalités identifiées par l’étude de l’INSEE sont les suivantes :

  • la baisse des allocations logement pour les plus pauvres ;
  • la forte hausse de certains revenus des capitaux mobiliers liée à l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) pour les ménages les plus aisés.

La réduction des loyers dans le parc social n’entrant pas dans le calcul du taux de pauvreté, une étude d’impact faisant abstraction de la baisse des allocations logement ramène à 0,2 point l’augmentation du taux de pauvreté par rapport à 2017, soit un total de 9,1 millions de personnes sous le seuil de pauvreté. L'indice de Gini, autre indicateur d'inégalité sociale, est également en progression (+0,005).

Effet mécanique

Certaines mesures en faveur du pouvoir d’achat comme la baisse de la taxe d’habitation, la bascule CSG/cotisations sociales ou l’extension du crédit d’impôt pour l’emploi de salariés à domicile pour les retraités, si elles améliorent les revenus des ménages médians, ont aussi pour effet mécanique de renforcer l’écart avec les catégories les plus pauvres.

L’impact sur les inégalités sociales de la mutation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) vers l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui s’est opérée en 2017, trop récente, sera pris en compte dans une prochaine étude en 2020.