Exportations de céréales depuis l'Ukraine : l'UE crée des "corridors de solidarité"

L'Union européenne (UE) souhaite débloquer les exportations ukrainiennes de céréales en créant une plateforme pour mobiliser davantage les capacités du fret ferroviaire. L'UE propose aussi de conclure un accord pour le transport routier avec l'Ukraine tout en développant les connexions avec l'Ukraine et la Moldavie.

Transport  de céréales par train.
La Commission européenne a proposé d'étendre, dans le cadre du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), les corridors de transport à l’Ukraine et à la Moldavie. © G - stock.adobe.com

Au cours de la saison 2020-2021, l'Ukraine a été le quatrième exportateur mondial de céréales, avec plus de 44 millions de tonnes vendues à l'étranger. Elle est aussi l'un des principaux producteurs d'huile de tournesol.

Pour contourner le blocus des ports ukrainiens imposé par la Russie, la Commission européenne a présenté, le 12 mai, un plan d'action pour mettre en place des "corridors de solidarité". Il s'agit d'aider l'Ukraine exporter ses récoltes de céréales et à importer les marchandises dont elle a besoin (de l'aide humanitaire à l'alimentation animale et aux engrais).

La commissaire européenne aux transports, Adina Valean, a déclaré le 12 mai 2022 que "20 millions de tonnes de céréales doivent quitter l'Ukraine en moins de trois mois, en utilisant les infrastructures de transport de l'Union européenne".

    La Commission européenne avait présenté également, en avril 2022, une proposition de règlement pour suspendre, pendant un an, les droits de douane sur les importations ukrainiennes, dont les produits agricoles.

    Optimiser les chaînes logistiques de tous les moyens de transport

    Pour permettre à l’Ukraine d’exporter, d’ici fin juillet 2022, une partie au moins de sa production de céréales, la Commission européenne se pose comme coordinatrice d'un plan d'action à court terme, avec :

    • une plateforme de mise en relations entre la Commission, les entreprises de transports et les négociants pour faire coïncider l'offre et la demande ;
    • la mobilisation par le secteur du fret de véhicules supplémentaires, conteneurs et conteneurs-citernes (pour l'huile), structures de transbordement aux terminaux frontaliers, navires, péniches (transports sur le Danube), camions de fret ;
    • la priorité aux exportations agricoles ukrainiennes par l'établissement de "couloirs de solidarité" et la mise en oeuvre de créneaux prioritaires par les gestionnaires des réseaux ferroviaires ;
    • la flexibilité et la mobilisation d'effectifs suffisants par les autorités nationales pour accélérer les opérations douanières ;
    • l'évaluation des capacités disponibles de stockage sur le territoire de l'UE pour mieux orienter les exportations ukrainiennes et l'identification des ports susceptibles de les acheminer dans le reste du monde.

    Étendre les corridors à l’Ukraine et à la Moldavie

    La Commission a soumis au Conseil, le 6 avril, un document qui autorise l'ouverture de négociations en vue d’un accord sur le transport de marchandises par route entre l’Union européenne, l’Ukraine et la Moldavie. Le 10 mai, le Conseil a donné à la Commission un mandat pour lancer les pourparlers avec l'Ukraine et les pourparlers avec la Moldavie.

    C’est une mesure de plus pour "sécuriser les chaînes d’approvisionnement", alors que certaines routes ne sont plus praticables en raison de la guerre en Ukraine.

    La Commission européenne a proposé d'étendre, dans le cadre du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), les corridors de transport à l’Ukraine et à la Moldavie.

    Cette démarche, si elle aboutit, permettra aux deux États qui font partie du Partenariat oriental d'obtenir des financements européens pour leurs infrastructures de transport dans la perspective de la reconstruction d'après-guerre en Ukraine.