Budget 2021 : l'avis du Haut Conseil des finances publiques

Le projet de budget 2021 a été présenté en Conseil des ministres le 28 septembre 2020. Dans un contexte sanitaire incertain, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) estime "plausibles" les prévisions économiques du gouvernement. Le HCFP appelle néanmoins à la vigilance sur la soutenabilité de la dette publique à moyen terme.

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Le ministère de l'Économie et des finances dans le quartier de Bercy, à Paris 12e.
Le HCFP invite à la vigilance et évoque le Brexit, la politique des tarifs douaniers de la part des États-Unis et d'autres risques qui tiennent aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. © foxytoul - stock.adobe.com

Plan de relance, priorité à la compétitivité et à l'emploi, déficit public de 6,7%, budget vert... Le projet de loi de finances pour 2021 (PLF 2021) qui s'inscrit dans un contexte économique exceptionnel et un environnement sanitaire incertain a été présenté au Conseil des ministres du 28 septembre 2020.

Dans son avis du 28 septembre 2020 sur les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2021, le HCFP considère  toutefois qu'en raison de l'épidémie de Covid-19, les "incertitudes demeurent exceptionnellement élevées" en matière de prévisions macroéconomiques et de finances publiques.

Des prévisions "plausibles"

Pour le HCFP, la prévision d’activité pour 2020, très dépendante de l’évolution de la situation sanitaire, est "prudente". À l’inverse, le HCFP estime que l’ampleur du rebond prévu pour 2021 est "volontariste". En moyenne sur 2021, le PIB se situerait encore 2,7% en dessous de son niveau de 2019. Les hypothèses de croissance de l’activité, d’inflation, d’emploi et de masse salariale du secteur privé présentent également un profil similaire entre les pays de la zone euro, du moins au début de l’année 2021, où l’activité reviendrait moins de 5% en dessous de son niveau d’avant-crise.

Les dépenses publiques augmenteraient de 1% en valeur, soit 0,7% en volume. Le HCFP considère que les prévisions des prélèvements obligatoires sont cohérentes avec le scénario macroéconomique retenu. Le scénario du gouvernement prévoit que le solde effectif passe de -10,2 points de PIB en 2020 à -6,7 points de PIB en 2021 prenant en compte notamment les nouvelles mesures décidées dans le cadre du plan de relance

Mais des finances publiques fragiles

Si les règles de l'Union européenne sur la procédure de déficit excessif ont été mises en suspens jusqu'à l'an prochain, le HCFP souligne que les perspectives de croissance de l’économie française sont entourées d’aléas extérieurs défavorables.  Outre les incertitudes sanitaires, le HCFP évoque les conditions du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit), la politique des tarifs douaniers de la part des États-Unis et d'autres risques qui tiennent aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient (avec des répercussions possibles sur le prix du pétrole). Le HCFP note également des vulnérabilités liées à la hausse de l'endettement mondial.

Dans son appréciation de la cohérence entre le projet de loi de finances pour 2021 et la loi de programmation des finances publiques, le Haut Conseil fait état d'un certain manque de lisibilité. Le Haut Conseil estime ainsi nécessaire l’adoption, dès le printemps 2021, d’une loi de programmation des finances publiques fixant une nouvelle trajectoire d’évolution du PIB et des finances publiques.

À moyen terme, la "soutenabilité" de la dette devient aussi un enjeu central. Le déficit public devrait ainsi se creuser à 10,2% du PIB en 2020, puis être ramené à 6,7% en 2021. Et la dette publique atteindrait 117,5 points de PIB en 2020, avant de redescendre légèrement à 116,2 points en 2021, selon le scénario établi par le gouvernement.