Gaz à effet de serre : le poids croissant des émissions importées

Si l'empreinte carbone de la France a globalement diminué, celle liée aux produits importés est en hausse constante. Face à ce constat, le Haut conseil pour le climat (HCC) propose plusieurs pistes pour la réduire avec, par exemple, la mise en place d'un "score carbone" sur les produits prenant en compte toutes leurs phases de vie.

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Cargo transportant des containers pour l'import-export.
Les gaz à effet de serre dus aux transports internationaux, aériens et maritimes, ont augmenté de près de 50 % en 30 ans. © EvrenKalinbacak - stock.adobe.com

L'empreinte carbone de la France diminue depuis 2005. Elle se situe à ce jour à 11,5 tonnes équivalent CO2 par habitant (749 mégatonnes équivalent CO2). Toutefois, si les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire national sont en baisse, les émissions importées sont en augmentation continue (elles sont désormais plus importantes que les émissions sur le territoire national).

C'est ce que souligne en particulier le Haut conseil pour le climat (HCC) dans son rapport "Maîtriser l'empreinte carbone de la France" remis le 5 octobre 2020 où il analyse l'impact des produits importés et propose des pistes pour le réduire.

Le HCC recommandait déjà dans son rapport annuel de 2019 de prendre en compte les transports internationaux dans la stratégie nationale de lutte contre les GES.

Hausse des émissions importées

Si entre 1995 et 2018, les émissions intérieures ont diminué de 30%, (4,8 tonnes équivalent CO2 par habitant en 2018), les émissions importées ont augmenté de 78% sur la même période en atteignant 6,4 tonnes équivalent CO2 par habitant en 2018.

L'empreinte carbone s'entend comme l’ensemble des pressions sur le climat de la demande intérieure française, quelle que soit l’origine géographique des produits consommés :

  • émissions de biens et services produits et consommés en France ;
  • émissions de biens et services produits à l’étranger et consommés en France (c'est ce que l’on appelle les émissions importées).

Elles sont dues à l'augmentation de la consommation de produits fabriqués à l'étranger (Union européenne et Asie notamment) et ne sont pas prises en compte dans les engagements de la France contre le réchauffement climatique.

Par ailleurs, les GES dus aux transports internationaux, aériens et maritimes, ont augmenté de près de 50% en 30 ans (+180% pour l'aviation).

Comment diminuer les émissions importées ?

Le HCC appelle donc à utiliser différents leviers pour diminuer les émissions importées. Il recommande un certain nombre de mesures dont :

  • l'instauration d'un score carbone sur l'ensemble de la vie d'un bien (de la production au recyclage éventuel), affiché sur les étiquettes des produits ;
  • l'accompagnement des entreprises (décarbonation par filière en utilisant des procédés industriels moins consommateurs d'énergie, par exemple) ;
  • la prise en compte des émissions importées dans les accords commerciaux et les engagements internationaux (accord de Paris), ces engagements ne devant pas mener à une augmentation des émissions mondiales par simple déplacement de la production ;
  • l'inscription des émissions à effet de serre liées aux transports internationaux en particulier dans l'objectif national de neutralité carbone en 2050  ;

Pour sa part, la loi énergie-climat prévoit un plafond à partir de 2022 pour l’empreinte carbone et un objectif de réduction des émissions importées de 65%  pour 2050 (par rapport à 2005).

Qu'est-ce que le HCC ?

En place depuis novembre 2018, le Haut conseil pour le climat est un organisme indépendant chargé d'apporter un éclairage sur la politique du gouvernement en matière de climat. Il rend chaque année un rapport sur le respect de la trajectoire de baisse des émissions de GES de la France.