Bidonvilles en France : quel bilan depuis 2018 ?

La France métropolitaine a vu réapparaître, il y a plus de 20 ans, des bidonvilles où vivent en majorité des Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie. Depuis, des politiques publiques ont toutefois été mises en place afin de résorber durablement ce problème touchant des populations en grande précarité.

Bidonville dans l'Est de Paris, porte de Bagnolet, en juillet 2021.
Un site est considéré comme résorbé si une solution de logement pérenne est mise en place pour 66% de ses habitants. © Yann Vernerie - stock.adobe.com

À la date du 12 mai 2021, ces campements se répartissent sur 439 sites (regroupant plus de dix habitants) et abritent 22 189 personnes, dont 12 342 ressortissants de l’Union européenne.

Les bidonvilles occupent en général des terrains ou des bâtis sans droits ni titre. Leurs habitants proviennent majoritairement de Roumanie et de Bulgarie. Souvent désignés comme Roms, ils ne sont pas nomades, contrairement aux Gens du voyage.

Or, dans le cadre de l'organisation, le 12 octobre 2021, de la 6e Commission nationale de résorption des bidonvilles, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) a publié un point d'étape sur les actions de résorption des bidonvilles. Ce point met en lumière les actions menées à la suite de l'instruction interministérielle de janvier 2018 sur la résorption des campements illicites et des bidonvilles.

Pour une résorption durable des bidonvilles

La plupart des bidonvilles implantés en France métropolitaine souffrent :

  • de l’absence de services de base (accès à l’eau, sanitaires, évacuation des déchets...) ;
  • de la non-conformité des habitats aux normes d’hygiène et de salubrité ;
  • de surpeuplement ;
  • d’une forte marginalisation sociale (non-scolarisation des enfants notamment).

Les pouvoirs publics ont d’abord répondu à la problématique des bidonvilles par des évacuations sur le fondement d’arrêtés administratifs ou de décisions judiciaires. Mais, mal préparées, ces opérations ont abouti à la constitution de nouveaux bidonvilles et elles ont représenté un coût important pour les finances publiques.

S’appuyant sur des expériences locales réussies, le gouvernement a alors adopté un cadre d’action plus pragmatique par le biais d'une instruction interministérielle du 25 janvier 2018. Cette dernière vise la résorption définitive des bidonvilles et poursuit à la fois les objectifs :

Dans cette optique, en 2020, la dotation attribuée aux départements concernés pour résorber les bidonvilles est passée de 4 à 8 millions d’euros. La plateforme numérique Résorption-bidonvilles a également été créée pour piloter et suivre les actions mises en œuvre dans chaque territoire. Cet outil de travail doit favoriser la coordination des acteurs de terrain (préfectures, services de l’État dans les territoires, agences régionales de santé, collectivités territoriales...).

Quels résultats en 2019-2020 ?

Depuis janvier 2019, grâce aux actions cofinancées par la Dihal :

  • le nombre de personnes vivant en campement a baissé de plus de 10%. Dans plusieurs départements, dont le Nord et la Haute-Savoie, cette diminution résulte de plans locaux de résorption des bidonvilles. Dans d’autres départements, en Île-de-France en particulier, elle peut relever de divers facteurs conjoncturels (retours plus nombreux dans le pays d’origine, meilleure prise en charge des personnes en matière d’hébergement d’urgence…) ;
  • 34 sites ont été résorbés ;
  • plus de 2 000 personnes ont été orientées vers des structures de santé ;
  • 2 536 individus ont accédé à un logement ;
  • 1 798 personnes ont accédé à l’emploi ;
  • 4 556 enfants ont été scolarisés.

Un site est considéré comme résorbé si une solution de logement pérenne est mise en place pour 66% de ses habitants.