Jeux d'argent et de hasard : les Français jouent moins, mais misent plus

Tirage, grattage, paris sportifs ou hippiques… Les Français ont été moins nombreux à jouer aux jeux d’argent et de hasard en 2019. Mais, la part de joueurs excessifs a doublé en cinq ans, selon le dernier baromètre de Santé Publique France.

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Jeux d'argent et de hasard, plus de mises. Joueur lançant des jetons de poker en direction d'un ordinateur.
En 2019, 16,1% des Français âgés de 18 à 75 ans ont déclaré avoir joué sur Internet, contre 7,3% en 2014. © Pixel-Shot - stock.adobe.com

L'Observatoire français des drogues et toxicomanie (OFDT) a publié une enquête sur les évolutions des pratiques de jeux des Français réalisée à partir du Baromètre 2019 de Santé Publique France.

Cette publication s'inscrit dans le cadre des nouvelles missions de l'OFDT depuis le 1er juillet 2020 (décret n° 2020-494 du 28 avril 2020), suite à la réforme de la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en 2019.

Des paris sportifs en forte progression

Ces cinq dernières années, les Français ont été moins nombreux à pratiquer les jeux d’argent et de hasard : 47,2% des personnes interrogées, âgées de 18 à 75 ans, déclarent y avoir joué au moins une fois en 2019, contre 57,2% en 2014.

Ce recul concerne l’ensemble des jeux, à l’exception des paris sportifs qui deviennent en 2019 le plus pratiqué derrière les jeux de loterie (tirage ou grattage). Le secteur a enregistré une forte progression, passant de 6,6% des joueurs en 2014 à 11% en 2019.

La pratique des jeux d’argent est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes (50,4% contre 44,2%). Il s’agit le plus souvent d’actifs de 25 à 54 ans appartenant aux professions intermédiaires, d’un niveau d’éducation un peu moins élevé que celui des non-joueurs, mais avec un niveau de revenu supérieur.

La plupart s'adonne aux jeux de manière occasionnelle. 44% des Français interrogés jouent au moins une fois par mois. Seuls 2,1% d'entre eux sont des joueurs quotidiens, généralement adeptes de paris sportifs, de poker et de machines à sous.

Deux fois plus de joueurs excessifs

Si les points de vente traditionnels restent privilégiés par les joueurs (Française des jeux, PMU et casinos), le jeu en ligne ne cesse de progresser depuis l'ouverture du marché en juin 2010. En 2019, 16,1% des Français âgés de 18 à 75 ans ont déclaré avoir joué sur internet, contre 7,3% en 2014. L'utilisation de ce support a fortement progressé pour les paris sportifs, hippiques et le poker.

Or, ce sont ces types de jeux qui occasionnent les dépenses les plus importantes. Le volume des mises des paris sportifs a été multiplié par 2,8 en cinq ans et celui des mises sur internet par 4,6.

En 2019, les Français ont consacré environ 10% de leur budget loisirs aux jeux d'argent et de hasard, en hausse de 12,5% sur les cinq dernières années, ce qui représente pour les joueurs une dépense moyenne de 400 euros par an.

Selon l'étude de l'OFDT, la proportion des joueurs excessifs a doublé en cinq ans, passant de 0,8 à 1,6%. Si l'on prend en compte les joueurs à risque modéré (qui ne sont pas addicts, mais dépensent plus que leurs moyens), ce sont 6% des joueurs qui rencontrent des difficultés liées au jeu, soit environ 1 370 000 personnes. À eux seuls, ils génèrent près de 40% du chiffre d'affaires du secteur.

Lancée à la suite de l'ordonnance du 2 octobre 2019 réformant la régulation des jeux d'argent et de hasard, la nouvelle Autorité nationale des jeux (ANJ), qui remplace l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), a notamment pour mission de prévenir l'addiction aux jeux d'argent et de hasard.