Grand Paris Express : une estimation des coûts en hausse

200 kilomètres de voies, 68 gares, quatre nouvelles lignes automatiques de métro... La commission des finances du Sénat révèle l'augmentation des coûts de construction du Grand Paris Express prévu pour 2030. Le rapport d'information réclame la contribution de l'État pour soutenir financièrement ce projet d'extension du réseau de métro parisien.

Temps de lecture  3 minutes

Énorme machine, tunnelier, permettant d'excaver des tunnels dans des sols
Plusieurs facteurs sont à l'origine de l'augmentation des coûts, notamment la sous-évaluation de certains besoins techniques ainsi que16 gares supplémentaires (contre 52 prévues en 2013). © VILevi - stock.adobe.com

Le groupe de travail parlementaire du Sénat s'est appuyé sur les travaux menés par la Cour des Comptes qui avaient réévalué à 34,6 milliards d'euros à la fin de l'année 2017 le coût de financement du projet du Grand Paris Express (GPE) contre 22,6 milliards d'euros en mars 2013.

Le rapport d'information sur les coûts et le financement du Grand Paris Express demande une totale transparence de la Société du Grand Paris (SGP) en charge de la réalisation du projet du GPE car "le risque de dérapages financiers du projet à l'avenir demeure très important".

Avec la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, la gestion du financement du GPE avait été confiée à la SGP.

La réévaluation des coûts fragilise le modèle économique

Le modèle économique choisi repose sur le recours à l'emprunt pour la réalisation du projet. Ce modèle économique rend possible la mise en service complète du réseau en 2030 et le remboursement total de la dette en 2070. Toutefois, la réévaluation des coûts a fragilisé le modèle économique avec des travaux retardés pour les lignes jugées non prioritaires.

Les premiers travaux du chantier du GPE ont débuté en juillet 2016. La multiplication des chantiers actifs a entraîné une augmentation des dépenses de la SGP.

La commission révèle plusieurs facteurs à l'origine de l'augmentation des coûts :

  • la sous-évaluation de certains besoins techniques ;
  • l'ajout de 16 gares supplémentaires (52 gares prévues en 2013) ;
  • l'ampleur du projet et la volonté de réaliser des mises en service avant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 à Paris qui ont entraîné des hausses de prix.

Au 30 juin 2020, le coût global est estimé à 42 milliards d'euros dont près de la moitié ont déjà été engagés (19,2 milliards d'euros).

Avec les nouveaux retards accumulés et provoqués, en partie, par les effets de la pandémie de Covid-19, le rapport sénatorial propose de prévoir la contribution budgétaire de l'État pour soutenir financièrement le projet.

Renforcer la gouvernance de la Société du Grand Paris

En décembre 2017, dans son rapport sur la Société du Grand Paris, la Cour des Comptes avait souligné des défaillances au niveau des organes de gouvernance de la SGP et l'insuffisance du contrôle exercé par ses tutelles.

Le groupe de travail de la commission des finances fait état de "progrès significatifs" avec "une meilleure coordination des tutelles et une plus grande transparence de la part de la direction de la SGP".

Depuis 2018, les effectifs se sont accrus ce qui a favorisé la mise en place d'outils de pilotage permettant une maîtrise renforcée des coûts avec une direction des risques, de l'audit et du contrôle interne (1 100 équivalent temps plein sont prévus d'ici la fin 2022).

En revanche, les relations entre la SGP et les autres organismes de transports franciliens comme Ile-de-France Mobilité (IDFM), chargée de l'exploitation future du réseau, doivent être renforcées davantage.

Le rapport réclame également la conclusion d'un contrat d'objectifs et de performance (COP) entre l'État et la SGP au cours du premier semestre 2021 au plus tard. 

Enfin, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019, il a été aussi demandé que le Parlement soit informé des dépenses et des recettes de la SGP dans un rapport annuel. Le groupe de travail souhaite compléter cette demande avec une présentation des évolutions du coût et du calendrier de réalisation des travaux pour chaque ligne du réseau.