Covid-19 dans les eaux usées : quelles traces du virus ?

Le réseau de l'Observatoire épidémiologique dans les eaux usées (Obépine) a publié le 25 janvier 2021 les données sur la circulation du Covid-19 dans une trentaine de stations d’épuration. Variable selon les régions, la présence du virus est élevée en Occitanie et en particulier à Toulouse.

Chercheur faisant des prélèvements sur des eaux usées.
Le 25 janvier, le réseau Obépine a, pour la première fois, mis en ligne les résultats des derniers prélèvements réalisés dans une trentaine de stations d'épuration de France. © Panumas - stock.adobe.com

Le réseau de l’Observatoire épidémiologique dans les eaux usées (Obépine) analyse les traces du Covid-19 dans les stations d'épuration françaises. Créé au printemps 2020, le groupement d'intérêt scientifique (GIS) réunit des laboratoires et des groupes de recherche. Son objectif : surveiller la circulation du virus dans les eaux de 150 stations sur les 20 000 qui existent sur le territoire national.

Le 25 janvier, le réseau Obépine a, pour la première fois, mis en ligne les résultats des derniers prélèvements réalisés dans une trentaine de stations d'épuration. En Occitanie et à Toulouse, “le niveau de circulation du virus est haut”, selon les scientifiques.

Une circulation virale différente selon les régions

Les analyses du réseau Obépine publiées le 25 janvier montrent une baisse de la circulation du virus dans le nord et l’est de la France. Ainsi, à Lille, la présence du Covid-19 baisse depuis fin novembre malgré une légère hausse en janvier. Même constat à Strasbourg où la diminution est continue “après un pic début décembre".

Autour de Lyon, “on note une remontée de la tendance qui a commencé vers le 25 décembre mais qui commence à se stabiliser”, soulignent les scientifiques.

Plus au Sud, Marseille connaît "une tendance à la hausse soutenue depuis les fêtes”. Tout comme Toulouse où l'analyse des eaux usées du 15 novembre 2020 au 14 janvier 2021 de la station d’épuration Ginestous montre un niveau haut de circulation du virus.

En Île-de-France, les résultats sont variables : si les traces du coronavirus sont en hausse depuis mi-décembre à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), la tendance est à la baisse depuis mi-novembre à la station d'épuration de Seine Centre.

Suivre l'épidémie en temps réel

Pour les experts, évaluer la présence du Covid-19 dans les eaux usées permet d'alerter et d'anticiper une reprise d'épidémie. Le virus étant présent dans les selles, toute la population, y compris les personnes sans symptômes et non testées, est prise en compte dans les prélèvements.

Effectués deux fois par semaine, les prélèvements sont transmis aux laboratoires partenaires et analysés avec des résultats sous 48 heures environ. Les techniques détectent le gène du coronavirus et évaluent la quantité de virus dans l'eau.

Le traitement mathématique de plusieurs facteurs (flux de populations, dilution des eaux usées, etc.) permet de dégager une tendance de circulation du Covid-19.

Prévoir l'évolution du virus est alors possible une semaine en moyenne avant les autres indicateurs, en particulier les tests PCR.